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je veux écrire un poème
#27
Teithannen :<p>> J’espère que le gallois ne fonctionne pas trop différemment.<p>Ben... dans ce cas, si. J’ai pu consulter plusieurs grammaires galloises, en particulier <i>A Comprehensive Welsh Grammar - Gramadeg Cymraeg Cynhwysfwar </i> - David A. Thorne - Blackwell ed.<br>P. 24, le § 50 est tout à fait clair :<p>[citation] The initial consonant of an adjective following a feminine singular noun is subject to mutation :<br><i>rhaglen ddiddorol</i> “an interesting programme” (diddorol)<br><i>triniaeth lawfeddygol</i> “surgical treatment” (llawfeddygol)<br><i>gwraig olygus</i> “an attractive woman” (golygus)<p>The same rule persists when more than one adjective follows the fem. sing. noun :<br><i>cyfres fer flasus</i> “a short interesting series” (ber, blasus)<br><i>merch fach welw</i> “a small pale girl” (bach, gwelw)<br><i>cath ddu raenus</i> “a sleek black cat” (du, graenus) [fin de citation]<p>Suit une liste de cas particuliers (résistances à la mutation notamment).<p>En espérant que la même règle opère en sindarin - ce qui n’est pas garanti - je ferais subir la lénition aux deux adjectifs suivant un nom (la condition de genre et de nombre qui pèse sur cette mutation en gallois n’étant pas pertinente, pour autant que je sache, en sindarin).<br>Donc : peut-être plutôt <b>gail °voe °goll</b>.<p>Pour ce qui est de la mutation quand intervient la conjonction de coordination « et », le gallois ne donne malheureusement pas d’indice. Comme le note Hiswelóke, <b>a©</b> déclenche - dans la langue écrite du moins - une mutation de contact (mutation spirante) qui a préséance sur d’autres mutations possibles. La situation semble différente en sindarin.<p>Je m’explique : il semble qu’on distingue, en pratique, trois types de mutation en gallois (c’est une vue un peu simpliste car les faits ne seraient pas aussi tranchés) :<br>- les mutations de contact : certaines particules déclenchent une mutation sur le mot suivant, quelque en soit la nature - ce sont des sortes de liaisons. Elles ne se produisent que sur le mot qui suit immédiatement la particule en question. Par exemple, comme cité plus haut, <b>a©</b> déclenche une mutation spirante<br>- les mutations grammaticales : ce sont des mutations dépendantes du contexte syntaxique. Un exemple : l’objet direct d’un verbe fini subit la lénition. Ces mutations peuvent se produire « à distance ».<br>- les mutations indicatrices de genre : ce sont des cas particuliers des précédentes ; la mutation a lieu si certaines conditions de genre et de nombre (sur le mot mutable ou sur le déclencheur de la mutation) sont remplies. Par exemple, l’article (défini) provoque la lénition du nom qu’il précède si c’est un féminin singulier (mutation de contact conditionnelle) ; un nom féminin singulier provoque la lénition des adjectifs épithètes qui le suivent (mutation grammaticale conditionnelle, voir plus haut).<p>Il peut arriver qu’il y ait « conflit » entre différentes mutations (ex : objet d’un verbe fini précédé de <b>a©</b>). Dans ce cas, c’est la mutation de contact qui s’impose... même si elle n’a pas d’effet visible. Ce n’est pas clair ? :-) Quelques exemples pour éclairer ça :<p><i>merch °dal °ddoeth</i> « une fille grande, sage » (tal, doeth)<br>Il y a lénition des deux épithètes suivant le nom féminin singulier merch « fille »<p><i>merch °dal a °chref</i> “une fille grande et forte” (tal, cref)<br>Tal est lénifié comme ci-dessus. Mais « a » impose la mutation spirante de cref.<p><i>merch °dal a °doeth</i> “une fille grande et sage” (tal, doeth)<br>Tal est encore lénifié, toujours pour les mêmes raisons. Mais doeth ne l’est pas, car précédé de « a » qui impose une mutation spirante... et la mutation spirante de d- est d-.<p><i>cath °fawr oedd yno, °dewaf yn y byd</i> “il y avait-là un gros chat, [le] plus gras du monde » (mawr, tewaf)<br>Les deux épithètes sont lénifiées, cath « chat » étant un féminin singulier. Cet exemple vise seulement à montrer que la mutation peut s’exercer à distance.<p>[Référence : <i>Mutations in Welsh</i> - Martin J. Ball, Nicole Müller - Routledge 1992]<p>Attention, ce qui suit est une interprétation personnelle !<br>Les mutations en sindarin semblent suivre des règles similaires en gros à celles du gallois - en laissant de côté les conditions liées au genre, puisqu’il ne semble pas y avoir de genre grammatical en sindarin. Il ne me paraît pas absurde, dans les cas où nous n’avons pas d’attestation, d’extrapoler à partir des règles du gallois.<br>Revenons à la question de <b>gail °voe a ?coll/°goll</b>.<br>La mutation de l’épithète peut agir à distance, elle est de type grammatical. <b>a(h)</b> ne semble pas déclencher de mutation particulière (voir le message de Hiswelóke), il n’y a pas de « conflit » de mutations, et les deux adjectifs sont lénifiés. Donc <b>gail °voe a °goll</b>. Cela expliquerait aussi la forme <b>Daur a Berhael</b>.<p>Remarquons une fois de plus que ce genre d’interprétation est extrêmement fragile, comme le montre le fait que j’avais tiré des conclusions opposés de l’examen des faits en breton. Je pense cependant qu’il y a - relativement - moins de risques en partant du gallois, que l’on sait être l’inspiration majeure pour le sindarin. Mais je ne vois guère d’autre possibilité... jusqu’à la publication hypothétique d’un fragment de sindarin qui viendrait nous éclairer.<p>Pour conclure, j’espère :<br>1) avoir bien compris ce que j’ai lu<br>2) ne pas m’être trop embrouillé<br>3) ne pas avoir écrit d’horreurs.<p>Surtout, corrigez si nécessaire !<p>Cuio mae,<br>Moraldandil<br>
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