13-05-2002, 14:54
<B>A titre de complément sur la mutation:</B><p>Certains grammaires bretonnes utilisent le terme "mutation de liaison" pour "mutation de contact" (angl. "contact mutation"). Les deux termes sont considérés comme interchangeables (<I>Petite Grammaire du Breton Moderne</I>, Yann Desbordes, ed. Mouladurioù Hor Yezh, 1999) <p>Parfois classées au sein des mutations dites "de liaison", ou plus généralement prises par opposition aux mutations externes (quelles soient de liaison ou grammaticales), on peut distinguer les mutations internes (<I>Modern Welsh, A Comprehensive Grammar</I>, Gareth King, ed. Routledge, 1993, 1996).<br>Les mutations internes se produisent en composition (e.g. sindarin <I>er°chamui</I>), les mutations externes par proximité (e.g. sindarn <I>na° vedui</I>). Les mécanismes ne sont pas nécessairement tout à fait les mêmes (voir plus bas).<p><B>Sur les genres</B>: "en laissant de côté les conditions liées au genre, puisqu’il ne semble pas y avoir de genre grammatical en sindarin"<p>Il existe des mots propres à un genre (cf. <I>ellon</I> "elfe" mais <I>elleth</I> "elfe (fem.)" ou encore <I>brannon</I> "seigneur" mais <I>brennil</I> "dame (fem.)"... Quant à savoir s'il y a une mutation de genre, c'est une autre question, à défaut d'exemple. La question n'est pas tranchée...<p><B>Retour sur "et" et sur les mutations internes</B><p>Les mécanismes de mutations internes et externes, disais-je plus haut, ne sont pas nécessairement les mêmes.<p>Le fait est, par exemple, que ce que Helge Fauskanger appelle "mutation liquide" dans son article sur le sindarin n'est attesté, à ma connaissance, que comme mutation interne - strictement étymologique pour une part (e.g. <B>al<I>ph</I></B>, <B>or<I>ch</I></B>), et par composition pour une autre (e.g. <B>or<I>th</I>eri</B>, <B>or<I>ch</I>al</B>, etc.). Peut-on supposer, comme le suggère Helge, qu'elle existe aussi comme mutation externe indépendante, après la préposition (entnon uniquement le préfixe) <I>or</I> par exemple? C'est en fait très hypothétique....<p>On a d'ailleurs l'étrange cas de <B>ar°<I>ph</I>ent</B> dans le Túrin's Wrapper... Si ce mot composé signifie, comme on le croit (mais ce n'est pas certain, d'autres interprétations existent), "et il dit", alors on observe la mutation "liquide" en question en composition. En rechanve, dans la lettre du roi, on lit <B>ar Hîr ...</B> "Et seigneur ..." et non pas **<B>ar° <I>Ch</I>îr</B>. Cela semblerait montrer, avec toutes les précautions d'usages, que la mutation "liquide" n'a pas lieu au contact de la coordination <I>ar</I>, et se produit donc uniquement en composition... Ou encore, que <I>ar</I> n'est pas une particule proclitique... Oui, mais alors... pourquoi <I>a° Berhael</I> serait muté, si l'on suit Edouard quand il dit que c'est une mutation au contact avec cette conjonction dont la forme primitive était *as<I>? Ou encore pourquoi n'aurait-on pas plutôt **<I>ar° Pherhael</I>?)<p>Ce qui résulte de ce petit topo, si vous n'êtes trop pas perdus, c'est: <p>- d'une part que la distinction entre mutation interne (composition) et mutation externe (liaison) est un cadre d'étude qui peut se révéler intéressant.<p>- d'autre part, qu'il y a encore beaucoup de mystères concernant la coordination <I>ar (ah, a)</I>. Mais vraiment beaucoup....<p>Didier.<p><p><p><br></i>

