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Un petit essai soumis à votre sagacité
#11
Toko: <I>Le signe ° signifie-t-il qu'il s'agit d'une forme mutée du mot ?</I><p>Usage conventionnel relativement répandu dans les grammaires galloises, du moins pour la mutation douce. Dans le cas du sindarin, dans la petite grammaire sur laquelle j'ai un peu travaillé, je l'emploie aussi pour les autres mutations par souci de simplification. Après tout il n'y a pas d'ambiguité, le contexte suffit généralement à les distinguer.<p>C'est une convention, elle doit être adaptée à la langue cible. Voilà à peu près ce que j'utilise, sans que ce soit définitif.<p>Pour les <I>mutations de contact</I>:<p>Le ° accolé à un mot isolé indique que ce mot provoque une mutation. Je pourrais parler de la préposition <B>na°</B> (SM) par exemple ou l'illustrer en action dans <B>na°-chaered</B>, ou encore evoquer l'article pluriel <B>in° </B> (NM) et <B>i° Pherianath</B>.<p>Même combat pour les <I>mutations internes</I>:<p><B>er°chamui</B> "manchot", <B>or°chal</B> "supérieur", etc.<p>Pour les <I>mutations grammmaticales</I>:<p>Le ° placé entre deux mots indique qu'une telle mutation doit avoir lieu. Par exemple <B>Eryn ° Vorn</B> (adjectif épithète muté).<p>Noter au passage mon utilisation des termes <I>mutations de contact</I> ("contact mutation", il y en a un autre qui me convient mieux, repris d'une grammaire bretonne, mais il m'échappe sur le moment), <I>mutations grammaticales</I> ("grammatical mutations") et <I>mutations internes</I> (internal mutations). <p>Il y a beaucoup à redire sur l'article de Helge, quant à la rigueur des termes et la présentation du phénomène:-)<p>Toko: <I>Comment peut-on savoir si un mot peut "résister" à la mutation ou pas ? Y a-t-il des raisons historiques (...), phonétiques ou peut-il s'agir de cas où Tolkien changea d'avis ?</I><p>Brièvement: non, ce n'est a priori pas un changement d'avis de Tolkien. Rien à voir non plus avec le changement /mh/ vers /v/, qui est purement historique (ainsi qu'indiqué dans les appendices, "For (archaic) Sindarin a sign for a spirant <I>m</I> (or nasal <I>v</I>) was required").<p>A titre de comparaison, en gallois comme on breton, il y a aussi des mots qui ne mutent jamais, ou qui mutent de temps en temps... Les "règles" diffèrent selon la langue.<p>Il y a plusieurs termes pour ce phénomène, j'aime bien <I>résistance à la mutation</I> parce qu'il semble correspondre à ce que l'on observe en sindarin - cf. <B>Dor ° Dhínen</B> dans WJ et <B>Rath ° Dhínen</B> dans les brouillons et notes du SdA, mais <B>Rath Dínen</B> sans mutation dans la version publiée (résistance du D), cf. aussi <B>Emyn ° Vorn</B> mais <B>Ered Mithrin</B> (résistance du M). Les lettres concernées sont probablement M, D et peut-être H.<p>Quant aux raisons pour lequelles ces résistances s'observent, elles sont sans doute d'origine phonologique (probablement par nécessité de distinction avec les mots en *MB, *ND, etc.).<p>A noter, Helge présente le sujet (très brièvement esquissé) différemment dans son article. Il suppose soit une "erreur" de Tolkien (qui écrivait parfois D pour DH afin de ne pas perturber le lecteur anglophone, cf. <B>Galadrim</B> vs. <B>Galadhrim</B> dans la première édition du SdA), soit l'influence des différents dialectes sindarins, chacun ayant amené au final son lot d'irrégularités...<p>Toko: <I>J'avais bien constaté un problème avec ces deux a côte à côte, mais je n'étais pas sûr que la forme ar existait en sindarin : je ne l'ai pas vue dans ton dico où seul le a est donné... J'aurais du penser au i qui devient ir devant un autre i (ir Ithil).</I><p>Le <B>ar</B> est aussi donné dans le dico (alternative à la même entrée que <B>a</B>, il est attesté dans la lettre du roi.<p>Il n'est nulle part dit que "i qui devient ir devant un autre i". C'est seulement <I>une</I> des hypothèses, supposant que ce <B>ir</B> est une forme de l'article défini <B>i</B>. L'autre hypothèse considère que ce <B>ir</B> n'a rien d'un article et est plutôt une préposition "*quand" (cf. quenya <I>íre</I>). Dans les deux cas, la phrase obtenue est un peu bancale. Quand bien même la première hypothèse s'avèrerait juste, elle ne permettrait pas de trancher pour <B>a, ar</B>... Ces mots n'ayant pas du tout les mêmes étymologies.<p>Pour la petite histoire, le même genre de question est posé par la coordination <B>ah</B> (Athrabeth Finrod ah Andreth). Voir pour celui-ci la brève discussion dans le dictionnaire.<p>Didier.
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