10-02-2002, 12:00
> Voyant que certains se mettent à écrire des poèmes en sindarin, que cela suscite des conversations où l'on - moi du moins - apprend plein de choses et parce que le sindarin est une langue où je n'excelle pas (joli euphémisme) je n'ai pu résister à la tentation de m'y essayer.<p>Une tentative très courageuse et assez joliment réussie, pour une langue où tu n'excelles pas ! ;-)<p>> L'idée première de ce poème m'est venu par un étrange jeu de mot...<p>Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai l'impression que tu fais allusion à la fin du dernier vers... ;-)<p>> <b>Nu° venel o ennorath</b><br>> <i>Sous le ciel des terres médianes </i><p>Je crois que l'article génitif <b>en</b> conviendrait mieux que <b>o</b> qui signifie "venant de" (il déclenche une mutation mixte, mais le mot suivant commence par une voyelle et reste donc inchangé).<p><b>Nu° venel en ennorath</b><p>> <b>I° dhîs nallant nef Eglath </b><br>> <i>La femme criait parmi les Abandonnés (ou Eglath) </i><p>Juste une précision au sujet de <b>nalla</b>- : ce verbe est glossé "to cry" et il peut donc signifier "crier" ou "pleurer" en français. Il semblerait qu'un verbe suivant son sujet, comme c'est le cas ici, doive être lénifié, mais dans le cas présent <b>n</b>- resterait inchangé. <b>Nef</b> ne signifie pas "parmi" mais "de ce côté de". Pour "parmi" on a le préfixe <b>im</b>- ("within"). Même si le mot suivant commence par une voyelle et resterait inchangé, je me demande si ce préfixe déclencherait une mutation de contact éventuelle, et si oui de quelle nature (je pencherais plutôt pour une mutation nasale).<p><b>I° dhîs nallant im-Eglath </b><p>> <b>Ir na° vôr pennant calad </b><br>> <i>Quand dans la nuit descendait une lumière </i><p>Je pense que <b>ned</b> ("en, dans") est peut-être plus approprié que <b>na</b>. Dans ce cas, la mutation déclenchée serait occlusive (> <b>ne° môr</b>). Le verbe <b>penna</b>- signifie "décliner", "tomber" est le verbe <b>danna</b>-.<p><b>Ir ne° môr dannant calad </b><p>> <b>O° venel, be elenath </b><br>> <i>(à partir) du ciel, comme d'innombrables étoiles. </i><p>Là le <b>o</b> est à sa place ("une lumière <i>venant</i> du ciel") ! L'utilisation de <b>be</b> comme équivalent du quenya <b>ve</b> est hypothétique.<p>> <b>He pennant an awarthad </b><br>> <i>Elle a chu par (à cause de) l'abandon </i></p><p>Comme pour le 3e vers, le verbe pour "tomber" est <b>danna</b>-, quoique le sens de <b>penna</b>- pourrait être approprié ici ("elle diminua par..."). Quoi qu'il en soit, le verbe doit, peut-être, subir une lénition (> <b>He ° bennant</b> ou <b>He ° dhannant</b>).<p><b>He ° bennant an awarthad</b> (ou <b>He ° dhannant an awarthad</b>)<p>> <b>O i° dhîr ach° chant o° dhîn ; </b><br>> <i>De l'homme dans l'ombre du silence ; </i><p>Ici encore, l'article génitif <b>en</b> est sans doute préférable à <b>o</b>, article suivi d'une mutation mixte (> <b>e°-dîr</b> et <b>e°-dîn</b>). D'où vient le <b>ach</b> ? La seule possibilité pour un tel mot serait une forme de <b>an</b> ("pour") ayant subit une mutation nasale... Pour "dans" il serait sûrement préférable d'employer <b>ned</b> (avec la mutation occlusive : <b>ne° chant</b>).<p><b>E°-dîr ne° chant e°-dîn ; </b><p>> <b>A si° 'eryn eglan tîn. </b><br>> <i>Et cette dame était celle qu'il avait abandonnée. </i><p>Pourquoi <b>sin</b> (pl.) au lieu de <b>sen</b> pour "cette" ? Et pourquoi la mutation (je n'ai pas entendu parlé d'une éventuelle mutation déclenchée par <b>sen</b>, <b>sin</b>) ? Si j'ai bien compris, le sens littéral de la phrase est donc : "Et cette dame abandonnée (était) sienne".<p><b>A sen heryn eglan tîn. </b><p><u>Résumé</u> :<p><b>Nu° venel en ennorath</b><br><b>i° dhîs nallant im-Eglath </b><br><b>ir ne° môr dannant calad </b><br><b>o° venel, be elenath.</b><br><p><b>He ° dhannant an awarthad</b><br><b>e°-dîr ne° chant e°-dîn ;</b><br><b>a sen heryn eglan tîn. </b><p>Namárië !<p>Toko<br>

