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Ecrire français en elfique/ La plume elfique
#12
Il y a plusieurs choses intéressantes dans ce mode.<p>Le plus frappant, c'est le traitement des consonnes de liaison. C'est le premier mode français en tengwar qui traite explicitement cette question ; la solution retenue ici, qui est d'adopter certains signes pour représenter les consonnes susceptibles d'être activées en liaison (obligatoirement ou facultativement), est ingénieuse et a le grand avantage de conserver l'aspect visuel d'un même mot quel que soit son environnement phonétique (a savoir, qu'il y ait liaison ou pas).<p>L'emploi d'une tengwa comme porteur spécial des voyelles nasales est également simple et efficace. Le choix des tehtar employés pour elles suit la tradition orthographique française. Toutefois, on pourrait pour leur transcription adopter un point de vue plus phonétique. "An", "in", "on" et "un" sont phonétiquement des versions nasalisées des voyelles orales représentées par â (a postérieur), è (e ouvert), o (o ouvert) et eu (eu ouvert), on pourrait donc marquer cette parenté par l'emploi des mêmes tehtar.<p><font size=1>Au fait, quel genre donneriez-vous à "tengwa" dans un contexte français ? Masculin par défaut, ou féminin comme "lettre" ?</font><p>L'emploi du tilde pour indiquer la gémination ne me semble pas très utile ; elle n'a généralement pas valeur phonologique en français, c.à.d. qu'elle ne permet pas de distinguer deus mots, contrairement à l'italien par exemple. Elle existe surtout à titre de variante expressive facultative ; on peut effectivement entendre prononcer une géminée dans des mots comme "sommaire" ou "illusion", mais la prononciation en consonne simple existe tout aussi bien ; il s'agit essentiellement de choix personnels, pas de contraintes du système. Il existe bien une exception dans la conjugaison : la gémination du r distingue le présent du futur de quelques verbes comme <i>mourir, courir, acquérir...</i> (nous mourons / mourrons, courons / courons, acquérons / acquerrons...), et celle du i distingue le présent de l'imparfait des verbes en -ier (crier : nous crions / nous criions) ; encore faut-il remarquer que cette gémination est surtout caractéristique d'une prononciation soignée, et peut ne pas être sentie comme très naturelle. Ces quelques cas exceptionnels pourraient se régler par redoublement de la tengwa.<p>Il est remarquable que les tehtar soient placé sur les tengwar des consonnes qui <i>suivent </i>la voyelle. C'est le premier mode que je vois faire ce choix, qui n'est pas intuitif, le français ayant une forte tendance vers une structure syllabique CV, qui implique plutôt de placer les tehtar sur la consonne précédente a priori. Peut-être l'ordre inverse n'est-il pas moins pratique ; mais n'exige-t-il pas l'emploi fréquent de porteurs pour le voyelle finales ? Il est vrai que celle-ci trouvent souvent place sur les tengwar dénotant les consonnes de liaison.<p>Il manque une voyelle : le e caduc. On peut l'omettre en finale, où il ne prononce pas (sauf si on est du sud), mais il est des positions où il subsiste toujours comme dans "brebis" ou "premier", et d'autres comme dans "petit" ou "fenêtre" où sa présence est facultative et dépend de l'entourage et du style de prononciation. On peut le transcrire par "eu" auquel il ressemble, mais mieux vaut le garder distinct puisqu'il n'a pas le même comportement de par son instabilité. Tolkien a prévu un signe pour des voyelles réduites, qui conviendrait bien : il consiste en un point souscrit.<p>B.
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