10-07-2002, 20:19
Russandol :<br>> Qui plus est, je ne peux me procurer le dictionnaires pour le moment pour cause de budget restreint. <br>> Alors que faire, attendre de pouvoir me le payer et ainsi laisser de côté la motivation ou commencer à comprendre aux risque de faire des erreurs ? La question ne devrait même pas ce poser.<p>Malheureusement, la question se pose...<p>Un livre d'une vingtaine d'Euros, c'est vrai que cela peut être beaucoup pour un "budget restreint", mais il faut savoir ce que l'on veut et quelle priorité on donne à quoi. ;-)<p>Si je dis cela, c'est parce que le dictionnaire de quenya d'Edouard est quasi épuisé et que, si tu ne te dépêches pas de contacter l'auteur pour l'acheter (il lui reste quelques exemplaires "sous le coude", pour les étudiants motivés), il te faudra attendre une nouvelle édition qui verra le jour Eru sait quand (pas avant au moins un an, sans doute un peu plus).<p>En tout cas, tu as déjà la motivation, ce qui est une excellente qualité pour l'étude des langues de Tolkien : le matériel est "rare", parsemé dans un grand nombre d'ouvrages (les plus intéressants/importants n'étant pas encore traduits), le domaine est complexe et amène souvent à s'intéresser à des domaines de la linguistique (phonétique, grammaire, etc.), il reste encore bien des textes inédits, publiés au compte-goutte dans d'obscurs fanzines américains (et là la motivation ne suffit pas : il faut s'armer d'une patience "entique" !), et, surtout, il y a déjà beaucoup de gens qui étudient ce domaine, depuis fort longtemps (Edouard est de ceux-là, je ne suis pour ma part investit sérieusement dans les langues tolkiénienne que depuis 4-5 ans), mais souvent fort "grincheux" ou en tout cas très "pointilleux" et exigeants...<p>Bref, l'étude des langues de Tolkien c'est long, compliqué et il faut parfois faire face à des déceptions ou des "claques" comme celle que tu as subit (si tu es vraiment motivé tu devrais t'en remettre : si Edouard grogne pas mal, il n'a encore jamais mordu personne !).<p>Le post de Jérôme quant à lui soulève des questions très intéressantes, mais je ne suis pas tout à fait d'accord avec lui sur certains points.<p>> Nous n'en sommes pas arrivé, ni lui ni personne, à pouvoir dire aujourd'hui : "ceci se dit comme ça". "moi/toi" par exemple sont exprimés différemment selon les quelques textes à notre disposition. Chaque texte peut nous amener à poser des hypothèses différentes, parfois complémentaires, mais qui doivent rester telles : des hypothèses tirées de "traditions elfiques ou humaines" différentes pourrait-on dire ... <p>Il s'agit là d'une approche internaliste pure, c'est à dire se placer au niveau du légendaire de Tolkien et tenter de découvrir "comment parlaient les Elfes". C'est l'approche adoptée par Edouard. Mais je pense que l'approche externaliste (par rapport à la vie de Tolkien) est le pendant nécessaire de l'option internaliste.<p>En effet, je pense que l'approche internaliste "pure" peut amener à des paradoxes assez terribles. Ainsi, tenter de "jouer le jeu" et essayer de déterminer la forme des langues elfiques (ou d'autres langues du légendaire de Tolkien) telles qu'elles étaient censées être parlées sur Arda nous confronte à une dure réalité : les constantes révisions que l'auteur fit subir à ses création linguistiques (et le système pronominal quenya en est un très bon exemple : il fut apparemmenr abondamment révisé, à de multiples reprises) ! Comment décider si telle ou telle forme était bien <u>la</u> forme "définitive" pour un chicaneur tel que Tolkien ?<p>Bien sûr, Tolkien s'est amusé à semer des indices, et l'on peut ainsi tenter de déterminer si telle source est d'origine númenóréenne ou elfique. Mais il nous a aussi laissé des pièges et des chausse-trappes innombrables, sans le savoir puisque ses manuscrits préparatoires ou certains écrits linguistiques n'étaient pas censés être publiés... Et nous nous trouvons en train d'essayer de démêler l'écheveau, à tenter de séparer le bon grain de l'ivraie, ce qui revient finalement à "tenter de construire un système cohérent" !<p>Le sujet est vaste, complexe et nécessiterait un véritable article.<p>> et tous les textes de Tolkien ne sont pas encore publiés. <p>C'est là que le bât blesse... D'après ce qu'affirme Carl Hostetter, l'éditeur de <i>Vinyar Tengwar</i> (un des fanzines autorisé à publier les inédits de Tolkien), plus on aura de nouveaux textes publiés et plus nous serons confrontés à des incohérences grave et à de grosses difficultés pour déterminer les formes "finales" des langues de notre philologue joueur.<p>> En attendant, certains s'essaient tout de même à construire un système cohérent, mais il faut bien voir qu'il s'agit du leur, certainement pas celui des Eldar. <p>Hmm... On <i>pourrait</i> dire la même chose du travail d'Edouard ! En effet, dans son dico de quenya celui-ci a élaboré des théories et fait des choix qui ne sont que ce qu'ils sont : des choix subjectifs et des "hypothèses hypothétiques" qui peuvent être critiqués en tant que tels !<p>> Lorsque tout aura été publié, on pourra avoir une _idée_ bien meilleure de comment parlaient les Elfes, mais toujours pas une _certitude_. <p>Apparemment, on risque surtout d'avoir un sacré mal de crâne ! (comment on dit "aspirine" en quenya ?) ;-)<p>> Mais surtout, il sera alors, et alors seulement, temps de faire des choix et de parler un "coirëa quenya", le nôtre.<p>En effet, mais cela restera basé sur des <i>choix</i> (personnels, subjectifs, etc...) : on risque de tomber dans la "dialectalisation" ou la babélisation des langues elfiques (le quenya fauskangerien, le quenya kloczkoique, le sindarin salois, etc.) !<p>> 1) J'ai l'impression qu'il faut éviter l'erreur de détacher l'étude des langues de celle de l'histoire des Eldar. L'une aide à l'autre et vice-versa. Elles sont de toute façon intrinsèquement liées. <p>Pas (tout à fait) d'accord avec la première phrase ! Je crois qu'il faut <i>aussi</i> éviter de détacher l'étude des langues de la vie de leur auteur. L'idéal serait de conjuguer une "vision d'ensemble" externaliste (même si celle-ci peut sembler totalement incohérente et extrémement complexe) et une approche strictement internaliste. Certains mots "rejetés" nous livrent plus d'informations que certains mots "attestés" et, en ce sens, les deux approches me semblent complémentaires.<p>En espérant avoir ouvert des "pistes" à explorer et à débattre...<p>Toko

