23-06-2005, 21:40
Ed' : <small><i>Donc oui, trois fois oui pour le principe, mais autant de non pour son application dans le cadre des classes préparatoires... ;-)</I></small><p>Tu veux vraiment me relancer ?<br>Bon sang, il est normal de souffrir en prépa, il est normal d'en "baver" tout comme le sportif "crache" ses poumons à l'entraînement : il n'est pas naturel/immédiat de comprendre et de maîtriser la réduction des endomorphismes, la notion de potentiels thermodynamiques ou les diagrammes d'Ellingham, surtoput quand tout arrive en même temps. Et oui, il y en a beaucoup en peu de temps, d'où la souffrance : parce qu'à moins d'être un petit génie, difficile d'avoir du recul lorsqu'on prend ça dans les dents en deux ans. Et lorsqu'on se paye des 2 (ou même des 6 : je me souviens de mon prof de math en Sup : "la moyenne est de 6 [elle était <i>toujours</I> de 6...], le niveau baisse [!]"), difficile d'être sensible à la beauté.<p>Mais ce qui est possible ponctuellement en prépa devrait devenir une évidence par la suite , <i>après la prépa</I>! <br>C'est la dialectique de ce que j'ai appelé le <i>Tout de suite</i> et que j'oppose à la seule chose importante, celle qui peut avoir une influence sur ma vie tout entière (parce que je ne vis pas que pour aujourd'hui) : comprendre que ce qu'on apprend et la manière dont ont l'apprend aura un impact sur ma vie entière, que j'en aie conscience ou pas!<p>La beauté n’est pas forcément une évidence. La beauté ne souffre pas d’être violentée, elle réclame du temps et de la patience parfois pour apparaître et nous éblouir ; elle réclame de l’attention et de la consécration. Mais elle est là, tu le sais aussi bien que moi pour l’avoir ressenti. Et si je ne ressens rien ce n’est pas parce que cela n’existe pas.<br>Ce qui est immédiat par contre, et qui l’obstacle capable de nous arrêter, c’est la souffrance qui cache la beauté. Car la souffrance issue de l’effort soutenu, elle, est immédiate.<br>Mais mais mais, contrairement à la souffrance qui est temporaire (notre esprit est rouillé comme les muscles peuvent l’être lorsqu’ils ne sont pas exercés), la beauté, elle, demeure présente à qui veut la contempler.<p>De même la prépa n'est pas destinée à durer (heureusement !), ce qui est destiner çà durer, c'est notre esprit !<br>Et quoiqu'on en dise, de nous mêmes, nous ne ferions pas le quart du tiers de ce qui y est enseigné en prépa quand bien même on aurait deux fois plus de temps à notre disposition : il est des efforts qui ne peuvent s'étaler indéfiniment pour atténuer la douleur qu'ils apportent avec eux; car si ont les étale, on perd aussi le prix, la récompense de l'effort : c'est, en physique, la notion de puissance, car la notion d'énergie ne suffit pas à comprendre et à produire; c'est, chez Tolkien, la vie tout court, car si on étire sa vie (comme Gollum), on la perd !<br>La prépa (mais c'est vrai pour tout autre lieux d'études) est une courte période de formation qui, lorsqu'on y est semble interminable, mais son importance dépasse les 2 ou les 6 qu'on récolte (qui ne sont rien ! je n’ai aucun souvenir de mes notes d’élèves, souvenirs mortifères, les seul souvenirs que j’aie sont les souvenirs de professeurs et des matières, bref, des souvenirs de vie et de sagesse). Car si l'on n'avait pas besoin de se préparer, quel en serait l'intérêt ? <br>Or, la première chose qu'on doit apprendre, c'est apprendre de ses erreurs pour que le moment venu (à court terme, lors du concours, à long terme, chaque instant de la vie!), notre raisonnement ne soit pas faussé, notre jugement ne soit pas aveuglé par une fausse assurance.<br>Oui, il est difficile d'admettre qu'il y a toujours quelque chose à apprendre et qu'une vie ne suffira pas, et que mille vies ne suffiront pas pour éviter de ne plus jamais se prendre des 2 (ou des 6) ;-)<p><br>'Ed : <smal><i>mais le système préparationnaire est à ce point bien conçu qu'il parvient à faire passer les trois quarts de ses élèves à côté de celle-ci. Car, après tout, comment profiter de l'illumination du savoir scientifique, quand on finit par être victime de surmenage... si ce n'est pire.... ?</I><p>Il ne t'es pas passé par l'esprit que le système qui précède a sa part de responsabilité lui aussi dans cette incapacité que nous avons à l'effort dans un but plus élevé ?<br>Par ailleurs, le système des prépa et un des sySTèmes à la disposition de tous, mais non pas à destination de tous : ceux qui n'y sont pas disposés n'ont pas à y aller, et ne doivent pas y aller. La récompense ne vient que pour ceux qui acceptent le prix à payer. Pour les autres, il y a d'autres récompenses et non des moindres, mais alors dans un cadre qui réclame encore plus de responsabilités et de lucidité personnelle. <br>Je relève avec tristesse l'injure que tu me fais Elwe, puisque tu me traître de maton... pourtant, de même que je ne traite pas la faculté de "Club Med" (parce que tout bonnement j'y suis passé après la prépa et avant la prépa agreg, et que ce ne sont pas les <i>lieux</i> mais les <i>personnes</i> [élèves ou profs] qui font la différence, pour le bien ou pour le pire!), de même le petit plaisir que tu t'autorises en traitant les prépas d'univers pénitentiare est mesquin et dangereux : si les prépas ont pu être destinées, à une époque, à des "élites" et des "fous" qui ne pensaient qu'à faire Polytechnique, c'était il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine; aujourd'hui la situation a bien changé et les élèves que j'enseigne sont pour beaucoup des élèves qui n'ont peut-être pas le niveau de Louis le Grand (et alors?) mais qui, néanmoins, ont toutes les qualités nécessaires, à commence par la volonté, pour s'épanouir dans des filières scientifiques ; je suis fier d'eux, parce qu'ils ont dépassé des préjugés ridicules, parce qu'acceptant de jouer le jeu, ils progressent et grandissent (petits scarabées, si vous nous lisez, bonjour à vous ;-)). <br>C'est aussi et surtout ça une prépa, c'est aussi et surtout ça un lieu d'études : aider à grandir. A chacun, selon sa nature, de trouver le lieu qui lui convienne le mieux. Mais où qu'on soit, l'effort, soutenu par la volonté et la passion, sera nécessaire.<p>Enfin, pour revenir à tes paroles de déception Edrahil, à la critique de la culture de <B>l'utilité immédiate</b> il faudrait aussi ajouter une critique de la culture du <b>succès immédiat</B>. Il n'est pas honteux d'avoir des mauvaise notes en prépa puisque c'est un lieu de mises au point et un révélateur de nos propres limites. L'essentiel, en prépa, c'est de se préparer ;-))<br><small> (Bien entendu, pour cela, il ne faut pas être seul, et tous les soutiens sont les bienvenus, du moments que ce sont des soutiens sentimentaux, familiaux, moraux et non la bière, la cigarette qui fait rire etc... j'en vois sourire : mais je parle par expérience, malheureusement...)<p>J'arrêterai là, car je n'ai ni l'intention de troller plus avant ce fuseau ni l'intention de poursuivre en Section Libre.<br>des copies m'attendent et je ne suis pas là pour tenir mon blog ;-)<p>S.<br></small>

