11-09-2002, 22:36
Une petite question, suggérée par l'ami Benilbo...<p>La lecture de <i>Quendi and Eldar</i>, associée avec notre connaissance générale des langues eldarines (notamment le sindarin, avec ses pluriels internes par métaphonie en /i/), il semblerait que la marque du plurielle des noms, en elfique primitif, était -<b>î</b>, même pour ceux finissant par les voyelles -<i>a</i> ou -<i>o</i> (et sans doute également -<i>e</i> ou -<i>u<i>). Cette forme de pluriel apparaît en effet dans des mots de telerin comme <b>Ello</b> « Elda (l'un de ceux qui entamèrent la Marche depuis Cuiviénen) » pl. <b>Elloi</b>, <b>Vania</b> « Elfe Vanya » pl. <b>Vaniai</b>, <b>Linda</b> « Elfe Linda (Teleri) » pl. <b>Lindai</b>.<p>Ma question porte sur l'origine éventuelle en quenya du pluriel en -<b>r</b> pour la plupart des noms (et adjectifs) finissant par une voyelle (sauf ceux se finissant en -<b>e</b> qui forment généralement leur pluriel en -<b>i</b>). Comment le -<b>r</b> s'est-il développé ?<p>Pour ma part, j'avais envisagé un développement du -<b>r</b> par analogie avec le pluriel des verbes, puisque le sindarin marque également le pluriel par cette consonne. Mais cela semble assez peu plausible.<p>Je vous soument maintenant la question de Benjamin (alias Venildo) :<p>« Est-il possible que le pluriel en -<b>r</b> en quenya soit une version évoluée du pluriel en -<b>li</b> ? Imaginons un nom simple tel que <b>máma</b> ; un pluriel tel que "<b>mámali</b>" prononcé assez vite sonnerait comme une version assez proche de "<b>mámar</b>". De même, cela pourrait expliquer pourquoi on a du mal a donner un sens au pluriel en -<b>li</b>, puisqu'étant à l'origine recouvertes. Cela pourrait expliquer aussi pourquoi les noms en -<b>e</b> forment en général leur pluriel en -<b>i</b>. Par exemple <b>lasseli</b>, sonnant, rapidement prononcé, entre "<b>lasser</b>" et "<b>lassi</b>". »<p>« C'est peut être fumeux comme explication, mais je pense que la proximité "sonore" du -<b>li</b> et du -<b>r</b> n'est pas anodine. D'autant plus que la tengwa du -r en fin de mot n'est pas la même qu'en milieu de mot ce qui pourrait sous jacemment souligner l'élision. »<p><br>Cela m'a fait réfléchir et j'ai trouvé que l'hypothèse était séduisante et envisageable (bien que ce ne soit pas à proprement parler le <i>sens</i> du pluriel partitif en -<b>li</b> qui pose problème, mais plutôt savoir dans quels cas il est employé).<p>Le /l/ et le /r/ sont effectivement assez proche du point de vue sonore :<br>Ces phones sont regroupés sous l'appellation de <i>liquides</i> en phonétique, car l'émission de ces consonnes après une autre consonne et dans la même syllable se fait aisément, à la manière d'un fluide qui s'écoulerait facilement : ex. « craie », « clef », etc. (certaines définitions incluent parfois aussi /m/ et /n/ dans cette catégorie, mais ces phones sont généralement classés distinctement sous l'appellation de <i>nasales</i>).<p>En tout cas, un phénomène courant en linguistique est le rhotacisme, qui est l'action par laquelle une consonne se transforme en /r/ (ex. gaulois <i>Londinium</i> > ang. <i>London</i>, fr. <i>Londres</i>. Le /n/ > /r/, mais le /n/ original réapparaît dans <i>londonien</i>).<p>Il est assez probable que le -<b>r</b> du pluriel quenya soit le résultat d'un tel phénomène. Qui plus est, je pense qu'une consonne liquide ou nasale originale (comme dans l'exemple donné, voir aussi le -<b>n</b> comme marque du pluriel dans certaines désinences casuelles : gén. pl. -<b>on</b>, abl. pl. -<b>llon</b>, etc.) est une bonne candidate pour une telle transformation (d'ailleurs la dualité de l'abl. pl. est assez remarquable : -<b>llo<u>n</u></b> ou -<b>llo<u>r</u></b>). <p>Mais on pourrait aussi penser au /z/ qui se transforma aussi en /r/ (voir <b>áze</b> > <b>áre</b>), mais j'ai du mal à envisager cette option (le /z/ semble assez rare dans les langues eldarines, même anciennes).<p>Bref, la question n'est pas tranchée, mais l'hypothèse de Benilbo est intéressante...<p>J'aimerai avoir l'avis des lambendili ici présents à ce sujet.<p>Toko</i></i>

