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verbes infinitif et...
#2
Il y a beaucoup d'extrapolations hasardeuses dans l'article de Ryszard sur Gwaith (heureusement elles sont marquées en bleu -- Ardalambion a aussi sa dose de suppositions, qui ne sont pas toujours clairement identifiées).<p>La conjugaison est un problème complexe, en partie parce que Tolkien semble avoir beaucoup hésité (comme pour les pronoms, on trouve dans les brouillons de nombreuses tables très contradictoires)<p>- Le problème de l'infinitif<br>C'est que ce qui s'en approche le plus n'apparaît dans aucun texte contemporain ou ultérieur au <i>Seigneur</i>. Des formes comme <i>deri</i> ou <i>ortho</i>, infinitives dans les <i>Etymologies</i>, ne sont donc peut-être plus valable en sindarin.<br>Inversement une plublication récente (les notes de Tolkien sur le mot <i>óre</i>, VT n°41) font apparaître un nouvel infinitif en <i>-ita</i> en quenya. Le développement régulier de ce <i>-ita</i> donnerait <i>-ed</i> en sindarin, c'est à dire, justement, la forme supposée du gérondif pour les verbes de base (<i>-ad</i> pour les verbes dérivés peut s'expliquer de manière semblable, si le -i- de -ita est bref: Q. <i>care, carita</i>, S. *<i>cared</i>; Q. <i>orta, *<i>orta(i)ta</i>, S. <i>orthad</i>). La théorie de Ryszard est donc (a) que l'infinitif des Etymologies, tel que repris sur Ardalambion, n'est plus 'valide' et (b) que le 'gérondif' est aussi un 'infinitif'. A défaut d'être certaine, cette théorie a du charme, je trouve ;-)<p>- Le problème du présent (continuatif vs. aoriste)<br>La encore, il s'agit d'une théorie. Le quenya possède un aoriste (<i>elen silë</i> "une étoile brille (=dans l'absolu)" et un continuatif (<i>elen síla</i> "une étoile brille" (=est en train de brille, en ce moment précis).<br>Dans le corpus sindarin, quelques éléments, comme le gérondif <i>tírad</i> (vs. le verbe <i>tir-</i> et l'infinitif <i>tiro</i>) ou la forme conjugué <i>síla</i>, peuvent laisser penser que le distinction existerait aussi en sindarin. C'est cette thèse que suit Ryszard (à partir notamment d'une idée de Helge, bien qu'elle ne soit pas reprise sur Ardalambion), en essayant de la développer. A noter que dans ses premiers travaux sur le 'Early Noldorin' (donc un stade antérieur de la langue qui devait devenir le sindarin), Tolkien a détaillé une table de conjugaison (parmi d'autres) où un aoriste figure clairement, à côté d'un présent simple. Cette table semble avoir été rejetée, mais l'idée est néamoins déjà là.<p>Ta dernière question se ramène à celle-ci (Ryszard estime que le présent en <i>-on</i> et celui en <i>*-an</i> correspondraient à ces deux nuances de temps).<p>"Je voudrais donc savoir a laquelle se fier." -- C'est là que le bât blesse... On ne peut se fier à aucune, stricto sensu... Beaucoup d'hypothèses... L'article d'Ardamlambion en fait un certain nombre, et accepte en revanche sans trop les discuter la plupart des formes des Etymologies (années 30+), l'article de Ryszard va plus loin encore dans le domaine hypothétique, mais non sans raison, considérant les Etymologies comme une étape parmi d'autres (le 'Early Noldorin' des années 20-30, etc.), sans lui donner plus de valeur. Au final, dans les deux cas... nous avons du Neo-Sindarin, tentative baroque pour reconstruire un système complet à partir de notes éparses et sans la vision finale de l'auteur. <p>Sur le système verbal, il faudrait sans doute plus de précaution: présenter tout ça comme des hypothèses (encore une fois, j'aime assez celles de Ryszard, bien que sa présentation soit peu rigoureuse) et les discuter. Bref, de quoi écrire une improbable grammaire de 50 pages *rire*.</i>
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