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le grec oikoumene
#18
<br>Et voici ce que donne le Robert historique de la langue française (2000)<p><FONT face=Verdana size=2><br><P align=center>DICTIONNAIRE HISTORIQUE</P><B><br><P>MONDE</B> n. m. est emprunté (1135) au latin <I>mundus </I>dont l’évolution phonétique avait donné l’ancien français mont (x<SUP>è</SUP> s.), doublet populaire encore très usité aux xii<SUP>è</SUP>-xiii<SUP>è</SUP> s., puis évincé par la forme empruntée, notamment à cause des homonymies. En latin, <I>mundus</I> couvre en réalité deux (ou trois) mots différents; un adjectif <I>mundus</I> "propre, élégant" (</FONT><FONT face="Lucida Sans Unicode" size=2>→</FONT><FONT face=Verdana size=2> émonder, immonde, monder) et deux noms résultant de la scission d’un mot unique par spécialisation sémantique. Il faut partir du nom <I>mundus</I> qui désignait à l’origine un coffre, une cassette, et spécialement le coffre dans lequel la mariée apportait son trousseau. L’étymologie de ce mot serait à chercher, selon certains étymologistes, dans le nom d’une déesse étrusque <I>Munthukh, Munthkh, Munthu</I> dont le rôle est de parer et d’orner, et qui figure sur plusieurs miroirs étrusques. Puis, <I>mundus </I>aurait pris le sens de "toilette, parure féminine", sans doute sous l’influence de l’adjectif <I>mundus</I>, auquel les Anciens l’identifiaient. Par la suite, il semble que ce nom ait été choisi pour désigner l’univers, à l’imitation du grec <I>kosmos </I>(</FONT><FONT face="Lucida Sans Unicode" size=2>→</FONT><FONT face=Verdana size=2> cosmos) qui suivit le même type d’évolution. Désignant d’abord l’ensemble des corps peuplant le ciel, la voûte céleste en mouvement, <I>mundus </I>s’est restreint è l’époque impériale au sens de "monde terrestre, terre", désignant par métonymie les habitants de la Terre, l’humanité. Dans la langue de l’Eglise, il a subi, à l’imitation du grec <I>kosmos</I>, une nouvelle restriction : il désigne alors le monde terrestre par opposition au ciel, avec la connotation péjorative de "profane, mondain" (les <I>auctores mundi </I>étant les auteurs profanes).</P><br><P>• <I>Monde</I> est d’abord relevé dans un sens général pour "ensemble des choses et des êtres créés", réalisé notamment dans des locutions comme </FONT><B><I><FONT face=Verdana size=1>depuis que le monde est monde</font></i></B> <FONT face=Verdana size=2>(1549) et </FONT><B><I><FONT face=Verdana size=1>ainsi va le monde </font></i></B><FONT face=Verdana size=2>(1640). <FONT face="Wingdings 2">¸</FONT> A partir du xvii<SUP>è</SUP> s., le mot est appliqué plus abstraitement à un ensemble complexe et important (1651), à un ensemble de choses formant un domaine particulier (1657-1662, <I>le monde visible</I>), puis à tout corps céleste, considéré comme un tout (1672). </FONT><FONT face="Times New Roman" size=2>♦</FONT><FONT face=Verdana size=2> Dès les premiers textes, <I>monde </I>désigne aussi le globe terrestre. C’est en ce sens qu’on l’emploie dans les locutions </FONT><B><I><FONT face=Verdana size=1>c’est le bout du monde</font></i></B> <FONT face=Verdana size=2>(1672) et </FONT><B><I><FONT face=Verdana size=1>courir le monde</font></i></B> <FONT face=Verdana size=2>"voyager partout" (1690). Le mol se restreint à l’acception "partie du globe terrestre", d’abord dans l’expression </FONT><B><I><FONT face=Verdana size=1>le Nouveau Monde</font></i></B> <FONT face=Verdana size=2>(1516), laquelle correspond aux premières grandes découvertes géographiques par l’Europe de la Renaissance et produira, par opposition, celle d’</FONT><B><I><FONT face=Verdana size=1>Ancien Monde </font></i></B><FONT face=Verdana size=2>(1690). Il renvoie plus particulièrement à la Terre considérée comme lieu de la vie humaine: la naissance est exprimée par les locutions </FONT><B><I><FONT face=Verdana size=1>venir au monde</font></i></B> <FONT face=Verdana size=2>(1560) et </FONT><B><I><FONT face=Verdana size=1>mettre au monde</font></i></B><FONT face=Verdana size=2> (1671), tandis que la mort suscite à la fois l’expression </FONT><B><I><FONT face=Verdana size=1>autre monde</font></i></B> <FONT face=Verdana size=2>(1585) et la locution <I>n’être plus au monde</I> (1671), devenue </FONT><B><I><FONT face=Verdana size=1>… de ce monde</font></i></B><FONT face=Verdana size=2>. </FONT><FONT face="Times New Roman" size=2>♦</FONT><FONT face=Verdana size=2> Dès le xii<SUP>è</SUP> s., (1145), <I>monde</I> est employé par métonymie pour désigner la communauté humaine vivant sur Terre. Il désigne aussi, de façon plus restrictive, une catégorie d’êtres humains (1589) et plus spécialement, avec le développement de la société de cour et en relation avec <I>mondain</I>, la société prise sous son aspect de luxe et de divertissement (1584). Ce sens se répand au xvii<SUP>è</SUP> s., époque où apparaissent les locutions <I>savoir son monde </I>(1612) aujourd’hui disparue, </FONT><B><I><FONT face=Verdana size=1>le grand monde </font></i></B><FONT face=Verdana size=2>(1640) et </FONT><B><I><FONT face=Verdana size=1>homme du monde </font></i></B><FONT face=Verdana size=2>(1644). <FONT face="Wingdings 2">¸</FONT> Parallèlement, <I>monde </I>exprime l’idée neutre et vague de "personnes" dès 1135 dans <I>toz li mon </I>"chacun", forme archaïque de </FONT><B><I><FONT face=Verdana size=1>tout le monde </font></i></B><FONT face=Verdana size=2>(fin xv<SUP>è</SUP> s. dans Commynes). La même expression réalise aussi l’idée de "n’importe qui, le premier venu" (1585) dont procède </FONT><B><I><FONT face=Verdana size=1>Monsieur Tout-le-Monde </font></i></B><FONT face=Verdana size=2>(1881). C’est à partir de ces valeurs que les créoles français, formés aux xvii<SUP>è</SUP>- xviii<SUP>è</SUP> s., ont <I>timoun </I>("petit monde") pour "enfant". </FONT><FONT face="Times New Roman" size=2>♦</FONT><FONT face=Verdana size=2> A partir du xvi<SUP>è</SUP> s., <I>monde </I>est donc pris pour "les gens", précédé du partitif <I>du </I>(1530). Il désigne une société plus choisie dans <I>avoir du monde </I>(chez soi) [1689] "avoir des invités", mais aussi, soit les domestiques avec un article possessif (1605, emploi classique), soit les amis, la famille (1645). Cet emploi peut être qualifié (<I>le, du beau monde, du drôle de monde</I>, familier). </FONT><FONT face="Times New Roman" size=2>♦</FONT><FONT face=Verdana size=2> Enfin, le sens religieux, par lequel <I>monde </I>s’entend, en relation avec mondain, pour "le siècle, les activités profanes opposées à la vie spirituelle", est également attesté depuis l’ancien français (apr. 1250).</P><br><P>[…]</P></FONT>
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