24-05-2003, 20:02
Quelques petites précisions...<p>Le point essentiel de mon message était d'essayer de donner une explication à la structure remarquée par Edrahil. Mais pour... comment dire... la commodité de la démonstration, j'ai passé un certain nombre d'éléments sous silence afin de ne pas noyer les éléments importants sous les remarques. Il n'est certainement pas inutile d'aborder ces dernières maintenant.<p>Comme le souligne Benilbo, dès que l'on parle de conjugaison sindarine, le terrain est glissant : très peu de formes sont réellement attestées. Les théories de Helge Fauskanger doivent être prises pour ce qu'elles sont : des <i>théories</i>. Certains éléments mériteraient certainement d'être rediscutés d'après les "Early Noldorin Fragments" publiés dans PE n°13. D'un autres côté, il faut se souvenir du caractère toujours changeant des conceptions de Tolkien : tous les éléments de conjugaison des Early Noldorin Fragments ne sont pas nécessairement valables pour tous les stades du noldorin et du sindarin. J'irai jusqu'à dire que ce serait même surprenant.<p>J'ai pourtant fait usage des théories de H. Fauskanger, simplement pour donner des exemples qui clarifient l'exposé - sans quoi il serait probablement resté assez opaque. Je me suis d'ailleurs trompé dans sa "conjugaison" :-( : à suivre son raisonnement (pour lequel je renvoie à Ardalambion) "je fis, je faisais" donnerait plutôt <b>*echennin</b>. Ce n'est pas pour autant que je pense qu'elles sont sans failles ; notamment, comme je l'ai déjà dit, sa terminologie peut parfois mener à des confusions.<p>L'inconvénient de ce procédé est de laisser penser que la conjugaison sindarine est assez bien connue, ce qui n'est pas le cas. J'en profite d'ailleurs pour signaler que dans le paradigme que j'ai présenté, la seule forme réellement attestée à ma connaissance est <b>pêd</b>, sous forme lénifiée dans la phrase <b>Guren bêd enni</b> "mon coeur me dit" (VT 41:11). Toutes les autres sont, <i>dans une perspective externiste</i> des reconstructions, et mériteraient à ce titre un astérisque. Dans ma présentation, j'ai employé l'astérisque <i>dans une optique interniste</i> pour signaler des formes ancestrales seulement.<p>Benilbo évoque la phrase du chant de Lúthien <b>le linnon im Tinúviel</b>, apparemment "pour toi je chante, moi Tinúviel" ; mais la situation n'est pas entièrement comparable à l'inscription des portes de la Moria. Dans cette dernière, le <b>im</b> est intégré à la proposition et apparaît en première place. Dans le chant de Lúthien, les syntagmes <b>le linnon</b> et <b>im Tinúviel</b> sont quasiment indépendants, simplement juxtaposés : c'est même pour cela que j'ai pu ajouter une vigule dans ma tentative de traduction. Peut-être "Moi, Tinúviel, je chante pour toi" aurait-il été <b>* Im Tinúviel le linna</b> ?<br>Mais il est également possible que les deux structures aient été possibles. Peut-être s'agit-il d'un changement externe dans les conceptions de Tolkien... Rien ne peut être affirmé avec certitude.<p>Et il y a encore d'autres problèmes : par exemple dans les soi-disant "verbes en A", la persistance du <b>a</b> à ce que j'ai appelé la forme non-personnelle du singulier ne s'explique pas sans la présence ancienne d'un suffixe (personnel ?) pour "protéger" la voyelle de la chute. Autre façon de dire que j'avais quelque peu simplifié mon raisonnement.<p>Bref... pour la clarté de l'exposé, il n'était pas forcément souhaitable que tous ces éléments soient exposés <i>d'un coup</i>. Il est des cas où les exigences de l'exactitude et de la pragmatique s'opposent.<p>Pour le formatage des messages, je conseille de se reporter au fuseau <a href="http://www.jrrvf.com/forum/noncgi/Forum6/HTML/000039.html">Un peu d'HTML</a> dans la section Webmaster.<p>En tout cas, comme Edrahil a dû le constater, il y matière à réflexion :-)<p>Moraldandil

