15-09-2003, 02:01
Je ne vais pas directement rentrer dans le vif du débat de spécialistes mais juste donner deux petits commentaires de pure forme.<p>- On trouve un certain nombre d'articles sur les langues elfiques sur le net, notamment le très-connu site de Helge Fauskanger, Ardalambion, qui dresse un panorama <i>relativement</i> exhaustif. Sans idée de jeter l'opprobe sur ces travaux, je dirais juste qu'il faut garder à l'esprit qu'il s'agit de présentations <i>partiales</i>, refletant les vues de leurs auteurs sans toujours faire clairement la distinction entre ce qui du domaine du certain (= attesté dans les textes), du prolongement hypothétique par analogie, et enfin de la théorie pure, dont les bases sont sujettes à controverse. Garder cela à l'esprit, donc, et savoir prendre du recul -- chose que j'ai rarement vue par exemple sur ELFLING, où des vieilles thèses continuent à être "exploitées" comme si elles n'avaient jamais été contestées et avait pris force de vérité à l'usage... En un mot, ne pas prendre pour argent comptant les pages des uns et des autres (ça vaut sans doute pour les quelques miennes aussi!).<p>- Présenter une langue réelle, c'est déjà se heurter au choix du corpus, et à des décisions délicates en matière d'approche synchronique ou diachronique. Dans le cas des langues inventées par Tolkien, se pose en ouvre la question de l'évolution externe (i.e. dans la pensée de l'auteur, au fur et à mesure qu'il fait évoluer ses langues, du <i>gnomique</i> au <i>sindarin</i> par exemple, en passant par le <i>early noldorin</i> puis le <i>noldorin</i> : différentes couches conceptuelles, des idées d'un jour, des remaniement de fond, etc.). Tolkien ayant cherché a faire un véritable système linguistique, en détaillant aussi l'évolution interne de ses langues (au sein de son monde, sur le modèle des phénomènes d'évolution qui régissent tout langue), on se retrouve avec un problème à géométrie variable, se déclinant sur tout la gamme interne/externe/synchronie/diachronie... Ce n'est pas uniquement que les grammaires ne sont "pas finies" (dans le sens où on pourrait l'entendre en disant par exemple "je ne sais pas conjuguer à la seconde personne du singulier en sindarin"). C'est <i>in fine</i> bien plus complexe. Mais loin de moi l'idée de décourager, c'est aussi l'aspect interessant du "truc".<p>Et en guise de troisième et dernier point pour compléter ce qu'on dit les autres personnes sur ce fuseau: il est toujours indispensable d'en revenir aux textes de Tolkien lui-même, plutôt qu'à des éléments de seconde main.<p>En matière de dictionnaires, grammaires ou textes linguistiques majeurs de Tolkien, sans exhaustivité :<p>. Parme Eldalamberon n°11 pour le "Gnomish"<br>. Parma Eldalamberon n°13, pour ce qu'on pourrait appeler le "Late Gnomish" et le "Early Noldorin" <br>. Parma Eldalamberon n°10 pour le "Qenya"<br>. The Lost Road (HoME 5) pour le "Noldorin", le "Q(u)enya" et autres langues elfiques foisonnantes de ces années là ;)<br>. "Quendi and Eldar" dans The War of the Jewels (HoME 11) pour le "Quenya", le "Telerin" et le "Sindarin".<br>. Et pléthore de numéros récents de Vinyar Tengwar, passés ou futurs (le prochain numéro promet d'être un régal ;)<p>Bonnes fouilles... <p>Didier.<br><small>Ptêt qu'un jour pour ma part, j'en finirai une, de grammaire sindarine... Mais c'est un morceau bigrement gros, mes aïeux! Le monstre dort sur mon PC dans un sale état...</small><p><br>

