18-10-2003, 01:39
<small>"Le mot suilad apparaît dans un texte de Tolkien, en fait une lettre et elle est traduite en anglais. Mais il n'y aucune explication sur le sens de ce mot ou si c'est un "gérondif" et qu'il vient du verbe suila-, etc."<p>Aucune "explication", mais (<b>a</b>) d'une part un réseau de convergence entre diverses formes connexes (<i>suilad</i>, <i>suilannad</i>) et leurs rendu en traduction (<i>to greet</i>, <i>greeting</i>), (<b>b</b>) d'autre part un ensemble d'éléments tendant à affirmer l'hypothèse de ce qu'il conviendrait plutôt d'appeler un infinif-gérondif au travers des différentes phases de l'évolution externe du Early Noldorin / Noldorin / Sindarin, et enfin (<b>c</b>) d'autres éléments permettant peut-être d'isoler un radical (nom de roi <i>Arassuil</i>, Aran+*suil- ?).<p>Tout cela pour dire que quand bien même nos connaissances seraient parcellaires, il y a matière à construire des hypothèses sensées, par méthode comparative, ainsi d'ailleurs qu'on le ferait pour toute langue morte "réelle". Certes, cela demande un peu de technique. Une équivalence hypothétique {<i>suilad</i> = salutation}, si tant est qu'elle soit restrictive, est néanmoins moins "suspecte" qu'une invention comme **<i>navaer</i>, purement reconstruite.<p>Pour donner dans la parabole comme Edouard aime parfois à l'employer, c'est toute la différence entre un vieux monument grec en ruine dont on redresserait les colonnes en essayant de respecter, non sans risque d'erreur, ce que devait être l'architecture d'époque, et une-reinvention baroque à la Violet-le-Duc, ajoutant tourelles et pinacles là où ils n'on jamais eu lieu d'être. Encore que! Carcassonne est toute jolie, tandis qu'à mon humble avis **<i>navaer</i> sonne plutôt mal. Question de bâtisseur et de goût, sans doute !<p>Didier.<br></small>

