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quenya ou sindarin ?
#4
On ne peut parler vraiment d'<b>apprentissage</b> pour les langues elfiques, c'est plutôt une longue étude. Réfères toi au premier point de la foire aux questions. Cependant, la question "quenya ou sindarin" n'y est pas encore traitée, alors qu'elle revient objectivement assez souvent. Il faudrait peut-être songer à l'ajouter.<p>Tu peux consulter les précédentes réponses dans les fuseaux suivants :<p>Je crois qu'on peut affirmer que le quenya est plus facile d'accès que le sindarin, parce que les idées de Tolkien dessus ont été moins changeantes, alors que le sindarin a fait l'objet de révisions très importantes au cours de son développement. La langue a d'ailleurs changé deux fois de nom : elle s'appelait au départ <i>gnomique</i>, est devenue plus tard le <i>noldorin</i>, avant de prendre le nom de <i>sindarin</i>. Les changements sont si fondamentaux que le gnomique du Livre des Contes Perdus à la fin des années 10 et le sindarin du Seigneur des Anneaux et du Silmarillion trente à cinquante ans plus tard sont des langues bien distinctes. Le débutant en sindarin se verra d'emblée confronté à des états partiellement différents d'évolution externe (c.à.d. au cours de la vie de leur auteur) de la langue , et devra s'y familiariser sans attendre. On ne doit pas penser pour autant que le quenya est resté statique, ce qui est faux, mais il n'a pas fait l'objet d'évolutions aussi radicales.<p>Ensuite, les quenya est globalement mieux documenté et mieux compris. Il est possible en contournant les points douteux de composer de petits textes en un quenya plausible, sans trop de suppositions hasardeuses. C'est bien moins vrai en sindarin, parce que l'on se heurte de suite à l'obstacle de la conjugaison, qui reste encore assez mal connue, sans parler de la syntaxe qui recèle encore bien des mystères.<p>D'un point de vue plus linguistique, les difficultés sont difficilement comparables parce qu'elles ne se situent pas aux mêmes endroits.<p>Le quenya, essentiellement inspiré par le finnois, le grec et le latin, est une langue assez synthétique, ce qui signifie qu'elle regroupe beaucoup d'informations dans un seul mot, par le jeu de nombreux suffixes. Le principe n'est pas très difficile à saisir, mais c'est un fonctionnement très différent du français ou de l'anglais, avec parfois des nuances assez délicates. Certaines structures peuvent être plutôt dépaysantes (ainsi l'emploi des différents infinitifs, qui n'est pas parfaitement compris). En contrepartie, la syntaxe paraît assez libre : comme les mots portent déjà beaucoup d'information en eux-même quant à leurs relations, l'ordre de termes est moins mis à contribution pour les exprimer. Évidemment, on n'est pas forcé de se réjouir à l'idée de trouver "des mots mis dans tous les sens" :-)<p>Le sindarin, bâti sur le modèle du gallois, sera probablement plus étrange à l'abord. Les mots sembleront s'y dérober, changer constamment d'aspect. Deux choses en effet frapperont immédiatement : les pluriels sont souvent formés en modifiant les voyelles du singulier, et l'initiale même du mot est susceptible de se modifier de diverses façons dans certaines circonstances, en ce qui s'appelle des mutations consonantiques. Pour se faire un idée : a partir de <b>barad</b> "tour, une tour", on aura <b>i varad</b> "la tour", <b>beraid</b> "tours, des tours", <b>i meraid</b> "les tours". Ensuite, le sindarin apparaîtra comme plus analytique que le quenya : s'il fait aussi usage d'affixes, le jeu en est plus restreint, et les mots accessoires (prépositions, possessifs, etc.) avec l'ordre des termes contribuent davantage au sens. Enfin, comme le sindarin s'est plus éloigné de la langue elfique commune originelle que le quenya, il comporte un plus grand nombre de faits qui apparaissent comme des irrégularités en synchonie (c.à.d. en considérant l'état de la langue à un moment donné), et qui sont en fait des résidus de stades anciens de la langue, qui s'expliquent par son histoire.<p>Maintenant, par quoi commencer ? Cela dépend évidemment de ce que l'on cherche. Il est tout à fait possible, de toute façon, d'étudier les deux langues en parallèle. Mais si l'on souhaite se limiter à une au départ, mieux vaut choisir le quenya, qui est plus immédiatement accessible. De plus, sa connaissance sera précieuse si l'on se tourne vers l'étude du sindarin, car, comme le premier est resté plus proche de l'elfique primitif que le second, il permet souvent d'en éclairer les obscurités en suggérant leur origine.<p>Bertrand Bellet<br>
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