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Les saulaies de Tasarinan
#18
1) Merci à Ben pour nous avoir rappelé l'histoire externe surprenante du Beleriand et de l'Ossiriand ! Cela m'amène à ajouter une petite précision sur mes remarques étymologiques : je ne considérais effectivement que les conceptions les plus tardives de Tolkien, celles du sindarin proprement dit, sans entrer dans les méandres externistes. Mais de ce point de vue là, effectivement, les étymologies sont ont beaucoup évolué. Maints noms de lieux ou de personnes du <i>Silmarillion</i> ont une longue histoire, un bon nombre remontent jusqu'aux Contes Perdus ; Tolkien souhaitait à l'avidence les conserver, mais au fur et à mesure que sa vision de ses langues évoluait, il était obligé d'en reconsidérer le sens et l'origine. Il n'y arrivait pas toujours... et alors il était assez susceptible de considérer la forme comme dialectale, ou de lui donner une histoire très complexe !<p>2) Pour faire suite aux remarques de Sébastien, il est difficile que l'ilkorin ait pu devenir tel quel un dialecte du sindarin, certaines de ses caractéristiques s'y opposent (notamment la conservation du *kw primitif, écrit cw, qui devient p en sindarin). Edouard Kloczko a cependant fait remarquer qu'il existe des similarités phonétiques entre l'ilkorin et le doriathrin des Etymologies d'une part, le dialecte mal attesté du sindarin du nord d'autre part. Cf. l'article <a href="http://www.uib.no/People/hnohf/ilkorin.htm" target="Ilkorin">Ilkorin</a> d'Ardalambion. Un "recyclage" au moins partiel est donc plausible.<p>3) Concernant la variation <b>-and, -end, -ond</b> du suffixe des toponymes, je ne sais pas s'il faut y voir une nasale syllabique ; elles semblent se vocaliser assez uniformément en <b>a</b> en sindarin, à l’initiale du moins :<br><b>*m·bart- > *ambart- </b>"destin" (S <i>amarth</i> / N <i>ammarth</i>, Q <i>umbar</i> ; SdA/A I(i), S:355, V:372)<br><b>¤n·dûnê > *andûne</b> "couchant, ouest" (S / N <i>annûn</i>, Q <i>andúne</i> ; SdA/VI ch. 4, LR/E, S:355, III:354, V:376, L:308 n° 230)<br><b>*ñ·gjô</b> > ON <b>ango</b> "petit-enfant, descendant" (perdu en N, T <i>endo</i>, Q <i>indyo</i>; V:377)<br><b>*ñ·golê > *añgole</b> "savoir profond, magie" (N <i>angol</i>, T <i>engole</i>, Q <i>ingole</i>; S:359, V:377, X:350, XI:383, XII:360)<br>Peut-être la variation est-elle d’origine ? Ou s’agit-il d’une réanalyse du même type que celle que j’ai proposée plus haut, peut-être plus ancienne : à savoir qu’à partir d’un suffixe primitif *-ndV, ajouté à des radicaux de voyelles finales variées, on aurait obtenu après apocope des voyelles finales une famille de suffixes synonymes ?<p>4) Il est possible que Doriath incorpore un article, quoique l’analyse que l’on trouve dans WJ ne le suggère pas graphiquement (Tolkien agglutine assez souvent l’article au substantif, mais habituellement maintient une séparation graphique par un point ou un tiret). En revanche, il me semble difficile, en sindarin, que le mot contienne une forme mutée de <b>gwath</b>, car alors que serait-il advenu du <b>w</b> ? A moins d’une évolution spéciale, mais ce serait une explication ad-hoc. D’accord, certaines étymologies de Tolkien y ressemblent parfois...<p> 5) L’assimilation de ts en ss est phonétiquement banale, mais je ne sais pas si elle s’observe en ossiriandeb. A voir... euh un autre soir :-P<p>B.
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