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Les saulaies de Tasarinan
#24
Ben, tu parles d'une étymologie interniste ou externiste, ou les deux ? :-)<p><font color=red>Sébastien</font> : > <font color=blue> Si l'on considère la conservation du *kw primitif, on pourrait peut-être considérér l'ilkorin comme le dialecte résultant d'une langue avarine qui se serait "sindarisée" au contact des habitants de Beleriand, ce qui lui conserverait une partie de ses caractéristiques "historiques" : les <i>Ilkorin[d]i</i> des contes anciens correspondent au <i>Avari</i> du légendarum ultérieur.</font><p>Ce serait effectivement une théorie plausible pour réconcilier l’existence de l’ilkorin avec la forme classique du légendaire, dans une visée interniste. Je dois dire toutefois que je me méfie assez de ce genre de présentation, craignant qu’elle ne vienne plutôt embrouiller les choses ; sur ce point, je préfère rester en externe, considérer que l’ilkorin et le sindarin n’appartiennent pas à la même conception, et en rester là. Mais d'aucuns savent que je suis un « carnassier » impénitent :-)<p><font color=red>Sébastien</font> : > <font color=blue>C'est une possibilité. Dans ce cas on aurait EC -a + ndV > S -an(d) ; EC -â + ndV > S -on(d) ; EC -e + ndV > S -en(d). C'est ça ? </font><p>Dans le principe, c’est exactement ça. Seule différence, j’aurais reconstruit <b>o + -ndV</b> comme prototype à <i>–ond</i>, parce que j’ai des doutes sur la possibilité de voyelles longues avant groupe de consonnes en eldarin commun : nous n'en avons pas d’exemple à mon souvenir dans les reconstruction par Tolkien des stades anciens de l’elfique (j’exclus ici <i>w</i> et <i>j</i> des consonnes). Nous savons que cette règle est active en quenya, et il y a des traces de son existence ancienne en sindarin, par ex. dans l’alternance <b>o / a</b> des terminaisons du présent des verbes dérivés qui s’explique bien par l’abrègement d’un ancien â en syllabe fermée, sa transformation en <b>> ô > au > o</b> en syllabe ouverte (je reconstruirais ainsi <b>*lindâne / *lindamme</b> « je chante / nous chantons » > S <b>linnon / #linnam</b>). Cf ausi la variation entre <b>naur</b> « feu » et <b>Narwain</b> « Nouveau feu > Janvier ».<p>Je précise que je n’ai pas inventé moi-même la théorie de l’évolution des suffixes par réanalyse des relations entre simple et dérivé :-)<p><font color=red>Sébastien</font> : > <font color=blue>Ainsi, le o de Sirion ne peut venir de la racine SIR-, à moins que le nom présuppose une forme ancestrale *sîrijâ (mais il pourrait aussi s'agir d'un cas de génitif pluriel quenya *« (plaine ?) des fleuves », faisant référence à la fois au Sirion mais également au Narog et à leur affluents).</font><p>Jusqu’ici, j’avais toujours suivi l’analyse courante (et reflétée dans la citation de Helge Fauskanger que j’ai faite plus haut) de <i>Sirion</i> comme augmentatif « grand fleuve » de <b>sîr</b> « fleuve, rivière », avec le même suffixe que celui observé dans <i>A Elbereth Gilthoniel</i> dans le mot <b>°aearon</b> « grand océan », comparé à <b>°aear</b> « mer ». C’est encore ce qui me paraît le plus probable, à la fois parce que c’est sémantiquement plus satisfaisant (le suffixe <i>-ond</i> s’applique plutôt aux pays, comme tu l’as remarqué), et parce que dans le Silmarillion, il n’apparaît jamais avec un d ; or les noms du Premier Âge montrent pas la chute du d final, cf. justement <i>Beleriand, Ossiriand</i>.<p><font color=red>Ben</font> : <font color=blue>Alors là, je tiens d'abord à m'excuser, le w est une faute d'inattention de ma part, lorsque j'ai utilisé cette entrée des Etymologies. Si vous remontez sur le fuseau, vous verrez que cette entrée est GATH- S. gath. Il s'agit donc de gath et non pas gwath - sinon cela ferait "pays de l'ombre" d'ailleurs, ce qui n'est pas forcément génial pour un royaume elfique ;). Cela étant rectifié, la proposition de Toko où Doriath contient l'article défini serait présent reprend toute sa pertinence !</font><p>Ah, d’accord. Je n’avais pas vérifié, faute d’avoir emporté HoME V en week-end :-) Il reste quand même la question de la graphie, avec les incertitudes qui pèsent dessus.<p><font color=red>Sébastien</font> : <font color=blue>Selon les Etymologies, l'adjectif numéral sindarin pour « sept » est <i>odog</i>, apparemment dérivé de <b>OTOK</b> (probablement via le vieux sindarin <b>*otoko</b>). Mais il semble que dans <i>Ossiriand</i> la variante du radical impliquée soit plutôt <b>OTOS</b> (ce qui expliquerait aisément le <i>ss</i>), ou la racine basique <b>OT-</b>.</font><p>Je me souviens qu’il y a une note intéressante à ce sujet dans l’<i>Appendix on Eldarin numerals</i> à <i>The Rivers and Beacon-hills of Gondor</i> dans VT42, qui est de date très tardive : il y est dit que la forme sindarine courante de « sept » est bien <b>odog</b>, mais que le <i>g</i> n’est pas d’origine, il s’est ajouté sous l’influence du voisin <b>eneg</b> « six ». La forme d’origine, conservée dans le dialecte archaïsant de Doriath, était <b>odo</b>, visiblement du même prototype EC <b>*otosô</b> (ma reconstruction) que le quenya <i>otso</i>.<p>Qu’<i>Ossiriand</i> contienne plutôt la racine basique est séduisant aussi : nous avons un exemple similaire dans les Etymologies avec le mot noldorin <b>nelthil</b> « triangle », qui n’inclut pas directement le mot <b>neled(h)</b> « trois » mais juste sa racine NEL. (Dans VT42 Tolkien devait changer d’avis et dire que le mot sindarin pour « trois » devait finalement être <b>nêl</b>, simplement.)<p>Bertrand
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