02-11-2004, 21:00
<p><font color="red">Lunawa</font> > <font color="blue">La première phrase est: Un rêve sans étoiles est un rêve oublié<br><br>je l'ai traduit par: <em>Olor ú eleni ná olor hequaina</em> (ou <em>lambaina</em> car le verbe oublier n'a pas de traducton donc j'ai pris un synonyme)</font><br><br>Il semblerait que <strong>ú</strong> (en tant qu'adverbe et/ou préposition) s'emploie habituellement suivie du génitif (soit *<strong>olor úeleno</strong>)<br><br>D'autres possibilités pour exprimer la notion de « sans » sont : les préfixes privatifs <strong>au-</strong>, <strong>ava-</strong> dérivés de la racine AWA (comme dans <strong>avanóte</strong> « sans nombre, innombrable »), parfois simplement employés comme simples préfixes négatifs, et le suffixe -<strong>lóra</strong> (comme dans <strong>ómalóra</strong> « sans voix »). Celles-ci nous donneraient repectivement *<strong>avelen</strong> (le 2e <em>a</em> de <strong>ava</strong>- étant sans doute élidé devant la voyelle de <strong>elen</strong>) ou *<strong>elellóra</strong> (on suppose qu'il y aurait assimilation <em>nl </em>> <em>ll</em> dans ce cas) pour « sans étoile », ces deux reconstructions étant hypothétiques.<br><br>Le mot <strong>hequa</strong> n'est pas un verbe mais une préposition qui signifie « à part, mis à part, excepté, sauf, à l'exclusion de » et n'est donc pas approprié. De même, je ne vois pas ce qui sous-tend la forme *<strong>lambaina</strong> que tu cites après. Les sources donnent <strong>lamba</strong> comme un nom signifiant « langue » (l'organe, pas le langage), et un homographe signifiant « marteau ».<br><br>Le mot dont le sens semble le plus proche est peut-être <strong>vanwa</strong> « perdu, disparu, mort, parti, passé ».<br><br>Ce qui donnerait : *<strong>Olor ú eleno ná </strong>(<strong>olor</strong>)<strong> vanwa</strong>.<br><br><font color="red">Lunawa</font> > <font color="blue">La seconde phrase est: Le rêve est la plus douce chose dans la vie<br> traduit par: <em>Ir olor ná i lil lissë engwë mí cuilë</em></font><br><br>L'idée que l'article défini <strong>i</strong> prenne la forme <strong>ir</strong> devant une voyelle n'est qu'une supposition, qui semble d'ailleurs erronnée et basée sur une mauvaise interprétation du seul exemple attesté d'occurence de <strong>ir</strong> (on a beaucoup d'exemples d'utilisation de l'article devant des noms commençant par une voyelle).<br><br>Pour ce qui est de <strong>lil</strong> glosé 'more' dans la <em>Early Qenya Grammar</em> publiée dans PE14, il s'agit apparemment d'un adverbe (ex. « les étoiles brillent plus », sans comparatif). Le superlatif de comparaison décrit dans la EQG implique la terminaison comparative augmentative <strong>-(e)lda</strong>, ce qui donnerait *<strong>lisselda</strong>. Mais il existe une autre façon de composer des adjectifs superlatifs (attestée dans le SdA et les écrits ultérieurs, donc plus récente que celle de l'EQG) : le préfixe superlatif <strong>an-</strong>(comme dans <strong>ancalima</strong>). Ajouté à <strong>lisse</strong>, le résultat serait sans doute *<strong>allisse</strong> « la plus douce » (avec l'assimilation <em>nl</em> >> <em>ll</em>).<br><br>Le mot le plus commun pour « chose » semble être <strong>nat</strong>, mais <strong>enge</strong> est également valable. <br><br>Si <strong>mí</strong> est correct pour exprimer « dans la », cette notion est généralement exprimées à l'aide du cas locatif (<strong>-sse</strong>). Mais il se pourrait qu'une telle notion puisse être exprimée par le génitif (« la chose la plus douce <em>de</em> la vie »). Voir par exemple <strong>Earendil elenion ancalima</strong> (« Earendil, le plus brillant d'entre les astres »). Cet exemple est particulièrement intéressant, puisque la combinaison d'un superlatif en <strong>an-</strong> + le génitif produit un superlatif de comparaison. Un autre exemple intéressant est <strong>Wende mi Wenderon</strong> « Vierge des Vierges » (expression désignant la Vierge Marie dans une des prières catholiques traduites en quenya par Tolkien, VT44:18), qui utilise <strong>mi</strong>. Ici, le premier terme n'est pas explicitement au superlatif, mais <strong>mi</strong> + le génitif semble impliquer une idée de superlatif pour le premier nom, *« (la plus) vierge des vierges ».<br><br>Ainsi, la façon la plus sûre, à mon avis, de traduire cette phrase pourrait être : *(<strong>i</strong>) <strong>olor ná </strong><strong>i</strong><strong> nat allisse </strong>(<strong>mi</strong>) <strong>cuileo</strong> (on pourrait remplacer <strong>nat</strong> par <strong>engwe</strong>). D'autres possibilités : *(<strong>i</strong>) <strong>olor ná </strong><strong>i</strong> <strong>nat allisse </strong><strong>cuilesse</strong> (superlatif <strong>an</strong>- + locatif) *(<strong>i</strong>) <strong>olor ná </strong><strong>i </strong><strong>nat lisselda </strong><strong>mi</strong> <strong>cuileo</strong> (superlatif <strong>-lda</strong> + génitif).</p><br><p>Sébastien</p>

