26-02-2005, 09:39
Tout d'abord, un GRAND merci Bertrand, pour avoir pris la peine de taper une critique aussi conséquente du livre de David Salo. (Et de manière plus prosaïque, je suis sûr que certains porte-feuilles te rendront la pareille :)<p>* Au vu des dires d'Edouard et de Bertrand, la manière dont l'intégration du Noldorin dans le livre est justifiée semble en effet assez malhonnête. D'autant plus que la continuité observée entre les deux langues se fonde essentiellement sur des constatations et des déductions faites sur les <i>Etymologies</i>, qui de part sa forme, évacue automatiquement des pans entiers de la grammaire (conjuguaison - nuançable, mais je n'entre pas dans le détail -, syntaxe...), et si je ne me trompe pas nous n'avons pas de textes correspondant à l'époque Noldorin des Etymologies (sauf peut être la Chanson de Lúthien dans le lai de Laethian). Combler les incertitudes par la solution de l'amalgame par défaut ne semble clairement pas rigoureux... après c'est une question de point de vue, c'est à dire ce que l'auteur du bouquin veut vraiment : une langue fonctionelle (et rapiécée), ou bien une image exacte de l'oeuvre de l'artiste, JRR (et rigoureuse) - mais je garde cette problématique pour une future question, tjrs en plan, pour la FAQ des langues.<p>* L'intégration du Pater Noster publié dans VT44 est, elle aussi discutable, comme Bertrand le souligne en mettant l'accent sur certains détails grammaticaux... après tout, on ne sait même pas quelle était la motivation de l'écriture d'un tel texte. Essai d'une grammaire un peu changée et exotique par Tolkien ? Variante dialectale ou circonstancielle (cela pourrait être une variante de la langue dédiée aux prières), etc, etc...<p><font color="red">Moraldandil</font> > <font color = "blue">Bref, nous avons un ouvrage tout à fait dans la logique que nous avons déjà pu voir chez David Salo : très préoccupé de cohérence, très reconstructionniste, très explicativiste, et assez peu soucieux du rôle de Tolkien en tant que créateur.</font><p>Tout à fait d'acord... si l'on prend l'image d'une langue Tolkiénienne comme d'un film qui évolue tout au long de sa vie, alors une photo extraite nous donnera un bon aperçu de la langue à un moment donné; mais superposer deux ou plusieurs images, surtout si elles n'appartiennent pas à la même séquence, nous donnera nécessairement quelquechose de flou... bon, ce n'est qu'une métaphore, avec ses qualités et ses défauts.<p>En tout cas, merci encore, Bertrand pour cette précieuse critique.<p>Ben

