28-04-2005, 12:03
Du moment que l’on sait les sentiers que l’on prend, il n’y a pas de mal à folâtrer un peu... mais l’on risque de se retrouver bien vite dans un maquis linguistique :-)<p>Un problème des langues de Tolkien, c’est leur variabilité dans le temps et les problèmes de compatibilité entre versions que cela pose. Justement, là, on trouve un mélange d’états de développement différents. La grammaire ressemble au quenya du SdA et après, mais le vocabulaire comporte des mots de Qenya sortis des Contes perdus, qu’il vaudrait mieux ne pas mélanger aux états plus tardifs de la langue. Il faudrait les remplacer pour avoir un essai plus homogène.<p><ul><li><b>elwen</b> « cœur » (I:255) ; plus tard <b>hón</b> au sens physique, au sens moral <b>enda</b> ou <b>óre</b>, celui-ci notamment pour les sentiments, cf VT41:13</li><br><li><b>irmin</b> « monde, régions habitées, œkoumène » (II:343) ; plus tard, nous avons plutôt en ce sens <b>Ambar</b> et sa variante (semble-t-il) <b>Imbar</b> (X:359 entre autres)</li><li><b>lómin</b> « ombre » (I:255) plus tard il existe de très nombreux termes avec diverses nuances sémantiques, mais plus <b>lómin</b>, la forme la plus proche étant <b>lóme</b> « ombre, nuit »</li><li><b>hessa</b> « fané, flétri » (I:255) ; cette idée s’exprimera plus tard par des dérivés du radical <b>√quel</b> (cf par ex <b>quelle</b> « étiolement », une des saisons du calendrier d’Imladris)</li></ul><br>Je n’ai pas la moindre idée de ce que peut être <b>?nimba</b>.<p>Au passage, le signe diacritique pour les voyelles longues en quenya est un accent <i>aigu</i> ;-)<p>Bon, je tente !<p><i>Titta elen elweninya silala mi nimba irmin</i><br>Pas de verbe fini, je présume une phrase nominale :<br><font color=green>[C’est] une petite étoile [qu’est] mon cœur brillant dans un monde ??nimba??</font><p><i>Suilantala antanyë i cala mi i lòmin</i><br><b>*Suilanta-</b> est clairement une reconstruction sur la base du sindarin <i>suilanna-</i> « saluer » donc :<br><font color=green>Saluant je donne la lumière dans l’ombre</font><br><b>mi i</b> se contracte en <b>mí</b>, cf. dans <i>Namárië</i> <b>mí oromardi</b> « dans les hautes salles »<p><i>Nà i anfaila nìs Ambaro,</i><br><font color=green>[C’]est la femme la plus généreuse (alternativement : juste) du Monde</font><br>J’ai un doute sur le groupement <i>-nf-</i> ; je ne me souviens pas l’avoir vu. Peut-être est-il acceptable en jointure de morphèmes (nous avons <i>-nv-</i> dans <b>Envinyatar</b>).<p><i>I assaila Atan semeno.</i><br>Je ne connais pas de mot <b>?semen</b> mais au vu du contexte ce pourrait être une faute de frappe pour <b>Cemeno</b> ? Si oui, alors l'on a :<br><font color=green>L’être humain le plus sage de la Terre</font><p><i>Hessa lotsë, tara essëva linna Valinorenna</i><br>Pas clair. <b>Linna</b> « va » de V:368 est en fait une erreur pour <b>lenna</b> (VT45:27). Qu’est-ce que ce <b> ?tara</b> ? Le mot le plus proche est <b>tára</b> « haut » mais c’est un adjectif, or on attendrait un nom à cause de son complément <b>esseva</b> au cas possessif. Il se peut aussi qu’il manque un article...<br>Version partielle : <font color=green>Fleurette fanée, ........... va à Valinor</font><p><i>Laitatyë Nienna</i><br><font color=green>Tu glorifies Nienna</font><p><i>Elvië nàla rùcina</i><br><b>elvie</b> « en forme d’étoile (pl.) », <b>*nála</b> ?étant (forme non attestée et risquée, vu les irrégularités du verbe « être » dans tant de langues !) <b>rúcina</b> « confus, désordonné, disloqué, ruiné ». Le sens m’échappe...<p><i>Mahtala an nà cuina</i><br>Probablement : <font color=green>combattant pour vivre</font>.<br>Mais la syntaxe est douteuse, littéralement on a « combattant pour est vivant ». Le verbe « vivre » n’est pas connu en quenya, mais peut se reconstruire à partir du sindarin <i>cuia-</i> ou <i>cuina-</i>. On peut toutefois s’en passer ici en employant le mot <b>cuile</b> : <b>mahtala cuileryen</b> « combattant pour sa vie », si c’est bien le sens visé.<p><i>Vanya aranel, antatyën i Estel</i><br>A peu près certainement : <font color=green>Belle princesse, tu me donnes l’Espérance.</font><br>Mais le « te » français n’est pas objet direct ici, mais complément d’attribution. Plutôt que de le suffixer, il faudrait le séparer et le mettre au datif (on ne connaît pas d’exemple de pronoms datifs suffixés). Donc plutôt : <b>Vanya aranel, antatye nin i Estel</b>.<br>S’il s’agit de l’espérance en général, l’article défini ne s’emploiera probablement pas en quenya ; il a un sens plus fort qu’en français et semble apparaître dans moins de contextes (en français l’usage d’articles est presque systématique, leur sens est d’autant plus faible). Dans une certaine mesure l’article quenya ressemble plus à l’article défini anglais que français.<p>On peut suivre une thématique générale, mais c’est encore assez obscur ! Effectivement, avoir la signification visée ne serait pas de trop...<p>B.

