04-07-2005, 09:50
> est-ce à dire que nous n'aurions comme alternatives que deux conceptions extrèmes -- l'une, fondamentalement "interne", cherchant à justifier, au-delà même de l'auteur, l'existence de cette <i>strate</i> au sein du Légendaire; l'autre, résolument "utilitariste", rejetant ce qui pour elle ne saurait être autre chose qu'une énième <i>strate</i> temporaire inutilisable dans l'établissement d'une langue fonctionnelle? Bigre! Dites en ces termes-ci, les deux dialectiques sembleraient tout aussi biaisées et prescriptives, en ce qu'elles suppléent à la volonté de l'auteur un <i>système</i> qui peut-être jamais ne fut le sien! Et dire qu'on critiquerait Peter Jackson d'infidélités!<p>C'est là une problématique majeure des langues elfiques : dégager une norme, un système cohérent, à partir des différentes strates.<p>Quant à savoir si l'approche d'Edouard supplée à la volonté de Tolkien, je ne m'avancerais pas, mais on peut tout de même constater que Tolkien a gardé une grande quantité de ses écrits anciens sur les langues elfiques, même ceux du tout début. Si celui-ci avait eut l'intention de rejeter ces textes, je pense qu'il ne les aurait sans doute pas conservé précieusement (il est d'ailleurs notable que certaines parties des écrits anciens présentés dans les derniers Parma sont manquantes). On constate la même chose pour les textes non linguistiques du légendaire. Tout cela n'est pas étonnant pour un philologue, habitué à travailler sur des versions souvent discordantes d'un même texte. On peut donc penser, d'un point de vue interne, que tous les textes contiennent une part de la vérité, mais que celle-ci dépend de l'auteur et de l'époque de rédaction (s'agit-il de textes de première main ou de transmission de savoir plus ancien, soumis à des déformations ?). On peut donc envisager que ertains textes ont été rédigés par des Elfes aux premier et deuxième Ages (Rúmil, Pengolodh, ...), d'autres par des Humains ou des Hobbits aux troisième et quatrième Ages, voire plus tard encore...<p>On peut donc peut-être taxer l'approche interniste d'Edouard de biaisée ou de prescriptive, mais elle est à mon avis bien plus fidèle aux intentions Tolkien que le point de vue utilitariste de Fauskanger et consorts.<p>Sébastien

