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Eluchíl, Eluréd et Elurin
#6
Pour le h > ch : dites "muté" et il n'y aura pas d'ennui :) L'usage de Toko est plutôt phonétique et celui de Romaine renvoie au phénomène synchronique de mutation douce, dont le conditionnement n'est plus phonétique en synchronie. Effectivement, le terme de "mutation douce / adoucissante / lénition" n'est pas entièrement exact d'un point de vue <i>phonétique</i> ; en fait cette mutation s'est constituée en sindarinà partir de plusieurs changements phonétiques distincts ; tous ont comme point commun de contraster le traitement initial et intervocalique des consonnes. Mais c'est un nom commode et d'usage général.<p>La signification d'Eluchíl, Eluréd, Elurín et Elwing sort notamment d'un document reproduit dans HoME XII, intitulé "The Problem of <i>Ros</i>", particulièrement pp. 369-372. Christopher indique explicitement qu’il s’est servi de ce passage dans la constitution du Silm :<font color=blue> « From this passage and note were derived the names in the published Silmarillion and the statements in the index concerning them. »</font>. On apprend p. 369 que Dior parlait tant le sindarin, langue de sa mère, que le bëorien, celle de son père, et qu’il donna à son fils Eluréd un nom de même sens que son surnom Eluchíl. Eluréd est un composé mixte sindarin-bëorien : le second élément vient du mot bëorien <b>rêda</b> « héritier ». On apprend aussi en note p. 372 qu’Elurín signifie « Souvenir d’Elu », le second élément étant le sindarin <b>rîn</b> « souvenir ». Quant à Elwing, cela signifie « Écume d’étoile » ; le premier élément est bien connu, le second est un mot que Tolkien a pensé à attribuer au bëorien ; comme on le retrouve dans Vingilot, il a été amené à échafauder des théories compliquées pour expliquer ce nom ; et finalement il semble qu’il ait décidé d’en faire un mot sindarin <b>gwing</b> (note 24 p.376).<p>Il faut d’ailleurs remarquer qu’une large part de cet essai représente des spéculations élaborées sur l’origine de mots et de noms... et que finalement la plus grande partie n’en furent pas reprises pour un problème de cohérence avec ce qui était déjà publié ! C’est typique de la méthode de Tolkien dans sa dernière période : les noms ne changent plus, mais leurs étymologies restent susceptibles de réinterprétations d’une complexité parfois inextricable - afin de suivre l’évolution externe toujours en cours des langues...<p>B.
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