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Questionnement
#9
Lambertine Wrote:Les notions dont tu parles, et leur expression linguistiques, si elles sont "elfiques" dans une lecture interniste, ont bel et bien été envisagées (sinon créées) par un esprit humain. Tolkien n'était ni un extraterrestre, ni un immortel. Elles ne sont donc pas "in-humaines".

Limiter la nature des langues elfiques à cette vision me semble extrêmement réducteur; même sur un plan externiste (ou carnassier, pour reprendre les termes de Jérôme), évacuer la vision de l'artiste même sur son oeuvre, c'est en quelque sorte dénaturer l'oeuvre elle-même, et bien que celle-ci puisse d'une certaine manière le dépasser, il est cependant le premier à en ressentir la "magie" artistique (pour reprendre le terme elfique). A mon sens <small>(Jérôme, je te livre une idée que j'aimerais développer dans une réponse à certaine discussion)</small> la création artistique tolkiénienne est une faërie elle-même. Dans cette oeuvre, d'un point de vue tolkiénien, il y a la lumière (tout comme dans les silmarils, d'un point de vue elfique, il y'a la lumière du Royaume Béni de jadis), et sa nature est divine; l'oeuvre est une sous-création, et si elle est bien d'origine humaine, sa "flamme" est cependant d'une nature qui échappe au sous-créateur. On peut évidemment objecter à ce propos que ceci touche à des considérations religieuses, métaphysiques, et qu'à partir de ce moment, on rentre dans un débat de croyances qui donc forcément n'aura pas d'aboutissement. <br>Je dirai pourtant ceci : je n'ai pas de croyances, ni religion; je ne suis pas athée non plus. Pourtant je ne conçois plus l'oeuvre tolkiénienne, même d'un point de vue externiste, sans cette "flamme" divine, parce que si l'auteur l'a ressentie, c'est en quelque sorte qu'<i>elle est là</i>. Que cette flamme soit chimère ou non, finalement, m'importe peu : ce qui m'importe c'est d'y croire, pour pouvoir entrer dans la faërie. <small>Pour Jérôme particulièrement : c'est pourquoi, aussi, le fait de voir cette flamme transcender l'oeuvre pour imprégner l'artiste ne me semble pas anti-faërien : elle fait vibrer quelque chose dans notre monde primaire (l'artiste avant tout, et nous ensuite) en écho au monde secondaire, et cette vibration est bien "réelle"; elle est pour moi un pont entre la faërie et le monde primaire. Mais c'est une approche délicate, parce que c'est un pont sans garde-fou, et qu'en bas, c'est le gouffre de la carnasserie ;p</small>

Lambertine Wrote:Les Elfes, "perfection idéalisée"... hum, quand même...

[citation=Letters/n°181 to Michaël Straight]The Elves represent, as it were, the artistic, aesthetic, and purely scientific aspects of the Humane nature raised to a higher level than is actually seen in Men. That is: they have a devoted love of the physical world, and a desire to observe and understand it for its own sake and as 'other' – sc. as a reality derived from God in the same degree as themselves – not as a material for use or as a power-platform.[/citation]

La réponse de Didier concernait un certain aspect de l'humanité, et même si l'image est forte, elle est à la lumière de ce passage des Letters plutôt justifiée, je trouve.

*B*

PS : Pour Jérôme, mais si, ces langues tiennent leur existence d'un gars qui les as inventées ! Il avait plusieurs "humeurs", suivant les jours (plutôt Celtique à certains moment, plutôt Latin et Finnoise à d'autres). Et surtout, il voyageait dans le temps. ;D
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