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'Pluriel partitif'
#1
"Ardarín" écrit dans un autre fuseau:
Quote:(...) il y a quatre genres en quenya : <i>Singulier, Pluriel, Pluriel partitif, Duel</i>. Le singulier et le pluriel pas de problème je connais pas de langue dépourvue de ces genres (parfois l'ignorance à ses bienfaits). Le duel existe en Grec ancien (peut être Maître Tolkien s'en est inspiré je sais pas ça peut venir d'ailleur). Mais le pluriel partitif d'où vient-il? vous savez ça vous autres?
Excellente question pour laquelle je préfére ouvrir un fuseau dédié.<p>Tolkien donne au moins deux noms à cette forme fléchie (en <b>-li</b>): "partitif pluriel" [WJ/388] ou "pluriel général" [par ex. cf. les <i>Etymologies</i>, entrée TELES]...<p>Le finnois possède un "cas" partitif qui peut s'infléchir au singulier comme au pluriel. Mais la dénomination "pluriel partitif" est toujours problématique (en finnois, c'est certes un déclinaison grammaticale du nom, mais sémantiquement il ne désigne pas nécessairement un "partitif" <p>En français, un partitif singulier représente une partie nom comptable de quelque chose représentant une quantité massive (en linguistique on parle aussi de de <i>notion continue</i>), par ex. "je mange <i>du</i> pain ou <i>du</i> raisin, je ramasse <i>du</i> bois, je bois <i>de l'</i>eau", j'ajoute <i>de la</i> farine...) et est donc par essence singulier: il s'applique à des noms "massifs", indénombables). Vu qu'il désigne une partie indénombrable d'un ensemble continu, le partitif ne devrait par définition n'exister qu'au singulier.<p>Néanmoins, certains grammairiens considérent par glissement qu'on peut avoir un partitif pluriel pour les noms qui n'ont de sens logique qu'au pluriel ("je ramasse <i>des</i> cendres, je mange <i>des</i> rillettes ou <i>des épinards</i>", ... voire aussi "je recherche <i>des</i> informations, je cueille <i>des</i> fleurs", mais cf. ci-dessous). Il représente dans ce cas une certaine quantité extrainte d'un ensemble considéré comme un tout. Mais tous les grammairiens ne s'accordent pas sur cette définition -- En français cela se distingue très mal du pluriel indéfini. La seule justification qu'on pourrait, peut-être, y trouver est qu'il y a une nuance entre "je vois des chiens" et "je ramasse des cendres" -- dans le premier cas c'est un article indéfini pluriel (je vois plusieurs chiens, je ne les ai pas comptés mais je le pourrais); dans le second ce serait un partitif (j'en prend une partie dans un tas de cendres, mais cela reste indénombrable -- je ne vais pas compter les grains au microscope!).<p>Fort de cela, revenons-en maintenant au quenya... La fonction du "partitif pluriel" ou "pluriel général" n'est pas pleinement comprise, mais au vu des rares exemples que l'on a (e.g. <i>falmalinnar</i> ~ "sur des vagues"), il me semblerait bien que cela correspond relativement à ce que nous disions ci-dessus. Tolkien traduit par "many" dans RGEO/66-67, i.e. "de nombreuses vagues" -- mais par essence c'est justement indénombrable comme nos grains de cendre ;)... De même, probablement <i>Casalli</i> serait "une foule de Nains" plutôt que "Des Nains = plusieurs Nains, quelques Nains".<p>Didier.<br>
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