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L'écriture à la fin du 3è âge.
#4
Merci du lien, Simon - j'y aurai appris à différencier l'abjad (sans notation des voyelles) de l'abugida (avec des diacritiques pour dénoter les voyelles) !<p>Je ne pense pas qu'on puisse toutefois dire qu'un abugida est plus archaïque qu'un alphabet complet : les deux sont des solutions différentes au problème de l'absence de notation des voyelles dans un abjad pur. D'ailleurs, historiquement, l'introduction des voyelles par les grecs est plus anciennement attestée que le développement des abugidas, je crois.<p>Il apparaît à la lecture de l'appendice E - II que les écritures elfiques ont d'abord été des abjads puis que des moyens ont été développés pour dénoter les voyelles : <i>[les écritures] avaient atteint un stade de développement alphabétique complet, mais des modes de transcription plus anciens, où seules les consonnes figuraient par écrit, demeuraient en usage</i>.<p>Les cirth ont introduits des signes-voyelles et ont donc suivi la voie de l'alphabet complet. Ce fut également le cas en tengwar dans les modes dits "pleins", sont nous connaissons surtout le mode de Beleriand. Mais, peut-être pour des raisons de compacité, il semble que la solution de l'abugida ait eu plus de succès en tengwar. On retrouve aussi cette solution en sarati.<p>On peut toutefois remarquer une différence avec les abugidas les plus connus dans notre monde (écritures indiennes et éthiopiennes): dans la plupart des modes en tengwar connus, il n'y a pas de voyelles implicite attachée à la consonne (à l'exception du mode quenya où a est sous-entendu), toutes les voyelles doivent être écrites par des tehtar.<p>Il a pourtant existé au moins un système d'écriture ressemblant au type tengwar + tehtar sans voyelle implicite : l'écriture serto ou jacobite employée pour transcrire le syriaque dans l'antiquité tardive du Proche Orient. L'alphabet lui-même est un abjad sémitique typique, mais complété pour noter les voyelles : on y a importé des lettres-voyelles grecques écrites en tout petit au-dessus ou au-dessous de la consonne après laquelle la voyelle devait être prononcée. (Source : Bonfante, Larissa, Chadwick, John, Cook, B. F. et al. <i>La naissance des écritures : du cunéiforme à l'alphabet</i>. [Paris] : Seuil, 1994. 503 p. ISBN 2-02-033453-4 [br.])<p>Il est effectivement assez clair que Tolkien a donné à l'évolution des écritures elfiques un développement assez proche des alphabets de notre monde primaire.<p>Si tu t'intéresses aux écritures, je te recommande l'ouvrage que j'ai cité plus haut, et dont tu trouveras une brève description sur <a href=http://www.jrrvf.com/hisweloke/site/articles/revues/livres/rclinguistique.html" target="_new">la page de ressources linguistiques de Hisweloke</a>.<p>B.
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