19-09-2006, 12:48
A vrai dire, il s'agit vraiment de notes prises au fil de la pensée ; peut-être <b>edulam </b>est-il même une simple forme phonétique que Tolkien expérimentait pour voir si elle lui plaisait, sans forcément lui donner un sens tout de suite.<p>A lire la notule, il testait là la possibilité d'une terminaison de pluriel <b>-m </b>en Telerin. Une telle terminaison de pluriel en <i>eldarin</i> est une idée récurrente : elle doit sous-tendre le <b>n</b> du pluriel de certains cas en quenya et potentiellement celui de l'article sindarin pluriel <b>in</b>. Tolkien hésitait entre la laisser telle quelle en telerin ou la changer en -n comme en quenya. Cf. notamment VT42 pp. 24 et 26, et VT48:10 où il évoque une "ancienne formation du pluriel en <i>-m(e)</i>".<p>Dans le matériel des Etym, on pourrait peut-être expliquer <b>edulam</b> par la racine rejetée EDE, EDEL (V:356 et VT45:12) glosée "précéder, venir devant" et qui produit des mots pour "premier-né, elfe" : <b>edela</b> "premier-né" (probablement du quenya), N <b>eðel</b>. Mais le <b>u</b> reste à expliquer. On peut justement remarquer que dans le document - bien plus tardif ! - <i>Quendi and Eldar</i>, on observe qu'un <b>l </b>suivant une consonne développe devant lui un <b>u</b>, vraisemblablement par un stade avec l syllabique (alors qu'en quenya la voyelle est un <i>i</i>) : ainsi les mots quendiens primitifs <b>*hekla</b> et <b>*heklô</b> "rejeté, proscrit, banni" donnent en Q <b>hekil, hekilo</b>, en T <b>hecul, heculo</b> (X:361, 365). Si la même règle peut s'appliquer pour le T des Etym (ce qui ne va pas de soit) on pourrait partir d'une forme ancienne <b>*edlâ</b> qui deviendrait en T <b>#edula</b>, auquel s'ajouterait un <b>-m</b> de pluriel. Alors <b>edulam</b> voudrait dire "premiers-nés, elfes". C'est une possibilité. Toutefois, dans <i>Quendi & Eldar</i>, dl > ll : <b>*edlô</b> "voyageur > elfe de la Grande Marche" > T <b>ello</b> (X:363-4).<p>B.<p>

