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[Onomastique botanique] L'athelas
#1
Bon alors, vlà un petit article qui est en fait un fond de tiroir, inachevé parce que manquant trop à mon goût d'éléments décisifs sur la problématique qu'il aborde. Il s'agit à la fois d'une tentative de découverte, à travers l'onomastique, d'une ou de plantes qui auraient pu inspirer et correspondre à l' <i>athelas</i>, un peu à la manière dont Didier avait traité le cas du <i>Lebethron</i> dans <a href="http://www.jrrvf.com/hisweloke/site/articles/langues/lebethron/index.html">son bel article d'Hisweloke</a>, et également de résoudre certains problèmes d'étymologies contradictoires concernants les noms pour cette plante, en éclairant du coup certains points obscurs da légendaire. Il y a certains passages assez spéculatifs, d'autres incomplets, toute suggestion, commentaire, critique, lynchage en bonne et due forme sont les bienvenus ;)<p>Donc. Le problème de l'étymologie du mot <i>athelas</i> est très intéressant car il s'agit d'un mot dont la signification est "floue", contenant un élément dont le sens est connu (ou en tout cas déduit naturellement), et qui pourtant ne correspond pas à l'étymologie communément donnée et acceptée. <p>Nous possédons deux formes connues pour la plante <i>athelas</i>, l'une sindarine, <i>athelas</i> et l'autre quenya, <i>asëa aranion</i>. Les deux sont glosées par Tolkien avec la même signification <i>Feuille des Rois</i>. Cependant l'étymologie exacte de ces deux termes n'est pas donnée. Sans trop prendre de risques, on peut mettre en exergue des éléments sûrs. Dans la forme sindarine, la terminaison <b>-las</b> est bien connue, on la retrouve dans de nombreux noms sindarins ou nandorins (tels que <i>Legolas</i>, par exemple), et il ne fait aucun doute (et en particulier de par sa position dans le nom) qu'elle signifie <i>feuille</i>. Dans le terme quenya, <i>aranion</i> s'analyse facilement par le génitif pluriel de <i>aran</i> (<i>roi</i>) d'où la signification naturelle <i>des Rois</i>. Cependant, dans la forme sindarine, nous nous retrouvons avec un premier élément <i>athe(l)</i> qui serait sensé signifier <i>des Rois</i> (!), et dans la forme quenya, un mot inconnu, <i>asëa</i>, qui serait sensé signifier feuille (!!). Etymologiquement, ces formes nous mettent la puce à l'oreille puisqu'elles ne nous conduisent pas du tout vers ce que nous pourrions en attendre. Une explication possible est donnée par William C. Hiklin sur un <a href="http://groups.google.com/group/rec.arts.books.tolkien/browse_thread/thread/34fc7f494c7ff868/3fad9c3c879f5a2c?lnk=st&q=athelas+hicklin&rnum=1&hl=en#3fad9c3c879f5a2c">google group dédié aux oeuvres de Tolkien</a>. Voici la citation (du 26 octobre 1998) : <p><DIV class="citeAuteur"><B>William C. Hiklin</B> a dit :<DIV class="citeTexte">Christopher Tolkien and I have had an ongoing discussion about the origins of this word. It plainly contains -las 'leaf'. It is possible (but entirely speculative) that what Tolkien had in mind at that time (1938-39) was the Old English word aethele 'noble, royal.' This would translate 'kingsfoil,' near enough. At any rate, a very late note (1970 or later) says that Asea (cf. Aragorn, 'asea aranion') was the name in Quenya, regularly adapted and compounded with -las in Sindarin. The plant was known to the medical loremasters of the Noldor. The root is *ATHAYA, 'helpful, kindly, beneficial.'</div></div><p>Qui nous donne donc une racine commune <b>*ATHAYA</b>, pour les deux éléments inconnus, dont la signification serait "bénéfique, bon, bienfaisant". Les étymologies exactes seraient donc <i>athelas</i>, la <i>Feuille Bénéfique</i>, et <i>asëa aranion</i>, la <i>Bénéfique des Rois</i>. On constate bien le problème énoncé plus haut : <i>Feuille Bénéfique</i> (étymologie déduite) et <i>Feuille des Rois</i> (étymologie communément acceptée) ont certes des sens relativement proches, mais le décalage est tout de même intriguant. Et cela n'est pas sans rappeller un autre cas bien connu de la langue sindarine, le cas du nom <i>Orthanc</i>.<p>Deux significations sont connues pour <i>Orthanc</i>. Elles sont données par Aragorn <small>(bise dame Lambertine!)</small> dans le <i>Seigneur des Anneaux</i> l'une provenant du rohirrique, l'autre du sindarin :<p><div class="refTexte">"This was Orthanc, the citadel of Saruman, the name of which had (by design or chance) a twofold meaning; for in the Elvish speech _orthanc_ signifies Mount Fang, but in the language of the Mark of old the Cunning Mind."<div class="refTitre">[LR : III,8]</div></div> <p>Pour y voir un peu plus clair, nous aimerions bien retracer, de manière interne, l'ordre d'apparition de ces deux étymologies concurrentes ! Et ce n'est pas facile, car Tolkien a changé d'avis sur la question. En effet, dans les brouillons du <i>Seigneur des Anneaux</i>, le nom provient de manière claire d'une connection entre la tour et Saroumane, son constructeur :<p><div class="refTexte">"[…] 'in the midst of the valley of Isengard is the tower of stone called Orthanc, for it was made by, and it is very great, and has many secrets, but it looks not to be a work of craft' […].The implication of the word _for_ in 'for it was made by Saruman' is that the tower was called Orthanc (Old English orþanc 'artifice, device, work of craft') because it was such (it was made by Saruman)." <div class="refTitre">[VII:150]</div></div> <p>Qui nous oriente vers la langue des Rohirrim, et tout naturellement vers le <i>Bosworth and Toller's anglo-saxon dictionary</i> :<p><div class="refTexte">"or-fanc, es; m. n. _Original, inborn thought_. I. _mind, genius, wit, understanding_; ingenium :-- _Orþanc_ ingenium, cræftica artifex […]."<div class="refTitre">Bosworth and Toller's anglo-saxon dictionary</div></div> <p>Donc originellement, tout se passait bien. Saroumane construisait la tour, et l'étymologie de cette dernière était associée au caractère de son créateur. Bien. Mais ensuite, Tolkien changea d'avis sur l'origine même de la tour. Il décida qu'elle ne devait plus être construite par celui-ci, mais par les númenoréens et il ne devait en récupérer les clefs que seulement de nombreuses années après son édification. Problème : si Saroumane ne construit plus la tour, d'où vient cette étymologie donnée par Aragorn, <i>Cunning Mind</i>? Le <i>Seigneur des Anneaux</i> souligne bien ce paradoxe : <p><div class="refTexte">"It was not made by Saruman, but by the Men of Númenor long ago; and it is very tall and has many secrets; yet it looks not to be a work of craft." <div class="refTitre">[LR II,2]</div></div> <p>Donc, c'est l'étymologie sindarine qui prime de fait, et est la première en date. Analysons-la. On a les deux éléments <i>or-</i>, imparasyllabique pour <i>montagne</i>, et <i>-thanc</i> qu'on peut connecter sans trop de problèmes à la racine STAK [Etym/388] et en particulier ce qu'elle donne pour le Noldorin _thanc_ (cleft, split) (crevasse, fissure), et l'on est pas trop loin de l'étymologie effectivement donnée par Aragorn (<i>Mount Fang</i>, <i>Montagne du Croc</i> -- <i>pas convaincu, sur cette affaire, lol</i>).<p>Cette étymologie, qui n'est pas reliée à la personnalité de Saroumane puisqu'antérieure en existence à celle d'origine rohirrique-anglo saxone, illustre bien un phénomène linguistique qu'on croise de temps en temps chez Tolkien et particulièrement porteur de mystère. Il s'agit d'un glissement sémantique dans le temps. D'abord nom sindarin, <i>Orthanc</i> (Montagne du Croc), s'est fondu dans le décor linguistique de la région (fusion d'autant plus facile qu'elle était phonologiquement valide) jusqu'à ce qu'il prenne pleinement le sens rohirrique (erroné, a priori !) convenant (par chance) parfaitement à la venue et à la personnalité de Saroumane, d'où <i>Orthanc</i> (Esprit Rusé)!. On a donc un mot à double etymologie, l'une originelle, l'autre adoptée de manière fortuite, qui ont fusionné, voire même confusionné pourrait-on dire. Les noms et leurs significations font l'Histoire, et de manière inverse, l'Histoire fait émerger les noms et les sens (et les blagues de philologue <i>-- alors le premier qui parle de linguiste chiant, garre :p</i>). Donc. C'est après cette petite parenthèse qu'on peut suspecter le fait que le mot <i>athelas</i> ait subit le même genre de phénomène.<p>Le mieux est donc de commencer par en parler à Aragorn. Car il en parle, n'est-ce pas ?<p><div class="refTexte">"‘I do so,’ said Aragorn, ‘and I care not whether you say now asëa aranion or kingsfoil, so long as you have some.'"<div class="refTitre">[LR VI,8]</div></div> <p>(Merci). Ici, Tolkien fait une blague de botaniste, en mettant en parallèle le nom latin de la plante et son nom populaire. Latin, bien sûr, comprendre en fait latin elfique c'est à dire le quenya. On peut noter que les noms latins "réels" incorporent rarement les éléments "plante", "arbre", ou "fleur" dans leurs noms, mais bien plutôt un nom et un adjectif qui décrivent la plante, sa forme, ses caractéristiques générales. Lorsqu'on reprend l'étymologie proposée par Hicklin, comme nous l'avions expliqué plus haut, on déduit pour <i>asëa aranion</i> le sens <i>Benéfique des Rois</i>, et on constate le même genre d'élision qu'en latin, la locution quenya ne comprenant pas l'élément pour <i>feuille</i>.<p>C'est le moment d'ouvrir une grosse parenthèse sur la plante en elle-même et ses caractéristiques, dans laquelle nous essaierons de mettre en parallèle certaines qualités de l'<i>athelas</i> et d'une plante relativement célèbre, la <i>bourrache</i>. [Note : c'est surtout ce passage qui est incomplet et pourrait être creusé en y examinant d'autres candidats]. Quelques recherches rapides sur le net nous ont mené <a href="http://www.toildepices.com/index.php?url=/fr/plantes/angio_dic/borraginacee/borago/officinalis.html">ici</a> et <a href="http://www.geocities.com/herbalogic2001/Borage.html">là</a>.<p>D'abord, l'un de ses noms populaires est la <i>fleur-étoile</i>, à cause de la forme de ses fleurs bleues; symboliquement, cette appellation est touchante puisqu'elle correspond vraiment bien à la personnalité d'Aragorn, que les elfes de Rivendell ont même surnommé Estel lorsqu'il était jeune, préfigurant ainsi son rôle de porteur d'espoir et de roi en retour, et faisant écho au nom donné au marin du ciel Eärendil Gil-Estel <i>Etoile de l'Espoir</i>. <p>Curieusement, la bourrache était utilisée pendant les croisades dans les coupes des chevaliers en partance, dans lesquelles on l'incorporait, et un proverbe était associé à ce rituel : <i>Ego Borago, Gaudia semper ago</i>, <i>Moi, la bourrache, je donne toujours du courage</i>; la bourrache est dite restaurer la joie dans les coeurs tristes, et apporter le courage aux désespérés. Cf, John Gerald dans son herbier (1597):<p><div class="refTexte">Those of our time do use the floures in sallads to exhilerate and make the minde glad. There be also many things made of them, used for the comfort of the heart, to drive away sorrow, & increase the joy of the minde. The leaves and floures of Borrage put into wine make men and women glad and merry, driving away all sadnesse, dulnesse, and melancholy, as Dioscorides and Pliny affirm. Syrup made of the floures of Borrage comforteth the heart, purgeth melancholy, and quieteth the phrenticke or lunaticke person.<div class="refTitre">John Gerald's Herball</div></div> <p>La bourrache possède une odeur très douce et rafraîchissante (qui ressemble d'ailleurs à celle du concombre), ce qui correspond également à la description de l'<i>athelas</i> :<p><div class="refTexte">"'Still it smells sweet when bruised, does it not? If sweet is the right word: wholesome, maybe, is nearer'. […]<p>Then taking two leaves, he laid them on his hands and breathed on them, and then he crushed them, and straightway a living freshness filled the room, as if the air itself awoke and tingled, sparkling with joy."<div class="refTitre">[LR V, 8]</div></div> <p>La bourrache est une plante médicinale, possédant un tas de propriétés : prise de manière interne, elle soigne la fièvre, les infections des bronches (incluant la tuberculose et la pleurésie), les infections de la bouche et de la gorge, l'assèchement de la peau, la Cirrhose, la nephrite chronique; appliquée de manière externe, elle guérit les inflammations et les contusions, et possède de puissantes vertues cicatrisantes [une médecine idéale pour ceux qui se feraient blesser par un couteau maudit par exemple].<p>Le dernier point intéressant est l'étymologie du mot 'borago', qui est perdue; mais parmi les candidats, nous avons le gaelique <i>borrach/barrach</i>, <i>Homme de Courage</i>. Ainsi, <i>Borago Officinalis</i> pourrait se traduire littéralement par "[Plante] de l'Homme de Courage qui rend de bons services", très proche de la traduction de la locution <i>asëa aranion</i> que nous avions faites , "[Plante] bénéfique des rois" - si l'on considère <i>aran</i>, <i>roi</i> comme l'Homme de Courage (marche bien avec Aragorn!). Nous retombons sur nos pieds, donc fermons la parenthèse.<p>Si l'on considère <i>asëa aranion</i> comme le nom originel (et scientifique) de l'<i>athelas</i>, on dénote simplement que son étymologie illustre la période faste de la suprémacie númenoréene; nous savons qu'ensuite, l'<i>athelas</i> fut apporté en Terre du Milieu par les númenoréens et il reçu _par leurs soins_ son nom sindarin : <p><div class="refTexte">"It is fortunate that I could find it, for it is a healing plant that the Men of the West brought to Middle-earth. _Athelas_ they named it, and it grows now sparsely and only near places where they dwelt or camped of old; and it is not known in the North, except to some of those who wander in the Wild."<div class="refTitre">[LR I,12]</div></div> <p>Ce qui est singulier, c'est que ce nom sindarin contienne maintenant le terme <i>-las</i>, <i>feuille</i>, et a donc perdu l'élément qui comportait le sens <i>royal</i> puisque la traduction littérale en est <i>Feuille Bénéfique</i> ! Symboliquement, encore une fois, ce fait est marquant, sachant que cette perte de sens préfigure la fin de la suprémacie númenoréenne, et illustre bien dans les temps à venir, la disparition du lignage du Nord et le début de la Surintendance du Gondor (sans doute les numéronéens botanistes avaient-ils déjà commencé à perdre espoir dans leur propre peuple et sentaient venir la chute de númenor?).<p>Et c'est donc sous cette forme sindarine que le mot survécu, lui étant associé une étymologie curieusement conservée, <i>Feuille des Rois</i>, qui n'aurait du normalement suplanter l'étymologie <i>Feuille Bénéfique</i>. La première explication serait que les érudits de la botanique se soient souvenus de la très vieille étymologie latine; mais ce ne semble pas être la seule raison puisqu'Aragorn dit :<p><div class="refTexte">"'It is also called kingsfoil,’ said Aragorn; ‘and maybe you know it by that name, for so the country-folk call it in these latter days."<div class="refTitre">[LR V,8]</div></div> <p>Nous apprenons donc que le terme <i>Feuille des Rois</i> fait partie du _langage populaire_ (et n'est pas seulement le sens de l'étymologie sindarine). On peut donc suspecter la chose suivante : c'est par la proximité de l'environment rohirrique que cette étymologie a pu survivre, comme c'était le cas avec <i>Orthanc</i>. En particulier, on trouve, dans la langue rohirrique-anglo saxone, le mot <i>aethele</i> (noble, royal (ooooh la coincidence)), avec comme superlatif <i>aethelast</i> (le plus noble) ! Le terreau linguistique du coin était donc parfaitement adapté à maintenir la vieille étymologie, qui a fusionné avec le sens rohirrique. Pour plus d'information voici un extrait du <i>Bosworth and Toller</i> :<p><div class="refTexte">æðele, eðele; _comp._ -ra; _swp._ -ast, -est, -use; _adj._ I. _noble_, _eminent_, _not only in blood or by descent but in mind_, _excellent_, _famous_, _singular_; _nobilis_, _generosus_. _præstabilis_, _egregius_, _excellens_ […] Æðelast tungla _the noblest of stars_, Exon. 57 a; Th. 204, 6; Ph. 93: Ps. Th. 84, 10.<div class="refTitre">Bosworth and Toller's anglo saxon dictionary</div></div> <p>Une telle hypothèse encore, met parfaitement en valeur le récit. Car à la fin du troisième âge, le Retour d'un Roi de jadis était simplement devenu un conte populaire, et seule la mémoire transportée par la Langue a réussi à porter dans le nom d'une plante les racines d'une vieille légende.<p>En conclusion, récapitulons les hypothèses qui concerne les différentes étapes de l'évolution et les variantes du mot <i>athelas</i> exposées dans cet essai, désignant une plante que nous suspectons avoir été inspirée par la <i>bourrache</i> (Borago Officinalis) : <p>1) Nom valinorien et scientifique, <i>asëa aranion</i> ([Plante] Bénéfique des Rois), illustrant la splendeur des jours anciens de Númenor.<br>2) Sindarin <i>athelas</i> (Feuille Bénéfique), nom qui lui fut donné pendant la colonisation de la Terre du Milieu. Préfigure et symbolise la chute de Númenor et le déclin de la lignée du Nord, avec la disparition en son sein de l'élément signifiant "royal".<br>3) Persistance du mot <i>athelas</i> se confondant avec les croyances locales, et le 'country folk language' rohirrique, en particulier grâce aux mots 'aethele, aethelast' (royal, le plus royal) qui pouvaient transporter (par une coincidence des plus singulières!) la vieille étymologie; phénomène illustrant les rumeurs concernant le Retour d'un Roi.<br>4) Restauration des vieilles étymologies par la grande erudition du Roi Elessar, <b>révélant ainsi à tous la véritable nature de la plante !</b><p>Evolution illustrant un phénomène linguistique apprécié par Tolkien : le glissement de sens dans le temps, avec interconnections, confusion, fusion des différents sens entre des langues en contact, dont l'analyse de l'étymologie permet de retracer l'histoire des peuples et des gens que ce mot concernait.<p><br>Ben<br>
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