01-05-2007, 22:17
Bon, eh bien moi je vais jouer au <i>linguiste chiant</i>, tout de juste !<p>Le Trésor de la Langue Française donne une étymologie bien différente dans son article <A HREF="http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tlfiv5/advanced.exe?8;s=2256098475;" target="_blank">bourrache</A> :<p><font color=green>Empr. au lat. médiév. <i>borago, borrago</i> attesté dep. le XIe s. (CONSTANTINUS AFRICANUS, Grad., p. 348, 11 dans Mittellat. W. s.v., 1538, 2); le lat. est prob. empr. à l'ar. <i>abûʿaraq</i> « père de la sueur » nom donné à cette plante pour ses vertus sudorifiques, devenu <i>bûʿaráq</i> par altération pop. D'apr. Arveiller dans Z. rom. Philol., t. 85, pp. 110-113, la forme <i>bourrache </i>est caractéristique des parlers du Nord (où elle est d'abord relevée sous la graphie <i>bourrace</i>) où elle représente une adaptation du lat. <i>borrago</i>, -<i>age </i>y étant rendu par -<i>ache </i>par confusion habituelle des sourdes et des sonores corresp. (v. GOSSEN, op. cit. et A. Thomas dans sa préf. à l'éd. citée du Regime du corps, p. LXXV).</font><p>La connexion gaélique que tu proposes, ami Benilbo, me laisse dubitatif... il s'agit certainement d'une simple ressemblance par hasard, car un coup d'oeil au <A HREF="http://www.ceantar.org/Dicts/MB2/index.html" target="_blank">dictionnaire étymologique gaélique d'Alexander MacBain</A> indique une dérivation interne très plausible pour ce <i>borrach</i> :<p><font color=green><b>†borr</b> : knob, pride, greatness, great, Irish, Early Irish <i>borr, *borso-, bhorso-</i>; Latin <i>fastus </i>(for <i>farstus</i>), pride; Old High German <i>parrunga</i>, superbia; allied to <i>bàrr</i>, q.v. Hence <b>borrach</b>, a haughty man, a protruding bank, a mountain grass.</font><p>Un élément d'intérêt serait de voir les origines géographiques des plantes candidates. La feuille de roi n'est pas indigène en Terre du milieu mais fut apportée par les númenoréens., dit Aragorn (SdA/I ch. 12) :<p><i>[C]'est une plante cicatrisante que les Hommes de l'Ouest ont apportée en Terre du Milieu. Ils l'appelèrent </i>Athelas<i>, et elle croît à présent de façon clairsemée et seulement près des endroits où ils résidèrent ou campèrent dans les temps anciens ; et elle est inconnue dans le Nord, sauf de quelques-uns qui vagabondent dans les terres sauvages.</i><p>Dans le mode où nous sommes de trouver des correspondaces monde primaire / monde secondaire, cela correspondrait à une plante non indigène dans le nord de l'Europe (aux latitudes correspondantes de celles de la Comté et du Mont Venteux), apportée du sud et qui ne pousse pas partout... seulement sous des microclimats privilégiés vraisemblablement ? A voir ça, je dirais que l'équivalent dans notre monde serait volontiers une plante méditerranéenne.<p>J'ignore ce qu'il en est pour la bourrache, quelqu'un le saurait-il ? (Vallis ?)<p>Le basilic se qualifierait bien, mais personnellement je trouve que le parfum ne correspond pas : celui du basilic est puissamment aromatique et caractéristique, mais je ne le dirais pas "frais et un peu piquant" comme celui de la feuille de roi. Et j'aurais les mêmes restrictions pour la sauge (plutôt âcre que piquante).<p>L'aspérule - de son nom populaire <i>reine des bois</i>, ce qui est plus joli - ne correspond pas géographiquement, car c'est plutôt une plante du nord. Les allemands s'en servent plus particulièrement (1) - et j'ai le souvenir d'avoir goûté lors d'un échange scolaire une gelée au <i>Waldmeister</i>, mais hélas je ne me souviens plus du goût... j'avais trouvé ça discutable, mais peut-être était-ce la consistance, je suis pas un grand amateur de <i>Wackelpudding </i>et autres <i>Götterspeise </i>...(2)<p>B.<p><small>(1) Et littérairement dans des circonstances... heu... inattendues, comme le savent les lecteurs du <i>Tambour </i> de Günter Grass ;P<br>(2) Non germanophones, sachez qu'il s'agit là d'un plat analogue à la <i>jelly </i>;)</small>

