12-02-2009, 01:45
<i><b>Les Taiseux</b></i><p>L'ombre où sévissent les taiseux<br>Est sombre et humide comme un pot encreux,<br>Et d'un tintement doux et lent sonnent leurs grelots<br>Comme l'on sombre chez les mielleux.<p>Il sombre chez les mielleux, qui ose<br>Frapper à leur porte,<br>Tandis que les gargouilles grimaçantes le toisent<br>Et que se déversent des eaux ronflantes.<p>Le long de la rivière aux berges pourrissantes<br>Pleurent les saules affalés,<br>Les scabreux scarbeaux scrutent<br>En croassant dans leur sommeil.<p>Par delà les Monts Moglaires, il est un long et pénible chemin,<br>Dans une vallée moisie où les arbres sont gris,<br>Au bord d'une sombre mare sans vent ni ondine,<br>Sans lune ni soleil, les taiseux se terrent.<p>Les caves où siègent les taiseux<br>Sont pronfondes, froides et suintantes<br>Une chandelle à l'agonie comme seule lumière;<br>Là, ils comptent leur précieux.<p>Leurs murs sont détrempés, leurs plafonds s'égouttent;<br>Sur le sol, leurs pieds<br>Glissent doucement avec un plitch-flap-dantonku,<br>Tandis qu'ils se faufillent jusqu'à la porte.<p>Ils lorgnent au dehors ; à travers une brèche<br>Leurs doigts nerveux s'insinuent et cherchent,<br>Et lorsqu'ils en ont fini, de vos os se saisissent <br>Et dans leur carnassière chérissent.<p>Par delà les Monts Moglaires, il est une route longue et solitaire.<br>A travers les arachnombres et les marais Grenouilleux,<br>Par le bois des arbres gibeteux et les herbes de potence<br>L'on s'en va trouver les taiseux -- et les taiseux repaître.

