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Nouvel ouvrage de sieur Kloczko!
#71
<b>Denwë / Lenwë</b><p><div class="citeAuteur"><B>Giraudeau</B> a dit :<br>Le lecteur néophyte aura donc toutes les peines du monde à faire le rapprochement entre <i>Denwego</i> et <i>Lenwë</i>, ce dernier n’étant introduit nulle part ailleurs.<br></div></div><p>(Et une remarque similaire dans la critique de Damien sur Tolkiendil en n. 3).<p>L'équivalence Denwë / Lenwë est faite explicitement en p. 50, sous l'entrée Denwaith. (Mais je gage que ce ne sera pas suffisant.)<p><b>Encore des théologiens...</b><p>Il est remarquable que Kloczko aborde la théologie dès les premières pages de son ouvrage (p. 12 "Théologiquement parlant..."; p. 13-14 sq.). Le sujet culmine plus loin en encadré p. 73-74 avec la fameuse mention des "théologiens dualistes" qui n'a laissé personne indifférent:<p><div class="citeAuteur"><B>Giraudeau</B> a dit (p. 9) :<br><div class="citeTexte"><br>Et il n’y a en fait pas plus de question qui se pose que de théologiens pour se la poser (Tolkien ne parle pas de théologiens dans son Monde Secondaire et le terme est une introduction d’Édouard Kloczko, tout au long de son livre).<br></div></div><p>Ou encore:<p><div class="citeAuteur"><B>Giraudeau</B> a dit (p. 25) :<br><div class="citeTexte"><br>Tolkien ne parla jamais de théologiens de manière interne à son univers, encore moins de<br>« théologiens dualistes ».<br></div></div><p>Et sur ce forum:<p><div class="citeAuteur"><B>Isengar</B> a dit :<br><div class="citeTexte"><br>J'ai tiqué moi aussi lorsque mes yeux ont glissé sur le terme "théologiens" qui s'égraine tout au long de l'ouvrage jusqu'au paroxysmique "certains théologiens dualistes de la Terre du Milieu".<br></div></div><p>Le terme de "théologie" est peut-être un brin maladroit - le terme est effectivement très chargé historiquement (c-à-d. au sein de notre monde primaire) s'il fallait le comprendre sur le plan purement doctrinal - mais ici, il ne saurait s'agir que de l'acception stricte, quelque peu "édulcorée", d'un "discours sur la divinité ou sur le divin".<p>C'est sur ce terrain là qu'il sera intéressant de discuter maintenant. Remarquable, disais-je plus haut, parce qu'il aura fallu des années pour que Tolkien quitte son statut restrictif d'auteur de "contes pour enfants" et de "récits merveilleux épiques" et qu'on reconnaisse enfin le caractère éminemment religieux de certains des faits de son oeuvre. Cela ne s'est pas fait sans peine. Je me souviens des difficultés à aborder ces sujets jusqu'aux années 2000 et des débats houleux que les tentatives d'approche sous l'angle de la religion suscitaient.<p>Il aura fallu, par exemple, qu'un Michael Devaux interroge les coincidences entre les textes Tolkieniens et les doctrines des Pairs de l'Eglise (« “L’ombre de la mort” chez Tolkien » in <i>La Feuille de la Compagnie</i>, n°1, 2001; « Les anges de l’Ombre chez Tolkien : chair, corps et corruption », <i>Tolkien, les racines du légendaire</i>, 2003), ou encore qu'un Vincent Ferré dédie tout une partie de son ouvrage au thème de la mort (<i>Tolkien. Sur les rivages de la Terre du Milieu</i>, 2001) pour que certains de ces aspects puissent être mis à jour. La dimension théologique de l'oeuvre de Tolkien est aujourd'hui, me semble-t-il, mieux comprise, et fait l'objet d'autres études de la même veine (par ex. « La chute de Gandalf dans la Moria » in <i>Tolkien, trente ans après</i>, 2004, etc.). <p>J'en ai moi-même humblement commis ce genre de <a href="http://www.jrrvf.com/hisweloke/site3/articles.php?lng=fr&pg=47">tentative</a> dans le passé (2001-2002, article qui aborde d'ailleurs une partie de question de la dualité dont il pourrait être question ici) et je ne despère pas de voir paraître une jour une <i>Feuille de la compagnie</i> n°3 tant attendue, où les fondements religieux de l'<i>ósanwe-kenta</i> sont analysés.<p>Ceci étant dit, en guise d'introduction, pour rappeler combien le chemin a pu être long pour que ces thèmes pourtant si important soient abordés.<p>Mais Tolkien ne mentionne pas explicitement de "théologiens" en Terre du Milieu, non. <p>Tout au plus mentionne-t-il des groupes elfiques et humains qui se posent des questions sur la nature du monde et le sens du divin. Dans la discussion séminale qui oppose Finrod et Andreth, cette dernière se fait l'écho de "l'enseignement des Sages des Hommes". Si ces "Sages" qui professent leur avis (fautif ou non) sur les relations de l'homme au divin, ne sont pas en quelque sorte des "théologiens", je ne sais pas ce qu'ils sont. Si ces mêmes "Sages" qui ont enseigné une désespérante théorie dualiste/manichéenne (je renvois à mon article suscité et aux interrogations d'Andreth, quand bien même Finrod s'y opposerait, sur l'équipotence du Bien et du Mal) ne sont pas en quelque sorte des "théologiens", oui vraiement, que sont-ils?<p>Ce que j'entends dire simplement, c'est que certains des textes qui nous sont présentés, me semble-t-il, font <i>oeuvre de théologie</i>, et cela <i>au sein du monde secondaire</i>.<p>De même d'ailleurs que d'autres textes font <i>oeuvre de mythologie</i> encore <i>au sein du monde secondaire</i>. Pour ces derniers, il arrive que Tolkien nous le dise explicitement ("ceci est une légende / un mythe / une fable des hommes / elfes / rayer les mentions inutiles), mais je pense personnellement que ce n'est pas systématique et que la valeur mythologique d'un texte ne se juge pas uniquement à ce que Tolkien nous en a dit (sur le plan externe) mais aussi à son style narratif et à sa thématique (tous deux pris sur le plan interne). Comme j'ai déjà essayer de le montrer, je pense par exemple que tel est le cas de la confrontation de Finwe, Míriel et Indis, récit dont le fond semble à mon avis davantage s'inspirer du Mythe que de l'Histoire (du monde secondaire toujours). <p>Pour en revenir, sur le même plan, aux textes faisant "oeuvre de théologie", l'Ainulindalë, le Conte d'Adanel, la description du fonctionnement de l'<i>ósanwe</i> appliquée à Eru et aux Valar sont autant d'éléments qui viennent à l'esprit et que les "Sages" elfiques ou humains commentent, qui avec réserve, qui avec interrogation, qui avec foi.<p>Alors oui, le terme est sans doute trop fort -- parce qu'il renvoie à une image du moine théologien médiéval se perdant en discussions scholastiques. Il existe cependant en Terre du Milieu des Hommes comme des Elfes qui ont théorisé la relation au divin avec plus ou moins de bonheur. <p>La simplification consistant à en faire des "théologiens" sans autre forme de précision est peut-être regrettable. Car "Sage" regroupe plus de choses, Pengolodh étant à la foi scribe, linguiste, mythologue ("loremaster"), historien, et aussi, osè-je le penser, un brin théologien...<p>***<p>Mais il convient peut-être aussi de considérer l'encadré p. 73-74 sous un autre oeil :<p><div class="citeAuteur"><B>Kloczko</B> a écrit :<br><div class="citeTexte"><br>Nous pensons que c'est un Elfe proche des Humains qui serait l'auteur de ce texte important [sc. "Des Orques"]. Et pourquoi pas Legolas en personne ?<br></div></div><p>"Legolas, bon Dieu mais c'est bien sûr !" suis-je tenté de me dire en claquant des mains.<p>Ne viendrait-il pas à l'esprit qu'il s'agit là d'une forme de boutade décalée, un trait d'humour à peine déguisé -- Oh, le pas serait alors aisé à franchir que de se demander si cet encadré et ses théologiens dualistes ne relève pas d'une "source" aussi sujette au doute que celles qu'il commente ! Un pied de nez ? Peut-être bien, je doute qu'on puisse en avoir confirmation expresse. <p>Attention, je ne dis pas que ce serait justifié dans ce genre d'ouvrage. Encore faudrait-il savoir de quel ouvrage on parle, mais ça je le garde pour ma conclusion. Il serait en effet temps de conclure et d'en venir à l'essentiel, parce que je commence à trouver tout ceci un brin long !<p>Didier.<p><p>
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