17-02-2009, 22:31
<b>Du droit d'auteur</b><p>J'aime assez la critique de Damien, je dois le dire ici, parce qu'elle est assez raisonnée et somme toute <i>relative</i>. Je ne l'ai mise en exergue, ci-dessus, que parce qu'elle permettait d'aller un peu plus loin sur un point particulier, en interrogeant les motivations qui avaient pu être celles de Kloczko. L'essentiel, je crois, a été démontré par nos échanges respectifs sur le caractère finalement <i>subjectif</i> de nombre des points critiqués et tout <i>relatif</i> de leur présentation. Du "tout blanc / tout noir" parfois formulé, nous arrivons maintenant souvent à des teintes d'un gris plus nuancé - Ainsi en va-t-il par exemple d'Axantur ou des théologiens (où pour ma part je donne volontiers le point à Kloczko) et des catégories animalières (où - au vu de nos échanges - plus de circonspection s'imposerait en effet).<p>Avant de conclure, cependant, il va falloir parler de la critique la plus <i>carnassière</i> et <i>absolue</i> de David, celle ayant trait au droit d'auteur, qui dans sa formulation extrème sous-tend une possible violation. <p>Pour commencer, il faudra rappeler que je ne suis pas juriste -- mais pas plus que ne l'est David. Je veux respecter éminemment le droit d'auteur, qui protège ce dernier, mais aussi le droit de citation par lequel nous autres pouvons nous livrer à commentaires et exégèses en toute liberté. <p>L'accusation est forte -- faut-il rappeler que la seule façon de trancher définitivement ce type de question, c'est d'aller au procès, à supposer :<br>- Que les ayants droit (ici la Tolkien Estate) puisse juger que leur droit d'auteur est ainsi violé, de manière à intenter une telle action,<br>- Et qu'ils puissent, me semble-t-il, faire la preuve d'un préjudice.<p>C'est donc par essence un sujet largement juridique... A tout prendre, à jouer dans la sphère juridique, nous pourrions penser qu'Edouard serait fondé à trouver déplaisant de se faire traiter de délinquant (comme auteur d'un délit présumé, en ne respectant pas <i>a priori</i> le droit d'auteur), et d'y voir une diffamation.<p>Si l'on met à part les polices de caractères dont nous avons déjà discuté plus haut, l'accusation porte sur quatre points :<br>1) L'usage des blasons héraldiques<br>2) La reproduction du <i>Pater Noster</i> en elfique<br>3) La façon dont la <i>Cuivienyarna</i> est exploitée (ou les <i>Laws and Customs</i>, ibidem) <br>4) La reproduction de tables grammaticales (lettre de Richard Plotz etc.)<p>Prenons ces points dans l'ordre.<p>1) Les (reproductions de) blasons s'inscrivent dans un article technique expliquant comment ces blasons sont formés, à quelles règles ils obéissent et proposant dès lors un certain nombre d'hypothèses sur le système sous-jacent (l'auteur ayant rappelé que "nous n'avons aucun texte publié pour le moment qui nous explique quand ce système symbolique est apparu" p. 114). Des rapprochements sont effectués avec d'autres écrits de Tolkien (e.g. les termes goldogrins désignant les maisons de Gondolin) et certains blasons sont des reconstructions de l'auteur.<p>Nous sommes, pour moi, dans l'expression du droit de citation. Faut-il le rappeler, le droit de citation n'exige aucune autorisation (et nombres d'ouvrages traitant de la question déconseillent d'ailleurs d'en demander une quelconque autorisation - c'est un droit acquis par définition, pour de fort bonnes raisons).<p>Sans la reproduction des blasons à des <i>fins d'illustrations</i>, l'article ne se tiendrait pas de la même manière. Pour pouvoir analyser l'héraldique en question, il est pratiquement nécessaire de l'illustrer. Les illustrations de blasons sont ce que la citation de texte serait à toute analyse de ce type. <p>2) Le <i>Pater Noster</i> est le seul exemple, dans l'ouvrage, de texte "complet" en elfique (sindarin et quenya). N'est donnée qu'une seule version (parmi toutes celles que nous avons dans <i>Vinyar Tengwar</i>), dans ce chapitre final sur les langues elfiques. Il paraît utile, afin de pouvoir discuter des langues elfiques et d'en faire une présentation même succinte, d'en donner au moins un exemple concret. Nous somme toujours, pour moi et jusqu'à preuve du contraire, dans l'illustration au titre du droit de citation.<p>3) La <i>Cuivienyarna</i> est paraphrasée et résumée, sans qu'il n'y ait de doute sur son origine (cf. n. 6 p. 14). Cette paraphrase est entrecoupée de commentaires (e.g. l'interprétation de la sexualité, p. 14 ; la discussion sur la couleur de cheveux des elfes, p. 20 ; ou sur le don de télépathie p. 21). Le résumé est utile à des fins de compréhension et d'exposition des thèses de l'auteur (e.g. "nous pensons que..." p. 20) et pour sa remise en contexte global (e.g. p. 22). Si le texte est abondamment exploité, ce n'est pas une reprise complète et cela ne se limite pas non plus à une reformulation sèche. <p>Je suis assez étonné que ce point fasse débat ici. Après tout, personne ne s'étonne que Vincent Ferré "résume" le SdA dans la première moitié de ses <i>Rivages...</i>. Le résumé est utile au propos qui suit. <p>Mais personne ne s'étonne non plus qu'un bon premier tiers, par exemple, du <i>Livre de la Marche</i>, auquel David a d'ailleurs participé, soit constitué presque uniquement d'une paraphrase assemblée de divers textes de Tolkien, et cela sans que la source soit toujours mentionnée (comme ici)... *<i>Tousse et se mouche</i>* Je ne crois pas qu'il soit vraiment utile de poursuivre dans cette voie délicate...<p>4) Jusqu'à preuve du contraire, et n'en déplaise à certains, une table de conjugaison, même d'une langue inventée, ne me paraît pas relever du droit d'auteur. Je suis prêt à en discuter dans un fuseau dédié, s'il le faut vraiment. <p>Bref, je peux me tromper, mais -- en l'état -- ces accusations inconséquentes, voire polémiques à l'extrème, me paraissent par conséquent largement infondées, pour ne pas dire inutilement douteuses et douloureuses par tout ce qu'elles peuvent véhiculer...<p>Didier.

