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Sur les Rivages de la Terre du Milieu
#9
Bonjour,

A lire la « présentation » de Fangorn, je vois que je n’ai pas trop mal réussi l’examen de passage …
Je ne répondrai pas aux compliments ;-) ; ils témoignent de l’intérêt d’un lecteur attentif de Tolkien pour ce travail, ce qui est déjà très gratifiant en soi !

Puisque Sébastien engage la discussion sur divers points, je fais part ici de ma réponse.

Tout d’abord, il s’agit autant d’une « introduction pour le néophyte » que d’« un sol ferme pour les travaux à venir », je pense que Sébastien en conviendra. Le livre essaie de concilier plusieurs niveaux de lecture, et certains lecteurs me disent qu’ils passent allègrement les notes, pour suivre leur lecture dans se soucier d’elles, ce qui me semble très juste !
Que Fangorn et Cédric apprécient leur présence et leur nombre ne me surprend pas, mais ce n’est pas le seul mode de lecture. Les notes ont surtout pour avantage (outre de préciser les références des citations, pour permettre à tout lecteur qui le souhaite de s’y retrouver) de donner les grandes lignes d’articles que je n’ai pas le temps de rédiger, mais dont je laisse au lecteur le soin d’imaginer le développement, s’il le souhaite, à partir de ces indications.

Je suis assez d’accord avec la façon dont Sébastien file la métaphore des rivages… j’ajouterai que, par opposition avec la mer, le rivage est aussi l’endroit où les personnages passent leur vie de Hobbit (ou d’hommes), que c’est – d’une certaine manière – le symbole de la condition mortelle, ce qui est le centre du SdA.

Bon. Je retiendrai surtout la question de fond, à propos du Moyen Age – parce que cela touche à un problème important.
L’entrelacement a manifestement attiré l’attention de Sébastien (et de Cédric), mais pourquoi, dans ce cas, ces réserves (qui restent vagues) à propos d’autres rapprochements avec la littérature médiévale, rapprochements que certains lecteurs regrettent (dans les messages qu’ils me font parvenir) de ne pas voir plus nombreux ?
que puis-je répondre, à des demandes opposées ? ;-) Le livre est suffisamment varié pour que chacun retienne ce qu’il préfère.

Sans référence à la littérature médiévale, on ne peut percevoir cette technique, ni comprendre son sens réel, mais il est vrai que je n’ai pas voulu être pesant, dans les références à la littérature médiévale : si la critique médiéviste m’a servi, tout au long du livre, à « ouvrir » le texte du SdA (ce que la critique tolkienienne existante est souvent impuissante à faire – je ne parle pas des textes plus récents portant sur HoME et le Silmarillion), certaines allusions peuvent, elles, paraître trop rapides – à chacun de creuser s’il en a envie !

« Quelques dérives thématiques vers le Moyen Âge, au cours de l'ouvrage, sont parfois trop systématiques pour être pleinement convaincantes, d'autant plus que l'on ne sait pas, en définitive, à quel concept de Moyen Âge on a affaire : Vincent Ferré reconnaît d'ailleurs plus haut qu'il s'agit parfois d'un "Moyen Âge « mythique »" (p. 90). »
il faudrait que l’on examine les « dérives » auxquelles tu fais allusion… (après l’image de la plage, voici le Vendée Globe) ici, ce n’est pas assez précis pour que je puisse répondre :-(

pour ce qui est de la définition du Moyen Age, il me semble distinguer deux sens : la référence à la critique médiéviste circonscrit un sens strict, tandis que je note la différence, dans certains cas, avec la représentation courante (et déformée) que le lecteur du XXe siècle peut avoir du Moyen Age (dans le cas de l’amour courtois, de tout ce qui ‘fait médiéval’ sans l’être) : c’est ce que Tolkien nomme « Moyen Âge “mythique” », justement.
Tu vois mieux ?

« Il est d'ailleurs piquant de constater que les relevés les plus littéraux ne rapprochent pas le Seigneur des Anneaux des textes médiévaux mais de Shakespeare Reste que, à juste titre, en aucun endroit de son livre, Vincent Ferré ne conclut à une influence démontrée de tel texte médiéval sur Tolkien. »
là, je suis surpris. Beowulf, Sir Gawain, la Bataille de Maldon, ce n’est pas de la littérature médiévale ? et l’emprunt de l’entrelacement vient d’où ? et les rythmes des poèmes, la langue de Théoden ? etc.
je ne donne pas plus d’importance à Shakespeare qu’à ces textes, loin de là, même si cela m’a amusé de dépasser le vieux cliché (« Tolkien n’aimait pas Shakespeare, point final »).
Le Moyen Age, dans ce texte, est présent partout, et pas toujours visible, comme dirait l’autre ;-)) – c’est un livre interactif, quoi !

Je trouve que Fangorn a bien lancé la discussion… allons-y !

vincent

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