Szpako et T.B.,
Combien d'articles de magazines de littérature générale ou de quotidiens à grand tirage français avez-vous lu dans votre vie qui n'assimilent pas Tolkien aux jeux de rôles, à Dongeons et Dragons, ou encore aux adolescents attardés et boutonneux? Moi, je n'en ai jamais lu...il y a deux mois, pas exemple, Thomas Sotinel, l'excellent nouveau critique cinéma du Monde a écrit un article sur la future adaptation cinématographie du SdA, où il assène fièrement cette contre-vérité: "le SdA est un livre pour adolescents."
Tolkien a au sein de l'establishment littéraire français, garant du classicisme littéraire, une réputation déplorable. Il n'est ni lu, ni considéré. Ce n'est donc pas du jour au lendemain que cet état de fait va changer. Alors quand je vois pour la première fois de ma vie un article de deux pages dans Lire, le premier magazine de littérature général en France, qui dit: "Attendez, Tolkien n'est peut-être pas que pour les joueurs de jeu de rôles, lisez-le", je suis prêt à lui pardonner ses incohérences et ses pseudo-analyses, et à l'interpréter comme un signe avant-coureur d'un changement dans l'attitude des intellectuels français face à Tolkien.
Evidemment, que cet article n'est pas une étude sérieuse sur le SdA, je n'ai jamais dit le contraire! Bien sûr, que Didier Sénécal n'a pas lu Carpenter (superbe biographie!) et ne connais ni Edith Bratt, ni les Inklings, ni les circonstances de l'ecriture de la Chute de Gondolin, ni HOME, ni Letters...mais comment lui en vouloir alors que les études sérieuses sur Tolkien en France sont pour l'instant exilées sur le Web et que le bon JRR est encore si raillé par certains?
Sachons donc reconnaitre un article qui (même s'il continue de propager quelques contre-vérités sur le SdA) participe pleinement de ce mouvement de fond tendant à faire découvrir l'oeuvre d'un génie à des lecteurs français encore sceptiques. Je suis prêt à avaler encore quelques couleuvres pour en arriver là. Comme le disait Voltaire, "le mieux est parfois l'ennemi du bien".

