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Les auteurs démiurges
#16
Inachevé pour Kafka vaut surtout pour les romans posthumes (<I>Chateau, Procès, Amérique</I>) qui n'étaient pas destinés à publication(*). Les nouvelles publiées du vivant de l'auteur ont un certain degré de finition et de maîtrise dans l'écriture. Il n'y a pas uniquement une problématique de l'absurde et de l'échec chez Kafka (dont on résume trop souvent l'oeuvre à une critique de la bureaucratie dans la plupart des lectures "simplistes" ou strictement scolaires). Il y a parfois toute une réflexion sur l'Art (<I>Le jeûneur, Joséphine la Cantatrice,</I> etc.), sur la communication (ou l'incommunicabilité;), sur le sens de la vie (dont certains aspects ne sont pas si loins de ceux du <I>Feuille de Niggle</I> de Tolkien, oserai-je avancer;). Et certains passages, moyennant un peu de recul, sont plutôt comiques et positifs (on a souvent tord de considérer Kafka comme un triste sire, en oubliant l'humour certes un peu cynique, mais très joussif, de certaines situations;-).<p>Enfin bref, là n'est pas la question, je ne pense pas non plus que l'on puisse parler "d'auteur démiurge" (pas vraiment de mythologie personnelle, de monde secondaire, etc., même si des thèmes centraux surgissent de l'oeuvre). Reste une oeuvre disparate, souvent obscure, dont les degrés d'interprétation sont très ouverts... Rien que sur <I>Le Procès</I>, on peut discuter longtemps sur ce que signifierait un tel récit, sans en avoir la certitude absolue...<p>Didier.<br>(*) Et encore, j'ai toujours eu tendance à considérer que <I>Le Procès</I> était en quelque sorte achevé - à l'aune d'un l'arpenteur, "rien à y ajouter, rien à y retrancher";-).
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