Thread Rating:
  • 0 Vote(s) - 0 Average
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Étude et Créance Secondaire
#1
[espacement][espacement]

[citation]Un homme peut se considérer comme fortuné d'avoir vagabondé dans ce royaume, mais la richesse et l'étrangeté mêmes de celui-ci tient la langue d'un voyageur qui voudrait les rapporter. Et tandis qu'il s'y trouve, il est dangereux pour lui de poser trop de questions, de crainte que les portes ne se ferment et que les clefs soient perdues.[/citation]

[séparation]

... Ayant revêtu mon armure de mailles elfiques, et ceint mon Etoile de Faërie, je me propose de me faire ici le porte-parole des Elfes, des Etoilés de Wootton Major, et bien entendu du professeur JRR Tolkien, en matière de Contes de Fées. Les citations sont extraites de On fairy Stories ("des Contes de Fées"), un essai paru entre autre dans The monsters & the critics, que je recommande avant tout autre pour étudier les contes et mythologies :)

« Je ne pense pas que l'on puisse comprendre une oeuvre sans comprendre la personnalité de son auteur. » ai-je entendu :) (désolé d'emprunter encore le même souffre-douleur ;)) : Bien sûr que si ; sinon l'auteur a mal fait son travail. Ou bien, ailleurs, l'on tente d'expliquer comment l'Oeuvre produite est chrétienne, voire religieuse (pourquoi pas je suis d'accord) ... à partir des éléments biographiques de son auteur (là : argll ...). Même principe avec une explication psychocritique ;) ou une mise relation avec les contes nordiques.

[citation]Mais si un auteur éveillé vous dit que son histoire n'est qu'une chose imaginée dans son sommeil, il trompe délibérément le désir fondamental qui est au coeur de la Faërie : la réalisation, indépendante de l'esprit qui conçoit, de la merveille imaginée. [...] Il est en tout cas essentiel pour un conte de fées authentique, comme étant distinct de l'emploi de cette forme pour des desseins secondaires ou avilis, d'être présentés comme « vrai ».

On peut lire que Beowulf « n'est qu'une version de Dat Erdmäneken » [normal][un regard externiste parmi d'autres][/normal] [...]. Des assertions de cet ordre peuvent exprimer (en une abréviation un peu indue) une certaine part de vérité ; mais elles ne sont pas vraies en art ou en littérature. Ce sont précisément la coloration, l'atmosphère, les détails individuels inclassables d'une histoire et surtout l'ossature non disséquée de l'argument qui comptent réellement.[/citation]

La dissection ... Bien sûr, les références externes ont leur place. Mais dirigées dans un certain sens : il est très pertinent de dire que tel ou tel élément de l'Oeuvre évoque quelque chose de chrétien/psychologique/nordique ... ; n'est-il pas en revanche terriblement désenchanteur de cheminer dans le sens contraire et de dire que tel ou tel élément de l'Oeuvre est la résultante de tel aspect de la vie de l'auteur (ça n'est pas moins vrai, cela aura "sa part de vérité", mais c'est désenchanteur, susceptible de malmener la magie produite par le conte).

[citation]De même pour les contes de fées, je trouve qu'il est plus intéressant et aussi plus difficile en quelque sorte de considérer ce qu'ils sont, ce qu'ils sont devenus pour nous et quelles valeurs ont produit en eux les longs processus alchimiques du temps. Je dirais selon les mots de Dasent : « Nous devons nous contenter de la soupe qui est posé devant nous et ne pas désirer voir les os du boeuf qui ont servi à sa confection ».[/citation]

Le pire je crois survient lorsqu'on illustre son propos [externiste] par un exemple précis qui doit mettre à jour l'origine externe de tel élément de l'Oeuvre. On recherche "indûment" les morceaux composants dans le Chaudron aux Contes, ce qui, à mon avis, ne peut manquer de produire ce qui suit :

[citation][le conteur] fabrique un Monde Secondaire dans lequel l'esprit peut entrer. A l'intérieur, ce qu'il relate est «vrai» : cela s'accorde avec les lois de ce monde. L'on y croit donc tant que l'on se trouve, pour ainsi dire, dedans. Dès qu'intervient l'incrédulité, le charme est rompu ; la magie, ou plutôt l'art a échoué. On est alors ressorti dans le Monde Primaire, et l'on regarde du dehors le petit Monde Secondaire avorté.[/citation]

C'est pourquoi, à mon sens, il est bon de se garder de disséquer l'ossature d'une oeuvre pour l'étudier si l'on veut (et ceux qui nous écoutent / nous lisent) encore pouvoir y voyager. Comme le dit Tolkien, cela est plus important et plus difficile.

JRR Tolkien lui-même n'a-t-il pas poussé le jeu au point d'écrire dans le prologue de la première édition du SdA qu'il avait trouvé et écrit ces récits à partir du Livre Rouge ? Et même dans ses Lettres ou sa biographie, on voit comment il se place lui-même dans la Terre-du-milieu pour en parler.

Surtout qu'il est possible, j'en suis certain, de parvenir aux buts recherchés à partir de l'observation profonde du conte [étude et non dissection], comme un joyau elfique dont on cherche à comprendre la beauté et la lumière, sans le briser pour regarder comment il a été fait.

Cela bien entendu ne vaut que pour l'étude de l'Oeuvre. Une analyse externe devient justifiée pour étudier l'Auteur. Ce qui en l'occurrence mérite le détour, JRR Tolkien était très intéressant par lui-même.

Yyr Tolkiendil
Reply


Messages In This Thread

Forum Jump:


Users browsing this thread: 1 Guest(s)