Thread Rating:
  • 0 Vote(s) - 0 Average
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Étude et Créance Secondaire
#3
Je suis de ceux qui apprécient l'approche externiste, et je ne crois pas qu'elle désenchante un texte ou rompe la créance secondaire. Ceci pour la raison fondamentale que le pouvoir des grands textes fait que même celui qui a étudié un auteur, ou connait ses raisons, en vient toujours en lisant à oublier ce qu'il sait ou croit savoir. La force de la créance secondaire ne s'en trouve pas amoindrie. Et quand bien même on prendrait le cas improbable d'un chercheur lisant un texte en ayant à l'esprit tout ce qu'il en sait sur un plan externe, que ce ne serait qu'une autre manière de l'apprécier, de le redécouvrir et de le réenchanter pas une connaissance nouvelle et une sensibilité affinée.

Il y a plusieurs façons d'aimer un auteur; elles sont toutes légitimes. Elles correspondent à la sensibilité de chaque lecteur, et ne peuvent donc être hiérarchisées car cela reviendrait à hiérarchiser ces sensibilités.

Enfin, je ne crois pas que ce débat soit celui que Tolkien a eu avec les critiques de Beowulf. Dans The Monsters and the Critics, Tolkien reprochait aux critiques de nier toute valeur artistique à Beowulf et de l'approcher comme un simple document historique ou archéologique. C'est ceci qu'il dénonçait en leur reprochant de disséquer le texte sans en voir sa beauté. Nous sommes ici dans une hypothèse toute différente: l'approche externiste vis-à-vis de Tolkien consiste à interroger un texte très précisément parce qu'il regorge de ces beautés dont on voudrait connaitre l'origine. :)

Reply


Messages In This Thread

Forum Jump:


Users browsing this thread: 1 Guest(s)