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Étude et Créance Secondaire
#12
Semprini Wrote:[...]

Dans tes deux premiers paragraphes, nous sommes d'accord. Je me permets d'en nuancer (pour moi) les derniers propos :

Quote:En outre, se défier d'une approche, c'est se défier d'un moyen formidable d'élucider des points que l'autre approche n'a pu éclaircir.

Certes, mais quel que soit l'intérêt procuré par ledit moyen, le fait est que la question demeure par rapport à Créance Secondaire. Par ailleurs, je ne suis pas sûr que ce moyen soit incontournable pour réaliser notre désir [small](& ce dont je suis sûr c'est qu'il n'importe pas que le moyen soit formidable, mais d'abord qu'il soit juste ; mais il n'y a pas de souci à ce niveau j'imagine ;) ...)[/small]. Mieux comprendre un conte (ou une personne) en brisant son mystère m'attriste. Certains contes ne posent pas ce genre de souci, et je ne lis pas Leaf by Nigle sous le même rapport que d'autres par exemple ; il n'a pas été créé disons dans le même but, ce but comme le rappelle Sosryko de présenter un monde clos qui se suffit à lui-même. Mais j'ai tendance à croire que des oeuvres comme le SdA ont été créés comme on donne naissance à un enfant, à une amitié, etc... Un psychologue, un psychanalyste, peuvent chercher à comprendre le fonctionnement d'une personne ou d'une relation, et y parvenir respectueusement, sans briser sa part de mystère. Mais ce n'est pas toujours le cas ; la façon de faire de certains (ou leurs cours) sont d'un désenchantement pour la vie ... [small](*)[/small] Il en va de même pour des oeuvres nées d'amour.

Quote:Je ne crois pas que cela aille à l'encontre de ce que voulait Tolkien qui, je continue de le penser, ne condamnait que la dissection d'un texte faite sans en reconnaître la beauté.

Je ne peux prétendre savoir ce que voulait Tolkien et en tout cas il est vrai qu'il n'a pas explicitement condamné les excès externistes. Je me permets néanmoins de redonner ces lignes :

[citation]Ce sont précisément la coloration, l'atmosphère, les détails individuels inclassables d'une histoire et surtout l'ossature non disséquée de l'argument qui comptent réellement.[...] De même pour les contes de fées, je trouve qu'il est plus intéressant et aussi plus difficile en quelque sorte de considérer ce qu'ils sont, ce qu'ils sont devenus pour nous et quelles valeurs ont produit en eux les longs processus alchimiques du temps. Je dirais selon les mots de Dasent : « Nous devons nous contenter de la soupe qui est posé devant nous et ne pas désirer voir les os du boeuf qui ont servi à sa confection ».[/citation]

C'est de l'implicite assez explicite non ? :)

Mais ce n'est pas parce qu'une position serait [small](**)[/small] de Tolkien qu'elle ne peut être critiquée :)

Pour ton troisième paragraphe, j'avais bien saisi tes explications précédentes ;) et c'est ce qui nous amène à dire tous les deux que "c'est le lecteur qui fixe pour lui-même le point où se rompt la créance secondaire". Mais cela ne dépend pas de sa seule volonté :) et mon témoignage te parlerait de films dont la connaissance des trucages & effets spéciaux ont gâché dans de grandes largeur mon enchantement.

Yyr

_______________________________

(*) Cathy, chère Cathy :) si je parle là de psycho je te prie de croire qu'il n'y a aucune allusion au sujet de la psychocritique :) :) :) il se trouve simplement que j'ai quelques (petites) connaissances et expériences en le domaine.

(**) Ne pouvant en discuter avec lui je m'en tiens au conditionnel ... mais de toute l'oeuvre de JRR Tolkien, la question de la Créance secondaire est mon sujet préféré, bien étudié, au travers des moindres remarques de l'auteur ça et là, et je me suis appliqué à bien comprendre son idée sur le sujet ;)

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