Vincent Ferré dans son étude (« Sur les rivages de la Terre du Milieu ») abordait cette question du genre littéraire. Voici ce qu’il écrit :
« Il apparaît donc clairement que ce récit peut être rapproché de la définition que donne Manlove de la « Fantasy » dans le livre qu’il consacre partiellement à Tolkien : relève de ce genre une fiction liée à la merveille (« wonder ») et qui contient des créatures, des objets, voire un monde, surnaturels ou « impossibles » et « irréductibles » ; qui deviennent toutefois familiers au lecteur et aux personnages. » (p.87)
Plus haut, Vincent distingue deux sous-genres dans la Fantasy : la Science-Fiction et l’Heroïc Fantasy qui « présente une apparence « médiévale » » et qui se rapproche déjà plus de l’univers de Tolkien.
Plus loin il nous éclaire sur la façon dont Tolkien concevait son œuvre :
« C’est justement comme un « conte » (« tale »), une « histoire » (« story »), que Tolkien désigne son récit, mais également, quoique moins fréquemment, comme une « épopée » ou un « romance », en employant le terme qui, par opposition à « novel », s’applique à des textes qui ne cherchent pas à décrire la société contemporaine ni à adopter une perspective réaliste, mais où l’amour et les faits d’armes (quêtes, combats) occupent une place centrale… » (p.87-88)
Résultat des courses, l’œuvre de Tolkien si complexe est à la croisée des genres. Cela dit, je comprends tes réserves, Galarwen, car sous le terme de Fantasy, on range nombre d’ouvrages qui ne sont pas de la même trempe que celui de Tolkien, cela va sans dire…

