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Pourquoi tant d'indifférence?
#25
Vinyamar :
Eh loki ? Tu changes de nom ?? :-)
Non, non Hem… Comment dire… Je ne retrouvais plus ce foutu mot de passe qui m’a toujours posé des problèmes… Alors j’ai créé un nouveau compte. Et puis je me suis souvenu avoir changé de mdp la dernière fois que j’étais passé, afin de m’en souvenir plus facilement…
Sans commentaire ;D

Nikita :
Je ne suis pas sûre qu’on puisse vraiment comparer la postérité de ces auteurs si différents (à l’exception peut-être de Giono mais personnellement je ne le situe pas au même niveau que Tolkien !) étant donné que les moyens de diffusion ont bien évolué depuis un siècle… L’accès aux littératures étrangères est devenu plus facile de nos jours…
En fait, je n’ai que partiellement choisi ces auteurs au hasard. Comme tu le sais, Victor Hugo a passé une partie de sa vie en exil dans les îles anglo-normandes, ce qui pouvait le rendre plus « proche » pour d’éventuels lecteurs anglais. Il est aussi une figure très marquée du romantisme, et j’ai toujours eu l’impression qu’il y avait une part de romantisme dans les œuvres de Tolkien. Enfin, il a écrit le poème « La Fée et la Péri » ;p
Jules vernes… Ah Jules Vernes. Celui que l’on nomme « père de la Science Fiction » mais qui écrivit aussi un texte beaucoup plus fantastique : « Le château des Carpates » ;p Outre ses ouvrages, Vernes a été un véritable european-trotter. Là encore, on pourrait penser que ces voyages en pays étrangers auraient pu l’y faire connaître, palliant ainsi des moyens de diffusion dont Tolkien aurait pu bénéficier.
Quant à Giono, outre le fait que j’apprécie cet auteur (pour le peu que j’en ai lu ;p), il a lui aussi un lien assez fort avec un pays étranger (l’Italie bien sûr). Il y a une certaine « fantasy » dans ses romans, des références aux mythes, aux mythologies et aux légendes à peine voilées, et il partage avec Tolkien certaines idées sur la nature, le machinisme… A noter que ces idées, déjà parues dans ses écrits d’avant-guerre, lui valurent une arrestation à la libération, une incarcération de quelques mois (si je me souviens bien) puis un ostracisme certain. En effet, elles étaient considérées comme trop proches des idéaux « vichystes » ! Quand on connaît ses idées politiques, ce genre de jugement laisse rêveur.

Quoi qu’il en soit, pour se faire connaître, ces auteurs avaient d’autres avantages sur Tolkien que les moyens de diffusion modernes. De plus, au 19ème et début 20ème (pour Hugo et Vernes par exemple), les auteurs reconnus (ou moins reconnus d’ailleurs) contribuaient beaucoup à faire connaître leurs homologues étrangers, il me semble. Et d’une façon plus sûr qu’aucun média actuel. Je pense notamment à la renommée en France d’E. A. Poe qui doit beaucoup aux traductions de Baudelaire et aux essais d’auteurs français comme J. Vernes justement.

Au final, j’ai l’impression que la postérité, la reconnaissance du « génie » (si génie il y a) n’obéissent pas à des règles clairement définies ou à un ensemble de concours de circonstances logiques et connus. Sinon, il serait facile de devenir un « classique » et cela serait enseigné de façon très docte en université, ne penses-tu pas ? ;)
Et n’y-a-t il pas plusieurs façons d’entrer au panthéon des écrivains marquants (pour ne pas dire « classiques » ou « géniaux ») ? Par la petite porte, celle des élites intellectuelles qui tentent de faire connaître et partager (mais pas toujours avec succès ;p) des goûts qu’ils estiment surs. Ou par la grand porte, celle du succès, de l’affection et de l’intérêt du « grand publique ». Et si un jour Tolkien devais faire partie de ce panthéon, je préférerais qu’il y pénètre par la grande porte. D’ailleurs, je ne pense pas qu’il soit si loin d’y arriver ;)

Loki :
(pseudo diatribe sur les « fanatiques du maître »)
J’espère que tu excuseras cette petite envolée qui était en fait, au moins pour moitié, de l’autodérision. Et surtout une façon de me calmer après la lecture de ce que je considère comme un tissu d’inepties sur un autre fuseau (celui concernant les Jeux de Rôle) et sur lequel j’ai préféré ne pas intervenir ;> On n’est jamais aussi bien servit que par soi-même.
L’autre moitié essayait de faire passer l’idée qu’on peut apprécier un auteur/chanteur/acteur/autre, le trouver génial avec la meilleure bonne foi possible, sans que ce sentiment soit partagé par la majorité, le grand publique, les élites concernées. Bien sur, on a alors l’impression d’une grande injustice. Tu sais ce qu’on dit : les goûts et les couleurs…

Nikita et Vinyamar :
(Tolkien subirait le même mépris que les autres auteurs de Fantasy)
Peut être… Je n’en suis pas convaincu. Condamne-t-on tous les œuvres d’un genre parce que la majorité de celles qui le composent sont mauvaises ? Dans le domaine du cinéma par exemple, condamne-t-on Gladiator ou Ben-hur parce qu’ils s’apparentent aux péplums ? Le 19ème siècle français a été très prolifique en matière de pseudo-romanciers. Beaucoup étaient mauvais et sont maintenant oubliés. Condamne-t-on pour autant quelqu’un comme Flaubert ?
A l’inverse, Lord Dunsany était un authentique auteur de Fantasy, et ce bien avant la vague dont tu parles Vinyamar. Qui le connaît ? Et parmi ceux qui le connaissent, combien ne se sont pas limités à la Fille du Roi des Elfes, lisant ses autres romans, ses pièces de théâtre et ses poèmes ?
Là encore, je ne suis pas sûr qu’il y ait des mécanismes bien rodés qui expliqueraient la renommée d’untel et l’indifférence pour d’autres.
Au passage Vinyamar, je trouve ta « condamnation » des auteurs de Fantasy d’après « la grande vague » bien sévère. Par contre, je partage ton idée sur la dictature des courants de pensées... Malheureusement… L’anecdote concernant Giono et le « Vichysme » l’illustre si besoin était.

Ouf ! Je bavarde, je bavarde… Tout cela va finir par devenir indigeste, pour peu que ça ne le soit pas depuis longtemps :D

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