Thread Rating:
  • 0 Vote(s) - 0 Average
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Imaginaire médiéval et mythologique dans l’œuvre de Tolkien - Vos Commentaires
#12
Waouw !
Je t'ai promis un commentaire "pas trop bête". J'espère que ce sera le cas ...

je suis loin d'être une spécialiste de la littérature médiévale. J'aime bien en lire quand j'en ai l'occasion.

Au sujet de la modernité, les récits de Tolkien ont un fond ( les valeurs qui s'y trouvent ) et une forme ( mi chanson de Geste, mi conte de fée ) qui vont à l'encontre des écrivains de son époque. Le XX eme siecle est, c'est vrai, avant tout un siècle d'introspection, et Tolkien ne se livre pas à l'introspection de ses personnages . Est-ce que je me trompe si je crois qu'il pense que les pensées restent stériles si les actes ne suivent pas ?

Les Elfes chez Tolkien : celà m'ennerve souvent lorsque je lis ou j'entends des commentaires visant à faire des Elfes des êtres parfaits, incorruptibles, infaillibles et éthérés. Ils ne sont rien de tous celà. Ils sont certes supérieurs aux humains en bien des choses. Mais ils sont, je dirais, charnels. Ce ne sont pas des êtres "de magie", seulement, comme tu le dis, les habitants "d'un autre monde".

Une remarque sur l'Amour chez Tolkien : le seul amour qui devrait être impossible est un amour qui, malheureusement, a une conclusion charnelle, c'est celui de Turin et Nienor - il y a énormément à dire sur Turin, voir plus bas.
Aragorn/Eowyn : évidemment qu'il y a du désir chez Aragorn ( et pas un peu, je crois ). Mais il est juste évoqué, comme son amour pour Arwen, parce que celà correspond au personnage. Aragorn n'est pas quelqu'un qui extériorise ses sentiments (sauf à la mort de Boromir, mais je ne le trouve pas vraiment, à ce moment là, dans son état normal ). Il est réservé, et je dirais qu'à ce sujet "la forme correspond au fonds ".

Je reviens sur Turin, sa malédiction et sa tragédie, et la mort qu'il traîne partout derrière lui. Tu as parlé dans ton article de la légende de Guillaume d'Orange. Turin, dans sa façon de provoquer le danger ressemble à beaucoup de points de vue au Vivien de cette légende, qui par sa témérité -et une cruauté bien plus grande que celle de Turin - provoque la mort de beaucoup des siens. Mais ce qui est condamné chez Tolkien ne l'est pas du tout dans la Geste médiévale, dans laquelle Vivien finit par "dormir avec les anges". Turin, lui, a le destin le plus tragique qui soit et se condamne lui-même devant Eru. Mais je crois que c'est à cause de son suicide et non de sa témérité.

Bon. Je n'ai peut-être pas été très claire, je n'en sais rien. Il y a tant à dire... Et pas mal de fuseaux à ouvrir en perspective.

Michèle

PS : J'aimerais trouver le poème de Tolkien sur Arthur. Il semble correspondre à ma façon de voir Guenièvre...

Reply


Messages In This Thread

Forum Jump:


Users browsing this thread: