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Imaginaire médiéval et mythologique dans l’œuvre de Tolkien - Vos Commentaires
#26
Pour la première question, il me semble évident que Tolkien ne croit pasque le rôle de la littérature soit de précher - sa phrase est explicite. Il peut y avoir une forme de morale (et il y en a une dans le SdA) mais le but principal doit rester l' art de la narration.

Malgré l'admiration de Tolkien pour Dante (il fut membre d'un club de lecteurs de Dante à Oxford), il écrit qu'on trouve parfois une certaine "pettyness" chez ce grand écrivain - et c'est (à mon avis) pour cette tendance à poser l'écrivain en instructeur qui ne doute pas de l'universalité de sa morale utilise l'allegorie à des fins didactiques - délaissant ainsi l'art narratif au second.

Un écrivain n'est pas un théologue et si son propos peut tenter d'insufler quelques unes de ses valeurs, c'est d'abord dans un soucis de divertissement. Car un oeuvre de d'art ne peut pas être ennuyeuse ou simplement dogmatique sans quoi elle se nie elle-même.


2. Je ne veux pas dire par ces propos qu'il y ait une dérive sataniste arthurienne,mais plutôt que l'aspect païen de la morale troubadoresque, par exemple, était malperçu par une frange de clercs. On considérait ainsi que les chansons de dévotion à une dame avaient quelquechose de trop religieux pour un être charnel, issu de la chute et d'ailleurs la fin de l'ère des troubadours verra peu à peu mourir la "canso" et les "sirventes" originaux au profit de chanson à la vierge.

De même, il existe dans la littérature arthurienne une frange qui s'est écrit en réaction à la cohéxistence sans heurts d'un fonds païen et chrétien dans des oeuvres comme le Conte du graal. La notion de courtoisie est dangereuse à apréhender, d'un point de vue trop chrétien car elle n'est ni franchement "vertu" ni nécéssairement "libertinage éhonté", seulement elle se définit différemment suivant le lieu, la période, le rapport de l'auteur au christianisme. La vision commune de la courtoisie est une création des écrivains romantiques du XIXième qui choisirent d'y voir cequ'ils avaient envie d'y voir. C'est un long problème que ce sujet sur lequel débattirent de nombreux érudits !


3. Les ouvrages de Robert de Boron christianisent ou "satanise" systématiquement les personnages : son Merlin est maléfique, c'est un personnage sans véritable libre-arbitre dans la mesure où l'auteur, une fois encore à choisi l'approche didactique. Si Chrétien de Troyes est un bien meilleur écrivain c'est aussi parce que son propos est beaucoup plus littéraire, beaucoup plus concerné par la beauté du texte que par son intention d'apprendre.

La préface d' Albert Beguin à son édition de l'oeuvre cistercienne "La quête du Graal" (seuil/ Point sagesse) définit bien la différence d'approche entre Chrétien de Troyes (et d'autres, bien-sûr il n'est pas seul) et cette réecriture plus allégorique de son oeuvre inachevée.


4. Pour cette question,je crois qu'il y a sur JRRVF un résumé de l'ouvrage de Flieger "The Splintered Light" qui développe le rapport des elfes à la lumière. Sinon, il y en a un dans la feuille de la compagnie.

à suivre...

Cirdan (qui, désolé, doit absolument partir...)

PS: eh oui, il y a des fautesde frappes, mais je doit t'avouer que je suis un très médiocre relecteur - j'en ai enlevé beaucoup (maïvement je croyais d'abord avoir tout relevé !) mais certaines restent malgré mes efforts (et ceux d'autres, d'ailleurs).

Pour Chrysophilax, c'est le dragon du conte de "Farmer giles of Ham". Je te conseille vivement de lire ce conte aux multiples clins d'oeil à la littérature et l'histoire de l'Angleterre médiévale (de Beowulf à la Historia regum Britaniae de Geofrey of Montmouth)

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