Ylem, mon avis sur St Augustin diverge quelque peu du tien: pour moi Tolkien ne s'inspir pas seulement de ce Docteur de l'Eglise Catholique, mais aussi de St Thomas (autre grand Docteur qui fonde tte la réflexion théologique de l'Eglise Catholique). Le thème de la grâce n'est bien sur pas seulement propre aux protestants: en fait protestants et catholiques ont une vision différente de la grâce. En fait chez St Augustin ces deux visions peuvent se retrouver, mais en fait cela est du à la vie de St Augustin avant sa conversion: il ne doit celle-ci qu'à la grâce de Dieu...cela ne veut pas dire qu'il n'y ait pas de mérites de l'homme qui fasse qu'il ait reçu cette grace. Si je ne me trompe les protestants pensent que la grâce est totalement gratuite exempte de tout mérite humain, c'est vrai d'une certaine façon. Si l'homme pécheur ne mérite pas la grâce divine par ses actes (il est pécheur ne l'oublions pas ), quelqu'un qui est en état de grâce peu la mériter pour lui. Il y a donc un optimisme. En fait le pessimisme qui peut exister chez les protestants vient du fait qu'ils ont l'impression qu'il ne peuvent rien pour se sauver, mais que leur salut vient d'un don totalement gratuit de Dieu. Pour un catholique c'est légèrement différent: la grâce peut être obtenue...par procuration. Si tu as lu les Confessions (cve dont je ne doute pas ) tu verra que la mère de St Augustin, Ste Monique (famille de saints, ,sainte famille...) prie et pleure pour la conversion de son fils. L'évêque de Carthage lui avait alors affirmé que le fils de tant de pleurs ne pouvait être damné. De plus le Christ obtient la grâce divine à notre place par ses mérites divins: comment? Il est homme parfait et Dieu parfait, ses mérites divins nous sont alors en quelque sorte prêtés...et nous voilà sauvés: nous pouvons par nos actes obtenir la sainteté de vie. Ensuite l'homme reste enclin au péché: d'où le sacrement de Confession par lequel l'homme recouvre par une démarche de contrition la grâce divine: mais c encore Dieu qui donne sa grâce sanctifiante: pour une véritable contrition il faut une grâce particulière qui est donnée aux hommes par le sacrfice du Christ. Pour en revenir à Frodon (enfin!): il ne doit la destruction de l'Anneau qu'à un heureux hasard il est vrai, ce ne veut pas dire que l'Homme soit condamné à ne devoir son salut que de la seule grâce divine: le don de Frodo préfigure le sacrfice du Christ en quelque sorte. Mais Frodo n'est pas Dieu, d'où l'intervention de la grâce divine. Il est de nature pécheresse comme tous les hommes. Et en fait c l'idée que les membres du peuple juif ne pouvaient accéder à la vision béatifique qu'après le sacrifice du Christ d'ou là descente aux enfers. Rien ne peut réussir chez les hommes avant le sacrfice du Christ, que ce ne soit par l'intervention de la grâce divine.
Tolkien n'est aucunement pessimiste en témoigne ce passage de faërie: "la consolation des contes de fées, la joie de la fin heureuse, ou plus correctement de la bonne catastrophe, le soudain tournant joyeux...cette joie peut produire supremement bien" Tolkie dit qu'elle vient d'une "grace soudaine et miraculeuse": le conte de fée est intrinsèquement joyeux. Quand on lit un conte on doit le lire dans la perspective d'une fin heureuse, et si celle ci n'intervient pas soit c un mauvais conte de fées soit il n'est pas fini.
Cette grâce est inséparable de l'Espérance elle même indétachable de la vertu de foi: il faut croire que la grâce va intervenir, et la grâce et déjà présente. La foi est aussi un don divin, une grâce. Pour Tolkien l'Histoire de l'Homme est entièrement informée par le don du Christ: il est la fin heureuse du conte de l'Humanité. A partir de ce don, à partir de sa Résurrection glorieuse les apôtres seront des plus joyeux (cf les actes des apôtres ch 1: "ils sont pleins de vin doux".)
Je ne peux pas m'imaginer Tolkien pessimiste, au contraire. D'ailleurs il fauit ajouter que la grâce n'intervient qu'après le don de frodo: il s'offre à Rivendell pour une mission dont il pense qu'il ne reviendra pas. De plus il est tjs fait référence à l'espérance dans les moments difficiles, tjs les personnages ont les yeux "tournés vers le ciel". En fait la grâce n'intervient qu'en réponse au don généreux d'un homme. Avant le sacrifice du Christ certains hommes obtiennent une certaine forme de grâce: ce sont les Justes, qui obtiennent après la mort du Christ la vision bétatifique.
Récapitulons: l'homme ne doit son salut qu'à la grâce divine, MAIS, depuis le sacrifice du Christ, les Chrétiens débarrassés du péché originel par le baptême, peuvent par leurs actes bon, leurs actes de miséricorde, obtenir la sainteté. Cela n'exclue pas l'intervention de la grâce divine pour aider l'homme dans son chemin de sanctification, ou "pour le remettre dans le droit chemin". Le Christ a en quelque sorte "payé le tribut" à notre place. En fait il y a mérite de l'Homme seulement dans le sens où il a répondu de façon positive (à l'exemple du Christ) à l'appel de la grâce.
Voilà, j'espère qu'il n'y a pas trop d'hérésie dans ce que j'ai dit là...
Cynewulf dit Eärendilion
ps: pardon pour ce message long et rébarbatif...

