elle propose une analyse "grammaticale" du poème, extrêmement contestable. 1/1/1 = 3 pour elle, alors que la syntaxe montre que 1 = 1 = 1 (il est trois fois question du même Anneau)
et alors qu'il faudrait essayer de convaincre le lecteur, elle ne fournit que cette "preuve" pour avancer la thèse centrale de son livre... I Smadja, c'est très frappant, aime bien les "comme si", formule qui permet d'avancer une idée sans la démontrer, et de faire comme si elle l'avait été.
je ne vois aucune démonstration dans ces pages, que j'ai lues de près, mais une simple séries d'assertions, totalement discutables.
quant à la citation de Nerval, j'étais atterré : que "dark" (= ténébreux) déclenche le réflexe de citer "Je suis le Ténébreux...". quel sens cela peut-il avoir ? chaque individu a son passé de lecteur, mais pourquoi citer un poète français du XIXe à propos d'un écrivain anglais du XXe ? Bonnal fait exactement la même chose, et je trouve cela inopérant dans les deux cas.
de la même manière, les "demeures de pierre" des Nains évoquent pour elle des tombeaux (p. 24). pourquoi ? elle ne le justifie pas ; sans doute ne connaît elle rien du rapport entre les Nains et la pierre. le rapprochement "demeures de pierre"/tombeau se justifie dans le cas de la Moria, mais pas _en général_ pour parler de _tous_ les Nains.
maintenant, une question : si ce poème introduit au SdA, il doit être étudié en rapport avec le SdA (logique, non ?). pourquoi le détache-t-elle de son contexte, sinon pour lui faire dire n'importe quoi ? vouloire faire croire que les Elfes et Sauron sont du même côté, sans avoir lu _Le Silmarillion_...
Semprini a parlé du contenu ; mais, d'un point de vue méthodologique, le livre d'I. Smadja est _extrêmement_ contestable.
Vincent

