> Je n'ai pas vu ce qui permet d'a[f]firmer que gram[m]aticalement 1= 1 = 1 (il est trois fois question du même Anneau) et non 1/1/1 = 3.
Je veux dire comment l'ambiguite potentiel[le] est levee par l'analyse syntaxique.
>One Ring to rule them all, One ring to find them,
One ring to bring them all and in the darkness bind them,
Elle n'est pas formellement levée, et dans ce genre de cas, c'est essentiellement le contexte qui permet de déterminer le sens approprié, lequel devient assez vite évident quand on poursuit la lecture. De façon moins évidente, l'idée de l'unicité de l'anneau est certainement renforcée par la construction effectivement incantatoire du poème : observer le très fort parallélisme des deux vers cités ci-dessus.
> Encore une fois, l'hypothese de Smadja est que le charme opere par le SdA tient en partie a la poesie qui emane de ce seul poeme. Je me repete mais c'est en effet ce que le lecteur decouvre en premier a chaque fois qu'il ouvre un des tomes. Par ailleurs, encore, l'hypothese de Smadja est que les images induites implicitement et inconsciament par le poeme sont en contradiction avec le texte (et que cela est une des causes de la fascination du lecteur).
Que le poème des anneaux ne soit pas pour rien dans le charme du SdA ? Certes oui ; ce n'est d'ailleurs certainement pas pour rien qu'il est placé ainsi en exergue. Que cette fascination tienne à une contradiction hypothétique dans la formulation ? Pour le moins tiré par les cheveux, à mon avis. Contrairement à ce qu'affirme I. Smadja, une lecture avec trois anneaux distincts n'est pas plus "logique" que celle qui n'en voit qu'un, et se révèle rapidement fausse. Il s'en faut d'ailleurs que son l'interprétation "3 anneaux" coule de source : honnêtement, elle ne m'était jamais venue à l'esprit avant que je n'ouvre son bouquin.
Plus fondamentalement, je crois que ce cas est une belle illustration d'un des vices de son essai : plus d'une fois, elle se livre à une analyse d'un passage en le séparant complètement de son contexte, à partir de quoi il est facile de le perdre de vue dans des considérations sans pertinence et, pour être plus tranchant, de lui faire dire ce que l'on veut en racontant n'importe quoi.
Tout n'est pas à jeter chez Smadja, mais il faut vraiment beaucoup émonder.
Moraldandil

