"Bien me plaît le gai temps de Pâques qui fait
Feuilles et fleurs venir et me plaît d'ouïr la joie
Des oiseaux qui font retentir leurs chants par le bocage.
belle m'est aussi la presse des boucliers
Aux couleurs de vermeil et d'azur,
D'enseignes et de gonfanons
De diverses couleurs tous;
Tentes, abris, riches pavillons dresser
Les lances briser, les écus trouer et fendre
Les heaumes brunis, des coups donner et recevoir
Et j'ai grande allégresse
Quand je vois en campagne rangés
Chevaliers et chevaux armés.
...
Je vous le dis: rien n'a pour moi saveur
Ni manger, boire ou dormir
Autant que d'entendre crier "en avant!"
Des deux côtés et d'entendre hennir
les chevaux démontés en forêt,
et crier "à l'aide, à l'aide!"
et voir tomber dans les fossés
grands et petis dans la prairie
et voir les morts avec, dans le côté,
Tronçons de lance et leurs fanions..."
Legolas et Gimli au Gouffre, Aragorn et Eomer se retrouvant dans les champs du Pelennor, ne me semblent pas trsè éloignés de ces chevaliers pour qui la guerre est un mode de vie, un élément culturel. Tolkien reprend, dans tous les passages où un personnage montre sa passion pour le combat, son admiration pour la force et le courage physique, des thématiques classiques, qui ne font pas pour autant de son livre une invitation à la violence et à la guerre d'ailleurs. Au bout du compte, ses héros semblent bien plus heureux "d'ouïr la joie des oiseaux qui font retentir leurs chants par le bocage" que de trucider les orcs.

