Ah oui, mais le 3e message est différent !! :-))) Est-ce une ruse ? :-)
"On commence à écrire quand on découvre les métaphores"
Vous venez de m'en donner une merveilleuse leçon, et je vois tout le chemin qu'il me reste à parcourir !
C'est pas tout ça, mais j'avais promis de réfléchir (et j'espère ne pas être le seul)... mais là tout s'obscurcit :-))))))))
(nan, au contraire je crois que je comprend mieux)
"qu'est-ce que l'imaginaire et le sacré dans le Seigneur des anneaux ?
Réponse du brontosaure : l'imaginaire, c'est la Pureté ; le sacré, la Miséricorde."
"Le sacré, c'est le vin, l'imaginaire la coupe"
Et l'ajout de Sosryko m'aide encore:
"on sait combien Tolkien était attaché à [la Miséricorde]"
(ou la Compassion, dit-il, ce qui pour moi est très différent)
Le lien entre Misécorde/ Compassion et Espérance est aussi assez éclairant... seul moyen actuel pour mes pauvres neurones de le rattacher au Sacré.
Contrairement à Sosryko, je saisis mieux le lien Imaginaire/Pureté (ou crois mieux le saisir), notamment dans le travail des Elfes sur l'Imaginaire: préserver l'Ancien monde, ce qui est pur. La Lórien est une belle image du lien entre l'Imaginaire et la Pureté.
Sosryko, l'Imaginaire, en en parlant d'ici, c'est à dire le corpus imaginé par Tolkien, n'est pas pur, mais au sein du SdA, il me semble que l'imaginaire (qui n'appartient qu'aux Elfes, curieusement) est en effet un désir de pureté.
[citation=Essai sur le conte de fée, p. 157]"Même les contes de fées ent ant que tout ont trois face : la Mystique, tournée vers le Surnaturel; la Magique tournée vers la Nature, et le Mirroir du dédain et la pitié, tourné vers l'Homme. La face essentielle de la Faërie est celle du milieu, la Magique (...) La face magique, le conte de fée, peut être employée comme Miróur de l'Omme et on peut en faire (mais pas aussi aisément) un véhicule de Mystère"[/citation]
[citation=Essai sur le conte de fée, p. 177]"Le pouvoir mental de fabriquer une image est une chose, ou un aspect; et il devrait être nommé avec justesse Imagination(...)
La réalisation de l'expression, qui donne (ou semble donner) "la consistance interne de la réalité ([en note]:c'est à dire ce qui commande ou détermine la Créance secondaire) est en vérité une autre chose ou un autre aspect, qui appelle un nouveau nom: l'Art, lien opérant entre l'Imagination et le résultat fina, la Sous-création." (qu'il décide de nommer 'Fantaisie')
"(...) La Fantaisie (prise dans ce sens) n'est pas à mon avis, une forme inférieure, mais supérieure d'Art, la forme presque la plus pure, en vérité, et ainsi (une fois réalisé) la plus efficace."[/citation]
On a là un lien faible avec la pureté, qui ne devient plus profond que s'il est mis en parralléle avec l'Art des Elfes, c'est à dire la même faculté qu'ils ont de nous faire croire au monde secondaire, au sein du monde primaire (c'est à dire que c'est déjà un personnage du monde secondaire qui nous y introduit).
[citation=Essai sur le conte de fée, p. 183]"Les Elfes peuvent aussi utiliser un art du même ordre, encore que plsu habile et aisé, ou du moins les annales semblent-elles l'indiquer; mais l'art le plus efficace et particulièrement elfique, je l'appellerai, faute d'un mot moins discutable, Enchantement. L'Enchantement produit un Monde Secondaire dans lequel peuvent pénétrer tant l'auteur que le spectateur, pour la satisfaction de leurs sens durant qu'ils se trouvent à l'intérieur,; mais, dans sa pureté il est artistique pour ce qui est du désir comme du dessein."[/citation]
Cela demeure faible, je m'en rend compte, car externaliste. Cette pureté est artistique, mais c'est déjà une piste.
Tolkien ajoute plus loin que le conte de fée aide au recouvrement, qu'il définit ainsi:
[citation=Essai sur le conte de fée, p. 188]"Le recouvrement (qui implique le retour et le renouvellement de la santé) est un re-gain - celui d'une vue claire. Je ne dis pas le fait de "voir les choses telles qu'elles sont" pour me trouver en butte aux philosophes, bien que je puisse me risquer à dire "voir les choses comme nosu sommes (ou étions) censés les voir" - comme des choses séparées de nous-mêmes. Il nous faut, en tous cas, netooyer nos vitres, de façon que les choses clairement vues soient débarassées de la grise buées de la banalité ou de la familiarité(...)
Naturellement, les contes de fées ne sont pas les seuls moyens de recouvrement ni la seule méthode prophylactique contre la perte. L'humilité suffit.
(...)
Et effectivement les contes de fées traitent pour une large part ou (quant aux meilleurs) principalement de choses simples ou fondamentales, vierges de Fantaisie; mais leur arrangement rend ces simplicité d'autant plus lumineuse. (...) ce fut dans les contes de fées que je devinais pour la première fois le pouvoir des mots et la merveille des choses, telles que la pierre, le bois et le fer, l'arbre et l'herbe, la maison et le feu, le pain et le vin."[/citation]
Et Tolkien poursuit dans l'Evasion sur le retour fondamental que la Feärie exerce sur le lecteur vers des valeurs équilibrées, ou comme le disait Pierre, le vrai, le Beau, le Bien, allaient ensemble.
Ces textes n'enrichissent pas fondamentalement le débat, mais permettent de percevoir que dans l'Imagination c'est effectivement un chemin vers la Pureté (originelle mais aussi artistique) qui est proposé.

