4-6 Le Mariage
4-6-1 Quels mariages ?
Le « sacrement » du mariage est-il présent dans le Seigneur des Anneaux ? Pour y répondre, voyons tout d’abord le chapitre qui traite justement du mariage d’Aragorn : l’Intendant et le Roi. La première chose qui marque dans ce chapitre, c’est qu’on y trouve en fait plusieurs mariage : celui de Faramir et d’Eowyn, et celui d’Aragorn et d’Arwen. Mais une autre chose frappe davantage encore : ces mariages ne sont absolument pas décris. Comment ?! Le moment le plus heureux de la vie de ces héros, le but ultime vers lequel tendait Aragorn, « le couronnement des exploits auxquels [nos héros] ont eu part », selon les propres mots d’Aragorn, n’est décrit que par cette simple (et sublime) phrase :
[citation=T3, Ch. V, L’INTENDANT ET LE ROI, p.343]Aragorn, Roi Elessar, épousa Arwen Undómiel dans la cité des Rois le jour du Solstice d’Été, et l’histoire de leur longue peine se trouva achevé.[/citation]
Rien de plus, ni dans les annexes racontant l’histoire particulière d’Aragorn et d’Arwen, sinon la mention répétée que cela est « l’achèvement » !
Mais comment se fait-il que tout soit concentré sur un seul chapitre : l’amour et le mariage de Faramir et d’Eowyn (qui n’est que promis, certes, mais il n’y aura nulle autre cérémonie dans le roman, sinon son annonce officielle au chapitre suivant), le mariage d’Aragorn et d’Arwen, et surtout entre les deux, son couronnement glorieux.
Dès lors, rien ne nous interdit de penser que ce couronnement s’inscrit peut-être dans la même dynamique de mariage, en réalité, et de découvrir qu’en effet, c’est peut-être bien là, dans ce triple mariage, (mais surtout celui d’Aragorn avec son peuple) que ce situe le sacrement.
4-6-2 Faramir et Eowyn
Voyons tout d’abord en quoi les fiançailles d’Eowyn et de Faramir peuvent évoquer le sacré :
[citation=T3, Ch. V, L’INTENDANT ET LE ROI, p.332]- (…) Je serais guérisseuse, et j’aimerais tout ce qui pousse et n’est pas stérile. (…)
- (…) J’épouserai pourtant la Dame Blanche de Rohan, si telle est sa volonté. Et si elle le veut, alors traversons le Fleuve pour demeurer, en des jours plus heureux, dans la belle Ithilien, où nous ferons un jardin. Toutes choses pousseront là avec joie, si la Dame Blanche y vient.
- Dois-je abandonner mon propre peuple, homme de Gondor ? dit-elle (…)
- Oui, je le voudrais, dit Faramir. Il la prit dans ses bras et il l’embrassa sous le ciel ensoleillé.[/citation]
Ce passage n’est pas sans rappeler le fondement du mariage religieux, tiré du livre de la genèse :
[citation=Genèse 1,9-13 ; 27-29]Dieu dit: Que les eaux qui sont au-dessous du ciel se rassemblent en un seul lieu, et que le sec paraisse. Et cela fut ainsi. Dieu appela le sec terre, et il appela l'amas des eaux mers. Dieu vit que cela était bon. Puis Dieu dit: Que la terre produise de la verdure, de l'herbe portant de la semence, des arbres fruitiers donnant du fruit selon leur espèce et ayant en eux leur semence sur la terre. Et cela fut ainsi. La terre produisit de la verdure, de l'herbe portant de la semence selon son espèce, et des arbres donnant du fruit et ayant en eux leur semence selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le troisième jour (…)
Dieu créa l'homme à son image,
à l'image de Dieu il le créa,
homme et femme il les créa.
Dieu les bénit et leur dit: "Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la; dominez sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et tous les animaux qui rampent sur la terre."
Dieu dit: "Je vous donne toutes les herbes portant semence, qui sont sur toute la surface de la terre, et tous les arbres qui ont des fruits portant semence: ce sera votre nourriture.[/citation]
[citation=Gn 2,24]C'est pourquoi l'homme quitte son père et sa mère et s'attache à sa femme, et ils deviennent une seule chair.[/citation]
Ce mariage primordial arrive dans le jardin d’Eden, et l’on y voit comme en refrain l’importance que Dieu donne à la fécondité, des plantes, des animaux, puis de l’homme et de la femme. Ce mariage entre Faramir et Eowyn ressemble fort à un retour à cet état originel, dans un jardin fécond.
Nous notons aussi au passage l’accent que met Tolkien, comme en défi, à la séparation que cela implique pour Eowyn, arrachée à son peuple pour aller vivre avec son époux, comme pour vérifier la parole de la Genèse (dans le texte latin, on a homo et non pas vir pour désigner que l’homme quitte les siens, pour rejoindre son uxor ; ce sont donc des mots sans genre qui s’appliquent aussi bien à la femme qu’à l’homme).
4-6-3 Aragorn et Arwen
Au sujet du mariage d’Aragorn, nous y reviendrons, mais remarquons deux choses :
1- Aragorn doit patienter tout le mois de Mai avant que sa promise n’arrive. Couronné le 1er mai, il doit attendre impatiemment la fin du mois avant que quelque chose n’arrive. Or, le mois de Mai dans la religion catholique est justement le mois où l’on ne se marie pas, le mois des vierges (car consacré à la Sainte Vierge), mois de chasteté, où l’attente n’est qu’une plus belle purification en attendant les noces !
- Le mois de Juin arrive et c’est aussitôt le 23 juin. Le 24 juin, jour du Solstice d’été, et aussi fête de St Jean-Baptiste, il épouse Arwen.
Souvenons-nous que Jean-Baptiste est aussi celui qui, chez l’Évangéliste St Jean, est justement celui qui compare le Christ à un époux, lui qui a dit :
[citation=Jean 3,29]Qui a l'épouse est l'époux;
mais l'ami de l'époux
qui se tient là et qui l'entend,
est ravi de joie à la voix de l'époux.
Telle est ma joie, et elle est complète.[/citation]
4-6-4 le couronnement : épousailles
Maintenant que nous avons introduit le concept le plus chargé de sens, à savoir l’image du Christ comme époux de l’Eglise, qui fait écho à l’image de Dieu comme époux de son peuple dans l’Ancien Testament, voyons comment le couronnement et la royauté d’Aragorn se vit pleinement dans cette même vision.
[citation=T3, Ch. V, L’INTENDANT ET LE ROI, p.333]Tous les préparatifs furent alors fait dans la Cité ; et il y avait un grand concours de gens, car les nouvelles s’étaient répandues dans toutes les parties du Gondor, de Min-Rimon jusqu’à Pinnath Gelin et aux côtes lointaines de la mer, et tous ceux qui pouvaient venir à la Cité se hâtaient d’y arriver. Et la Cité fut de nouveau remplie de femmes et de beaux enfants qui revenaient vers leurs maisons chargés de fleurs ; et de Dol Amroth vinrent les harpistes les plus habiles de tout le pays ; et il y avait des joueur de viole, de flûte, de cors d’argent, et des chanteurs à la voix claire venus des vallées du Lebennin.[/citation]
Les lecteurs de la bible n’auront pas eu de peine à reconnaître l’évocation de la nouvelle Jérusalem chez Isaïe, cité sainte où viendront toutes les nations :
[citation=Isaïe 60]« Debout! Resplendis! car voici ta lumière, et sur toi se lève la gloire de Yahvé.
Tandis que les ténèbres s'étendent sur la terre et l'obscurité sur les peuples,
sur toi se lève Yahvé, et sa gloire sur toi paraît.
Les nations marcheront à ta lumière et les rois à ta clarté naissante.
Lève les yeux aux alentours et regarde:
tous sont rassemblés, ils viennent à toi.
Tes fils viennent de loin,
et tes filles sont portées sur la hanche.
Alors, tu verras et seras radieuse,
ton cœur tressaillira et se dilatera,
car les richesses de la mer afflueront vers toi,
et les trésors des nations viendront chez toi.
les bateaux de Tarsis ont pris la tête pour ramener de loin tes fils,
avec leur argent et leur or,
à cause du nom de Yahvé ton Dieu, »[/citation]
Jusqu’à cette petite mention de veilleurs guettant l’aube :
[citation=T3, Ch. V, L’INTENDANT ET LE ROI, p.333]Enfin vint un soir où l’on put voir du haut des murs les tentes dans la campagne [celles d’Aragorn qui revient] et, toute la nuit, des lumières brûlèrent, tandis que les hommes guettaient l’aube.[/citation]
Et quand l’aube arrive, c’est cloches, bannières, étendards d’argent, pour accueillir les armées scintillantes comme l’argent sous le soleil.
Ces veilleurs ne sont pas sans rappeler ceux d’Isaïe (qui font eux-mêmes échos à ceux du psaume 130 : mon âme attend le Seigneur, plus que les veilleurs l'aurore) :
[citation=Isaïe 62]A cause de Sion je ne me tairai pas,
à cause de Jérusalem je ne me tiendrai pas en repos,
jusqu'à ce que sa justice jaillisse comme une clarté,
et son salut comme une torche allumée. Alors les nations verront ta justice,
et tous les rois ta gloire.
Alors on t'appellera d'un nom nouveau
que la bouche de Yahvé désignera. Tu seras une couronne de splendeur dans la main de Yahvé,
un turban royal dans la main de ton Dieu. On ne te dira plus: "Délaissée"
et de ta terre on ne dira plus: "Désolation."
Mais on t'appellera: "Mon plaisir est en elle"
et ta terre: "Epousée."
Car Yahvé trouvera en toi son plaisir,
et ta terre sera épousée.
Comme un jeune homme épouse une vierge,
ton bâtisseur t'épousera.
Et c'est la joie de l'époux au sujet de l'épouse que ton Dieu éprouvera à ton sujet.
Sur tes remparts, Jérusalem, j'ai posté des veilleurs,
de jour et de nuit, jamais ils ne se tairont.
Vous qui vous rappelez au souvenir de Yahvé, pas de repos
pour vous. Ne lui accordez pas de repos qu'il n'ait établi Jérusalem
et fait d'elle une louange au milieu du pays.[/citation]
Notons aussi dans ce texte le nom nouveau dont sera appelé l’époux de le nouvelle Jérusalem, celui qui sera une couronne, ainsi que le nom nouveau du Roi Aragorn, qui sera connu sous le nom du Roi Elessar. Le nom avait déjà été dévoilé, certes, mais toujours en rapport avec cette royauté qu’il devait reconquérir ! Le voilà roi, ou plutôt époux de la cité du Gondor, et le voilà avec ce nom nouveau.
Nous avons beaucoup comparé le couronnement d’Aragorn à des épousailles entre lui et le peuple du Gondor, entre lui et la cité du Gondor, devenue comme la nouvelle Jérusalem, ou Église sainte et régénérée. Où voyons-nous les traces d’une telle comparaison, et où, en quel lieu sacré, ce mariage prend-il place ?
Comme tous les mariages, il prend place en deux lieux : celui de l’échange des consentements, public, et celui de l’union des époux et de fécondité, secret.
Relevons immédiatement que c’est Aragorn le premier qui personnifie la Cité du Gondor (il est d’ailleurs à noter qu’elle n’est plus jamais appelée Minas Tirith, mais simplement la Cité, avec une majuscule) :
[citation=T3, Ch. V, L’INTENDANT ET LE ROI, p.341]- (…) moi aussi je deviendrais vieux. Qui alors gouvernera le Gondor et ceux qui regardent vers cette Cité comme vers leur reine[/citation]
Il est donc bien permis d’imaginer la Cité comme une reine que vient épouser son roi. Ces épousailles prennent place devant ses portes, lorsque Faramir accueille Aragorn., pour son couronnement. Aragorn lui rend son sceptre, afin qu’il officie pour la cérémonie, ce qu’il va faire de la manière la plus simple : par une demande de consentement :
[citation]- Hommes de Gondor (…), voici Aragorn, fils d’Arathorn (…). Sera-t-il roi, et entrera-t-il dans la Cité pour y demeurer ?
Et toute l’armée et tout le peuple crièrent oui d’une seule voix.[/citation]
Le peuple n’acquiesce pas, il ne crie pas de joie n’importe quoi, il dit : « OUI » . (« yea », un oui solennel !)
De même, au moment où Aragorn prend la couronne, il pose son propre serment :
[citation]- De la Grande Mer en Terre du Milieu je suis venu. En ce lieu, je me fixerai, moi et mes héritiers, jusqu’à la fin du monde.[/citation]
Serment qui rappelle toujours celui de Dieu à son épouse, son peuple, dans Isaïe :
[citation=Isaïe 61]et je conclurai avec eux une alliance éternelle.
Leur race sera célèbre parmi les nations,
et leur descendance au milieu des peuples;
tous ceux qui les verront les reconnaîtront
comme une race que Yahvé a bénie. Je suis plein d'allégresse en Yahvé,
mon âme exulte en mon Dieu,
car il m'a revêtu de vêtements de salut,
il m'a drapé dans un manteau de justice,
comme l'époux qui se coiffe d'un diadème,
comme la fiancée qui se pare de ses bijoux.
Car de même que la terre fait éclore ses germes
et qu'un jardin fait germer sa semence,
ainsi le Seigneur Yahvé fait germer la justice et la
louange devant toutes les nations.[/citation]
Les vêtements de salut, et le roi drapé de justice peuvent aussi être évoqué par les vêtement d’Aragorn et la cape immaculée fermée par sa pierre verte, qu’il porte lors de son couronnement, salut et justice qu’il offrira en effet lors de son règne.
Mais pour clôturer la cérémonie, il demande à Gandalf de le couronner, comme l’évêque, qui ajoute une bénédiction sur les Valar :
[citation]- Maintenant viennent les jours du Roi, et puissent-ils être bénis tant que dureront les trônes des Valar.[/citation]
Et voilà que Tolkien change soudain le nom d’Aragorn, et ne parle plus que du Roi Elessar. Curieux changement en milieu de passage, alors qu’il ne parlait jusqu’ici que d’Aragorn !
Dans la foulée, Tolkien nous explique ce que devient la cité sous son règne, se projetant dans l’avenir à ce moment précis du récit.
[citation=T3, Ch. V, L’INTENDANT ET LE ROI, p.337]« De son temps, la Cité fut rendue plus belle qu’elle n’avait jamais été, fût-ce aux jours de sa gloire première, elle fut emplie d’arbres et de fontaines ; ses portes étaient de mithril et d’acier, et ses rues étaient pavées de marbre blanc ; les gens de la montagne y travaillaient, et ceux de la forêt se réjouissaient d’y venir ; tous étaient guéris et tout était réparé ; les maisons étaient pleines d’hommes et de femmes et de rires d’enfants ; aucune fenêtre n’était aveugle, aucune cour vide, et après le passage du Troisième Âge du monde dans le nouvel age, il garda le souvenir et la gloire des années disparues. »[/citation]
Ce passage rappelle bien sûr encore le passage le l’apocalypse où il est fait référence à la nouvelle Jérusalem :
[citation=Apocalypse 21,1-4]Puis je vis un ciel nouveau, une terre nouvelle -- car le premier ciel et la première terre ont disparu, et de mer, il n'y en a plus. Et je vis la Cité sainte, Jérusalem nouvelle, qui descendait du ciel, de chez Dieu; elle s'est faite belle, comme une jeune mariée parée pour son époux. J'entendis alors une voix clamer, du trône: "Voici la demeure de Dieu avec les hommes. Il aura sa demeure avec eux; ils seront son peuple, et lui, Dieu-avec-eux, sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux: de mort, il n'y en aura plus; de pleur, de cri et de peine, il n'y en aura plus, car l'ancien monde s'en est allé."[/citation]
La description se poursuit plus loin, présentant une ville faite d’or et de pierreries, et d’où coulent des fleuves dont les arbres qui poussent contre ses eaux procurent la guérison.
Et pour finir sur la vision de la Jérusalem épouse d’Isaïe, nous citons ce dernier morceau :
[citation=Isaïe 61]L'esprit du Seigneur Yahvé est sur moi,
car Yahvé m'a donné l'onction;
il m'a envoyé porter la nouvelle aux pauvres,
panser les cœurs meurtris,
annoncer aux captifs la libération
et aux prisonniers la délivrance, proclamer une année de grâce de la part de Yahvé
et un jour de vengeance pour notre Dieu,
pour consoler tous les affligés, (pour mettre aux affligés de Sion)
pour leur donner un diadème au lieu de cendre,
de l'huile de joie au lieu d'un vêtement de deuil,
un manteau de fête au lieu d'un esprit abattu;
et on les appellera térébinthes de justice,
plantation de Yahvé pour se glorifier. Ils rebâtiront les ruines antiques,
ils relèveront les restes désolés d'autrefois;
ils restaureront les villes en ruines,
les restes désolés des générations passées[/citation]
Cette justice et ce salut dont nous avions déjà parlé, ne sont-ils pas pleinement manifestés dans la pardon que le Roi accorde aux Orientaux, qu’il rend libre ? Il fait d’autres paix, et libère encore les esclaves du Mordor, et leur donne des terres.
Quant aux soins, il les a déjà prodigué lui-même, dans les maisons de guérison, par ce pouvoir que Tolkien résume ainsi :
[citation=T3, Ch. V, L’INTENDANT ET LE ROI, p.336]« La sagesse se montrait sur son front, et la force et la guérison étaient dans ses mains, et une lumière l’environnait »[/citation]
4-6-5 La fécondité
Le mariage d’Aragorn avec la Cité est donc officialisé, mais il n’est pas un sacrement valide sans l’union des époux, une union qui soit ouverte à la fécondité, et qui de par la grâce de Dieu peut ouvrir sur la vie. Où est-elle donc cette vie, et où se déroule cette scène sacrée ?
Elle a lieu vers la fin du mois de Mai, mais la fécondité n’apparaîtra qu’au mois de Juin. Il s’agit de ce jour mystérieux où Gandalf emmène de nuit Aragorn hors de la Cité, et comme dans le récit de l’Apocalypse, l’emmène sur le haut d’une montagne pour contempler son royaume et la Cité :
[citation=T3, Ch. V, L’INTENDANT ET LE ROI, p.340]« Vint le jour où Gandalf fut introuvable, et les Compagnons se demandèrent ce qui se préparait. Mais Gandalf emmena de nuit Aragorn hors de la cité, et il le conduisit au pied sud du mont Mindolluin ; et là ils trouvèrent un sentier fait dans un temps lointain et que peu de gens osaient à présent fouler. Car il montait dans la montagne à un haut champ sous les neiges qui recouvraient les pics,e t ce champs dominait le précipice qui se trouvait derrière la Cité. Debout là, ils contemplèrent la pays, car le matin était venu ; et ils voyaient les tours de la Cité loin en contrebas, tels des pinceaux blancs touchés par la lumière du soleil »[/citation]
[citation=Apocalypse 21,9-11]"Viens, que je te montre la Fiancée, l'Epouse de l'Agneau." Il me transporta donc en esprit sur une montagne de grande hauteur, et me montra la Cité sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel, de chez Dieu, avec en elle la gloire de Dieu. Elle resplendit telle une pierre très précieuse, comme une pierre de jaspe cristallin. »[/citation]
Et tandis qu’Aragorn s’inquiète de son avenir et de celui du Gondor, il demande un signe, et voilà que Gandalf l’invite à se retourner, pour découvrir un rejeton de l’aîné des Arbres. Il récolte la pousse, et Gandalf explique que ces lieux sont « consacrés » (ou ‘sanctifiés’ (« ancient hallow »)), et que cela explique la survie de cette pousse pour le moment propice.
Nous voici en un lieu séparé comme il se doit, un lieu que Tolkien défini lui même comme sacré, et en lequel survient la descendance du Gondor, l’Arbre Blanc signe de la royauté ! il sera planté dans le jardin de la cour, et il donnera du fruit en Juin, comme signe de l’arrivée d’Arwen, et du temps pour Aragorn (et le Gondor) d’une autre descendance, de chair cette fois. Il dispose à nouveau « des guetteurs sur les remparts » (ce thème est très utilisé en liturgie, bien qu’il n’apparaisse peut-être pas aussi fréquent dans la bible).
Et [emphase]« Aragorn, Roi Elessar, épousa Arwen Undómiel dans la cité des Rois le jour du Solstice d’Été, et l’histoire de leur longue peine se trouva achevé »[/emphase].

