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Tolkien le Chant du monde
#6
Merci à Vinyamar et à Sosryko de me donner l’occasion de m’exprimer sur mon livre, même s’ils me mettent « à la question », parfois sans doute non sans raison !
Je suis un lecteur de Tolkien depuis 1976, si mes souvenirs sont bons, et, dès les premières pages du Seigneur des Anneaux, j’ai été enchanté par ce monde qui m’était offert et dans lequel je me sentais presque comme en pays de connaissance (je parle surtout de la Comté et du voyage jusqu’à Fondcombe). Depuis lors, j’ai toujours exprimé à mes amis que ce livre était pour moi « celui dont la lecture m’avait causé le plus de bonheur de tous ceux que j’avais lus » et ce sentiment dure encore. Mais à aucun moment je n’ai imaginé d’écrire un jour quoi que ce soit au sujet de Tolkien et de son œuvre.
Je n’ai donc pas choisi d’écrire ce livre, mais l’occasion s’est présentée à moi – par l’intermédiaire d’un ami spécialiste de littéraire fantastique – de répondre à la demande d’un éditeur (responsable des éditions Encrage) qui cherchait quelqu’un pour un « ouvrage de synthèse » sur Tolkien. J’ai accepté le défi sans trop songer sur le moment à l’immensité de la tâche qui allait m’incomber, je me suis mis au travail et, très vite, j’ai pu prendre la mesure de l’ampleur de l’œuvre de Tolkien et de l’intérêt de la critique de langue anglaise qui lui était consacrée. Il est vrai aussi que j’ai été aidé dans mon « débroussaillage » de terrain par l’exploration de divers sites Internet en relation avec mon sujet, et en particulier par les riches discussions et recherches menées dans le cadre de JRRVF. Fidèle à mes habitudes universitaires, je me suis efforcé de citer mes sources aussi souvent que possible.
Quel a été mon but ? Contribuer avant tout à faire connaître à un public français déjà connaisseur (plus ou moins vaguement) du Seigneur des Anneaux et du Hobbit, la grandeur et la beauté du Légendaire de Tolkien pris dans son ensemble, et faire le point, en l’état des publications actuellement consacrées à son œuvre, sur un certain nombre de questions relatives à la constitution et à l’exploration de ce Légendaire. En outre, mettant à profit divers aspects de mon bagage culturel, j’ai tenté d’apporter, dans plusieurs chapitres, quelques points de vue nouveaux (notamment les affinités entre Tolkien et un peintre et compositeur lituanien du nom de Čiurlionis dont l’œuvre m’a émerveillé autant et de façon aussi durable que celle de Tolkien, ou encore la notion de « mouvance » des textes, notion issue de la critique littéraire des œuvres médiévales françaises, susceptible, me semble-t-il, d’éclairer certains aspects de l’écriture de Tolkien lui-même).
D’autres synthèses, j’en suis certain, viendront dans les années prochaines, après celle de Vincent Ferré et la mienne. J’espère que le « Chant du Monde » - titre en relation, naturellement, avec le Grand Chant des Ainur – permettra à une partie du public cultivé en France de considérer Tolkien avec un regard plus éclairé et plus conscient de son génie littéraire qui l’égale aux plus grands noms de la littérature mondiale. (Et c’est un lecteur passionné de Dostoïevski, de Saint-Simon, de Chateaubriand, de Balzac et de Proust qui écrit cela !).
Avec l’espoir que Vinyamar ne soit pas déçu de ce titre effectivement prometteur, qui s’est imposé à mon esprit un dimanche matin du printemps 2003.
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