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Tolkien le Chant du monde
#10
Je suis désolé d'avoir été (dû être) sévère; et si je n'avais pas été juste, je ne doute pas que Charles aurais su me voler dans les plumes ;-)
Je rappelle, puisqu’il faut le faire, que mes critiques portaient essentiellement sur des points de formes avant tout ; même s’il est vrai que la forme a partie liée avec l’esprit qui l’a produite donc avec le fond.

Pourtant, Vinyamar, si — chronologiquement en ce fuseau et certainement pas dans l’absolu ! — je suis le premier à critiquer, je serai le premier à défendre le livre sur quelques point. Car je dois corriger ta conception du livre : en tant qu'« ouvrage de synthèse » il n'est principalement pas destiné à « apprendre grand chose de nouveau » aux « “mordus” de Tolkien sur le site de JRRVF ». il serait néanmoins faux de croire qu'on n'y retrouve pas son compte.

(1) En tant qu’ouvrage de synthèse, il faut le prendre comme tel ; à savoir, pour la plupart de ceux qui fréquentent les HoMe et les Letters, essentiellement comme un ouvrage de référence, à l’instar de celui de Vincent, destiné à être consulté pour retrouver une vue d’ensemble ou bien à être lu ponctuellement/transversalement. Voilà pourquoi je me suis permis les précédentes remarques sur l’index car on ne peut s’en passer sur un tel type d’ouvrage. Pour la même raison pratique, on aurait aimé une table des matières complète (avec titres des différentes parties pour chaque chapitre)

(2) Ensuite, il serait faux de penser qu’on n’y apprend rien.
La partie « réception critique de Tolkien » est très intéressante et conséquente (p. 249-292).
Des parallèles nouveaux sont très éclairants (je pense à celui avec Ciurlionis que je viens de lire p.59-64 ; les autres sont à juger sur pièce).
Rque : je n’ai pas réussi à faire apparaître sur ce fuseau le petit chapeau à l’envers sur la lettre C de « Ciurlionis » (apparemment, le problème se retrouve dans le livre).

(3)
Ces quelques pages m'ont donné envie d'en savoir plus sur le compositeur et peintre lithuanien, et je dois dire que grâce à toi, Charles, je viens de faire une merveilleuse découverte.
Quel regret qu'il n'ait pas été possible de mettre une ou deux oeuvres en regard dans ton livre (et je me doute bien que ce regret doit être avant tout le tien). Mais magie d'Internet, presque toutes les peintures sont disponibles sur la toile :-))

Charles commence à relever, p. 59-60, le fascinant thème de la Grande vague qu'on retrouve aussi bien chez Tolkien que chez Ciurlionis :


Finale (Sonate de la Mer 1908)


P. 61, il constate que la vision de la Flamme éternelle au coeur du monde est partagée par les deux auteurs. Ciurlionis, à la fin de sa vie, en faisant l'objet de son plus grand tableau (intitulé Rex). Charles donne de ce tableau la traduction d’un commentaire russe de Marc Etkind (merci ;-)) qui ne peut être reproduit ici (pour cela, lire son livre) mais qui ne prend tout son sens que lorsqu’on a le tableau sous les yeux :


Rex (1909)


Charles mentionne ensuite, p. 61-2, un tableau qui présente « la silhouette d’un noble vieillard prononçant la parole créatrice Stań się ! (“Que cela soit” en lithuanien), équivalent de la formule d’Ilúvatar » :


La création du monde III (1905-6)


Mais sur ce tableaun je n’arrive pas à voir la silhouette du vieillard, alors que cette dernière est l’objet du tableau précédent dans la série des treize tableaux de la Création selon Ciurlionis. Impossible de tous les présenter ici, mais vous les trouverez tous en ligne . Un régal ;-)

On pourrait ajouter d’autres points de contact en lien avec la Forêt chère aussi bien à Tolkien qu’à Ciurlionis.
En particulier, le thème des deux arbres se rencontre dans deux peintures :


Hivers (1906-7) et Printemps III (1907-8)


Le paradis pour Tolkien, est un rivage fleuri, « un lointain pays vert qui s’ouvre sous un rapide lever de soleil (…) [où] tout [est] vert et or pâle » [132]{157} ; Ciurlionis le peint pour nous :


Paradis (1909)


Là, en Aman, il y a bien longtemps, alors que seule la lumière des étoiles éclairerait le monde, les Valar, « travaillant autant avec leur pensée qu’avec leurs mains, et [s’entretenant] l’un l’autre sans employer leur voix (...) décidèrent d’illuminer la Terre-du-milieu et ainsi de contrarier les entreprises de Melkor » (QS 11 {94-5}) :


Les rois (Fairy-Tale 1908-9)


Parmi ces « rois », l’Ancien Roi, le Roi des Valar, des Elfes et des Hommes, Manwë Súlimo, « l’archange » dont les demeures sont au sommet du Taniquetil, la plus haute montagne d’Arda :


Tolkien : « drawing 89, fol. 13 » (Bodleian Library, Oxford) — Ciurlionis : Sonate des étoiles, Allegro (1908)


(Tu traites de cette aquarelle de Tolkien p. 87 et p. 222-3 sans mentionner alors Ciurlionis)

Les rois font penser aux châteaux. Or un château de Ciurlionis ne sera pas sans évoquer dans son architercture une certaine Cité blanche du légendaire :


Château (Fairy-Tale 1909)

On pourrait également mentionner une série de 9 tableaux (ma-gni-fi-ques !) intitulée « Le Déluge » (1904-5). Le premier tableau représente un « haut-lieu » sur une montagne, le second, la lumière qui disparaît, plongeant la montagne dans les ténèbres, le quatrième l’entrée d’une ville portuaire à la richesse ostentatoire, le cinquième, cette même ville et ses bateaux détruits par la mer déchaînée… On pense facilement à Númenor. Si Charles commente le cycle p. 64, le lien précis n’est pas relevé.
Par contre, dans les trois tableaux du « Voyage du Prince » , je suis incapable d’y voir un quelconque « navire dans les cieux » ; aussi, à moins que ce tryptique ne soit accompagné d’un texte de Ciurlionis, le lien avec le « navire-étoile d’Earendel » me semble forcé. Peut-être y a-t-il confusion avec un tableau qui date de 1906, intitulé « Vaisseaux » (« Ships ») et qui n’est pas sans affinité avec le « Voyage du Prince » puisque les quatre tableaux concernent des nuages :


Château (Fairy-Tale 1909)

Rien que pour cela, Charles, tu as toute ma reconnaissance :-))

Bon, malgré tout, retour à quelques critiques de formes ;-)

(4) Charles : Le cas des références bibliques. Ai-je péché par naïveté ? Effectivement, il m’a semblé inutile d’indiquer systématiquement les renvois aux textes évangéliques.

Ma critique ne portait pas sur l'absence d'un renvoi systématique aux textes évangéliques. Ce que je reproche, c'est que sur 361 pages, il n'y ait rigoureusement aucun renvoi aux textes bibliques alors que tu t’y réfères, avec raison, à de multiples reprises.

(5) Retour sur l’Index (décidément…) :

(a) Je vois que « Bonnal (Nicolas) » a droit à 7 renvois. Hum…
Du coup, je suis surpris non pas de la présence de certains noms qui me sont chers (« Fockeu (Cédric) », 4 renvois, « Mallet (Sébastien) », 6 ; « Devaux (Michael) » (Michaël, en fait), 14) ou connu des participants du forum (« Kloczko (Edouard) », 15) mais plutôt de plusieurs absences mystérieuses et/ou, pour le moins, maladroites.
Ainsi, l’index ne mentionne pas Didier Willis pourtant cité chaleureusement à plusieurs reprises (p. 68-69, 95, 173, 263, 266, 267, 268, 281, 302) ou même Laurent Alibert (p. 23, 132) ou Philippe Garnier (p. 51, 263, 281, 317).
Rien non plus concernant Vincent Ferré, « notre » Vincent ;-). Cet oubli est encore plus grave car Vincent est l’auteur français avec qui tu « discutes » le plus tout au long du livre. Ainsi p. 8, 26, 26, 83, 136, 137, 188, 194, 211, 213, 214, 231, 237, 241, 264, 265, 267, 272-274, 276, 302, 343.
Rien non plus pour Irène Fernandez, citée p. 187, 188, 214, 241, 276, 278.
Idem pour Louis Bouyer, p. 77, 241-2, 264, 267-8, 276.
(p. 241-242, les lecteurs qui ne connaissent pas encore le dossier exhaustif de Michaël Devaux dans la Feuille de la Compagnie n°2, découvrent que le Père Louis Bouyer entretenait non seulement une amitié avec Tolkien mais partageait le même regard sur l’enchantement des cœurs. Il mérite sa place dans l’Index, non ?)
Il faudrait également ajouter les auteurs de « Faërie et Christianisme ».

(b) autres mystères :
Un renvoi pour « Vana » (Vána en réalité) mais aucune entrée pour Varda (p. 68, 99, 232, 236 p. ex.) !
(Étrangement, l’index mentionne « Elbereth » et « Gilthoniel » mais pas Varda ! au passage : p.124 correspond alors à p. 232)
Lang (Andrew) mais pas Lewis C.S. (p. 25, 26, 27, 255, 257, 262, 286, 321, 330, 333) !

© Je sais bien qu’il y a eu certainement un problème de place et que l’index a dû être limité en pages.
Mais se pose la alors la question de ce qui a guidé le choix de certains entrées relativement inutiles au profit d’autres bien plus importantes : ainsi les entrées « Bablon », « Ninwi », « Rûm » et « Trui » (qui renvoient toutes à p.131) sont purement folkloriques.
Il me semble peu important de savoir que Tolkien s’est amusé dans ses tous premiers textes, alors que le Légendaire n’existait pas vraiment en tant que Monde Secondaire, à faire des allusions à Babylone, Ninive, Rome et Troie.
Par contre alors que l’index comporte l’entrée « Shelob », le texte du livre, lui, oscille entre l’utilisation de Shelob et Arachnè (traduction maladroite de Ledoux) : du coup, l’index ne mentionne pas la p. 232 qui pourtant est capitale pour le destin de Sam et de Frodo face à Shelob.
Mon avis : il aurait fallu supprimer toute mention isolée d’Arachnè et ne conserver que Shelob. Il faudra donc penser à ces mentions isolée d’Arachnè pour l’index corrigé.

Bon, 6 heures de recherches, ça suffira, je laisse la place aux autres ;-)

Sosryko
qui devrait travailler pour sa pomme, pour changer

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