:-) Je mettrais ce lapsus (révélateur de rien du tout, hein !) sur le compte des mes yeux encore embués de sommeil ce matin (et aussi d'une certaine homonymie entre mon pseudo et le nom du Pr.). En tout cas, n'y voyez pas la marque d'une vanité mal placée de ma part... ;-) Et, pitié, ne remuez pas le couteau dans la plaie, je me sens déjà suffisamment honteux comme cela !
Pour en revenir aux Lettres, Tolkien fait référence, à plusieurs reprises (lettres 30, 81, 156, 176, 211, 306 et 324), aux croyants de confession juive, soit pour prendre leur partie face aux attaques dont ils sont la cible, particulièrement dans les années 30-40 - allant jusqu'à écrire qu'il aurait été fier d'avoir des origines juives -, soit pour décrire les Naugrim, dont l'histoire des juifs en Europe semble l'avoir inspirée, ou les Númenoréens, ou soit pour donner sa position en tant que chrétien ou son point de vue en tant philologue.
De fait, au regard de sa foi catholique, marquée par un certain "rigorisme" théologique, je ne peux m'empêcher de penser qu'il faisait là preuve d'une grande tolérance, notamment en reconnaissant la nécessité de l'aggiornamento de l'Eglise romaine de 1962 (Vatican II), qui prônait le dialogue oecuménique entre tous les chrétiens, mais aussi avec les juifs justement (il développe sa position sur cette question dans la lettre 306, adressée à Michael et datant de 1967-1968).
En effet, il ne faut pas oublier que ces derniers étaient jusque-là considérés comme les "infâmes assassins" du Christ ; sans oublier le mutisme de Pie XII au sujet des camps de concentration de la Seconde Guerre mondiale, pape qui fut pourtant à l'origine de la proclamation du dogme de l'Assomption de Marie, dont on sait toute l'importance pour Tolkien, le considérant comme "le simple recouvrement de la grâce et de la liberté non déchues" (cf. brouillon de la lettre 212).
Bref, voilà bien un autre exemple de la complexité de cet homme qui pouvait tout aussi bien défendre Franco et Pie XII, que les juifs...
Cordialement,
Tilkalin.

