25-03-2006, 03:02
Les comparaisons ne valent rien d'autre que d'exister. Ce qu'on en fait ensuite esty plus important.
Le fait est qu'Óðinn « porte au bras l’anneau Draupnir dont dégouttent, toutes les neuf nuits, huit autres anneaux d’or de même poids » (Jean Renaud, Les dieux des Vikings, ed. Ouest-France Université, 1996, p. 40), que cet « anneau d’or Draupnir (“le dégouttant”) (…) est le symbole de sa puissance (Gylfaginning 49, Skáldskaparmál 33) [et qu’] On comprend le titre du roman de J. R. R. Tolkien, The Lord of the Rings (“Le Seigneur des Anneaux”) publié en 1954-55 » (Patrick Guelpa, Dieux et Mythes nordiques, Presses Universitaires du Septentrion, 1998, p. 33)
Le fait est qu'Óðinn « porte au bras l’anneau Draupnir dont dégouttent, toutes les neuf nuits, huit autres anneaux d’or de même poids » (Jean Renaud, Les dieux des Vikings, ed. Ouest-France Université, 1996, p. 40), que cet « anneau d’or Draupnir (“le dégouttant”) (…) est le symbole de sa puissance (Gylfaginning 49, Skáldskaparmál 33) [et qu’] On comprend le titre du roman de J. R. R. Tolkien, The Lord of the Rings (“Le Seigneur des Anneaux”) publié en 1954-55 » (Patrick Guelpa, Dieux et Mythes nordiques, Presses Universitaires du Septentrion, 1998, p. 33)
À propos des Gylfaginning 49, il s’y trouve un bel entrelacement des narrations, dont l’une est l’histoire d’un aller et d’un retour à la fois similaire (on part au royaume des morts) et inverse (on part sans anneau, on revient avec l’anneau d’or) d’un autre aller et retour de notre connaissance — avec une surprise féline au milieu du récit :
« Quand Baldr fut tombé, tous les Ases demeurèrent sans voix (…) Odin était le plus affligé de ce malheur, parce qu’il discernait le plus clairement le dommage et la perte que représentait pour les Ases la mort de Baldr.
Quand les dieux recouvrèrent leurs esprits, Frigg prit la parole et demanda lequel des Ases voulait gagner tout son amour et toute sa faveur, et chevaucher sur le chemin de Hel pour essayer de trouver Baldr et offrir une rançon à Hel si elle consentait à laisser Baldr revenir à Asgard. Celui qui est appelé Hermod le hardi, le fils d’Odin, s’offrit pour cette expédition. On alla alors chercher Sleipnir, le cheval d’Odin, on l’avança, Hermod l’enfourcha et partit au galop.
Les Ases prirent le cadavre de Baldr et le transportèrent au bord de la mer. (…)
Ensuite le cadavre de Baldr fut porté sur le bateau, et, quand sa femme Nanna, fille de Nep, vit cela, elle fut brisée de douleur et mourut. Elle fut portée sur le bûcher, et l’on y mit le feu. Alors Thor s’avança et consacra le bûcher avec Miollnir. (…)
À cette crémation vinrent assister des êtres de maintes sorte : il faut d’abord nommer Odin, qui vint en compagnie de Frigg, des Valkyries et de ses corbeaux. Freyr voyagea dans son char (…). Heimdall montait le cheval appelé Gulltopp, et Freyia conduisait ses chats (*). Il arriva aussi un grand nombre de géants du givre et de géants des montagnes. Odin plaça sur le bûcher l’anneau d’or appelé Draupnir, qui possédait la propriété que, chaque neuvième nuit, huit anneaux d’or de même poids en dégouttaient. Le cheval de Baldr fut conduit au bûcher avec tout son harnachement.
De Hermod, il y a à dire qu’il chevaucha neuf nuits durant par des vallées sombres et profondes, en sorte qu’il ne vit rien jusqu’à ce qu’il arriva au fleuve Gioll et franchit son pont (…). La jeune fille qui gardait ce pont s’appelait Modgud. (…) “Pourquoi chevauches-tu donc ici sur le chemin de Hel ?” Il répondit : “Je dois aller à cheval chez Hel pour chercher Baldr. Mais, l’aurais-tu vu sur le chemin de Hel ?” Elle déclara que Baldr avait déjà franchi à cheval le pont de Gioll (…).
Alors Hermod chevaucha jusqu’à ce qu’il arrivât aux grilles de Hel. (…) Le cheval sauta si puissamment par-dessus la grille qu’il ne la frôla en rien. Hermod chevaucha alors jusqu’à la halle (…) il y vit son frère Baldr assit sur le siège d’honneur et y passa la nuit. Le lendemain (…) Hermod se leva. Baldr l’accompagna hors de la halle, prit l’anneau Draupnir et lui demanda de le remettre à Odin en souvenir. (…) Hermod refit la route à cheval, arriva à Asgard et dit tout ce qu’il avait vu et entendu. »
(trad. de François-Xavier Dillmann, dans Snorri Sturluson, L’Edda, Récits de mythologie nordique, Gallimard, 1991, p. 90-92)
(*) = « Quand Freya voyage, elle est assise sur un char que tirent deux chats [ var. : ses chats] et qu’elle conduit » (id., Gylf 24, p. 57)

